‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 84 sur 505 · QUESTION DE l'Église de mila.n · texte numérisé non relu

QUESTION DE l'Église de mila.n

Au cours Je ces événements, Henri, fidèle à sa parole, réunissait de nouveau ses vassaux et leurs gens à Gerstungen, le 22 octobre 1075, afin de reprendre la guerre contre les Saxons. Ceux-ci, humiliés par la défaite de Hohenbourg cl aiïaiblis par des [59] divisions intestines, se rendirent à discrétion (25 octobre) ^. Au lieu de les déférer à un tribunal, le roi exila dans des provinces éloignées leurs évêques et leurs princes, en particulier Wezelin de Magdcbourg, Buco d'Halberstadt, Magnus, duc de Saxe, les comtes Ilermann et Frédéric ^, et donna à ses soldats leurs biens et leurs fiefs. II est vrai qu'il sacrifia alors Hermann, évèque de Bamberg, qu'il avait soutenu jusqu'à ce moment^; mais ce fut pour le remplacer le 30 novembre par le prévôt de Goslar, compagnon de ses débauches et complice de ses

du 8 décembre, est adressée à LiutprauJ, prêtre de Milan, ami et compagnon de luttes d'Herlembald. Landulf, Hislor. Mediolan., c. 9, dans Mon. Germ. hisL, Script., t. xx, p. 2i ; Mon. Gregor., p. 533; Jafîé, Reg. pont.rorii., n. 4973. (H. L.]

1. Lambert de Hersfeld, Annales, ad ann. 1075, dans Mon. Germ. hisl., Saijil., t. V, p. 229. Les Saxons multiplièrent, en vain, les démarches auprès du roi pour en obtenir la paix. Bruno, De bello saxonico, u. 48 sq. dans Mon. Germ. hisl.. Script., t. V, p. 346, nous a conservé quelques-unes des lettres des Saxons dans lesquelles ils demandaient grâce. Lambert de Hersfeld, op. cit., p. 233, nous fait connaître le découragement et la désunion qui régnaient chez les Saxons. La dureté avec laquelle Henri IV voulut prendre sa vengeance et son refus d'accepter aucune entente détournèrent trois grands feudataires de s'associer à cette exécution et d'amener leurs contingents à Gerstungen : Rodolphe de Souabe, Welf de Bavière et Berthold de Carinthie : Régi auxilium suiim petenti denegaverunt pœnitentes, ut aiebant, a superiori expeditione in irrifum fusi tauti sanguinis ; offensi etiam régis immili atque implacahli ingenio, cujus iracundias incendium nec lacrimx Saxonum nec inundantes campis Thuringix rivi sanguinis, restringere potuissei, Lambert, Annales, ad ann. 1075, dans Mon. Germ. hist.. Script., t. V, p. 234. (H. L.)

2. En outre : Le comte Diederich de Cadalemburg, Adalbert, comte de Thuringe, les comtes Piuodger, Sizzo, Bérenger, Bern et, avec eux, tous les hommes libres ayant quelque situation dans le pays. Lambert, Annales, ad ann. 107 5, dans Mon. Germ. hisl., Script., t. v, p. 235; Bruno, De bello Saxonico, n. 54, dans Mon. Germ. hisl., Script., t. v, p. 348. Au dire de Bruno, Henri IV avait promis aux chefs saxons la liberté après une courte captivité : ils se rendirent donc; ime fois que le roi les eut en son pouvoir, il viola sa promesse. (H. L.)

3. Lorsque Hermann comprit que sa cause était perdue, il se rendit au monastère de Schwarzach, fit pénitence, puis il se mit en route pour Rome où on lui rendit ses fonctions ecclésiastiques, mais à l'exclusion des fonctions épiscopales. Il mourut dans le monastère cji 1084.

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injustices. A quelques jours de là, Aniion de Cologne étant mori ^, Il lui donna ]iour successeur un autre de ses amis de Goslar, le chanoine Hidolf, personnage mal famé, montrant ainsi (ju'il se souciait fort [)eu de conformer sa conduite aux désirs du pape. 11 iKinima enfin les deux abbés de Fulda et de Lorscli, deux hommes respectal)les, à coup sûr, mais dont l'insLallation et l'invesLiture violaient les nouvelles lois de l'Eglise '^.

Henri jugea bon de cacher à Rome ces faits et sa conduite à l'égard des évc({ues saxons. Dans ce but, il fit occuper tous les passages des Alpes conduisant en Italie ; ainsi, ses ambassadeurs pourraient seuls faire connaître au pape la déposition des évc([ues saxons. Néanmoins, en dépit de ces mesures, on connut en Italie le véritable état des choses, et comme les plaintes contre le roi y arrivèrent de toutes parts, Grégoire blâma courageusement le prince, et réclama tout d'abord le rétablissement des évêques saxons dans leurs biens et dignités, et ensuite leur citation par-devant un concile auquel lui-même pourrait se rendre ^. Bruno, qui nous a conservé, dans son De hello saxonico, le contenu de cette lettre maintenant perdue ^, la confond avec une autre, écrite un peu plus tard, et confiée à l'ambassade que le pape envoya au roi Henri à Goslar lors des fêtes de Noël 1075^; aussi embrouille-t-il le véritable cours des événements. La première lettre relative aux évêques saxons est certainement antérieure (peut-être date-t-elle de 1' arrière-saison de 1075) et la réponse d'Henri est une lettre à sa mère Agnès (fin [60] de 1075) ^. Le roi y déclare qu'après de longues négociations, poussé par les conseils et les exhortations des légats pontificaux et de ses fidèles conseillers, il a décidé le rétablissement des évêques chassés de leurs sièges. Néanmoins leur cas devra être traité plus à fond, et jusque-là ils resteront soumis à sa

1. Le 4 décembre 1075 ; Vita Aiinonis, dans Mon. Genn. hisL, Scripl., l. xi, p. 462.

2. Lambert de licisfcld, Annidcfi, dans Mun. Cîerin. IdsL, Scripl., l. v, p. 23G sq. ; 241.

3. Bruno, De hello Saxonico, t. lxiv, dans Mon. Genn. hisl., L. v, p. 351 ; Vila llenrici, dans Mon. Germ. hist., Script., t. xii, p. 272.

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