Jaffé, Régenta pontif. romnnor., n. 4978. (H. L
5. Registrum, 1. III, n. 10 ; Mon. Gregor., p. 218; Reg. ponlij. roman., n. 41172. (II. L.)
G. Jalîc, Monum. Uainbcrgcnsia, lu-S, Bcroliui. 1869, p. 100. n. 'il.
Ô~5. QUESTION DE l'ÉGLISE DE MILAN 117
surveillance. Les légats du pape devront attendre auprès de lui le jour fixé ]iour l'examen de cette affaire.
A la fin de 1075 ai)parlient une lettre du pape qui commence par ces paroles sévères : « Grégoire, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, salut et bénédiction apostolique au roi Henri, dans le cas où il obéira au Saint-Siège ^ » Le pape se plaint de ce que Henri s'entoure d'excommuniés, est fort surpris de ce que, dans ses lettres, il proteste d'un si grand attachement pour lui et pour l'Eglise, tandis qu'il agit en opposition complète avec ses lois. Sans parler de Milan, il avait récemment donné irrégulièrement les évêchés de Fermo et de Spolète à des titulaires que le pape ne connaissait même pas, comme si quelqu'un })ouvaiL recevoir une Eglise à son insu. Grégoire en appelle au décret porté contre les investitures laïques au concile du carême de 1075, et ajoute que, par esprit de conciliation, il s'était déclaré prêt à modifier ce décret, cependant conforme aux principes des pères, autant que l'honneur de Dieu le permettrait, et après avoir pris conseil des hommes sages et dévoués à l'Eglise que le roi devait lui envoyer. Le pape exhorte ensuite le roi à s'amender et à ne plus molester l'Eglise, épouse du Christ. Sa récente victoire sur les Saxons doit lui inspirer de la reconnaissance envers Dieu, Quant aux autres points traités dans la lettre du roi, il y répondra lorsque Radbot, Adalbert et Odascalk, les ambassadeurs d'Henri qui étaient retournés de Rome en Allemagne avec les légats du pape, seront revenus en Italie et auront rendu compte de leurs négociations secrètes avec le roi, [Gl] Les légats du pape arrivèrent le [i^'" janvier 1076] à Goslar, où le roi célébrait la solennité de Noël ". Il suit de là que la lettre de Grégoire n'a pu être écrite le 8 janvier 1076, ainsi que
1. lifgisliuni. I. 111, II. lu ; Mon. (Jre^or., p. 218 : Reg. poiil. luin., n. 497'J. Cette lettre avait été fixée à luil au 8 janvier 1076, elle est plutôt du 8 décmbre 1075. Cf. Floto, Kaiser H eiivich lier Vierle und seinZeilaUer,in-8,Si\illgavl,lSSô, t. II, p. 71; O. Delarc, Saint Grégoire VII, t. m, p. 108-184. (H. L.)
2. Epist. coUeclie, ri. xiv, dans Mon. Gregor., p. 538 : Prœterea minimum ad eum 1res religiosos viras, suos utique fidèles per quos eum secreto monuimus : ul psenilentiam ageret de sceleribus suis, quse quidem horrenda dictu sunt, pluribus aulem nota et in muUis partihus divulgata, propter quae eum non excommunicari solum usque ad condignnm satisjactionem, sed ah omni honore regni absquc spe recuperaiionis debere deslitiii, divinarum et humanarum legum leslalur et juhel aucloritas, (H. L.)
le porlent nos exemplaires ^. On trouve tous les renseignements désirables sur la mission secrète confiée aux légats du pape, dans vme lettre ])Ostérieurc où Grégoire se justifie d'avoir porté contre Henri la sentence d'excommunication ^. Ces légats devaient avertir secrètement le roi que, s'il ne faisait pénitence pour ses méfaits dont il avait été maintes fois repris, non seulement il serait excommunié, mais encore à jamais déchu de la royauté ; ils devaient encore le prévenir que s'il n'éloignait pas de lui les excommuniés dont il était entouré, le pape prendrait à son égard des mesures sévères, c'est-à-dire le retrancherait de la communion de l'Eglise^. Mais Henri afîecta de garder ses relations avec les excommuniés; loin de négocier amicalement avec les légats, il rendit publique leur mission secrète, afin d'indisposer tous les esprits contre le pape. Il se montra surtout irrité de la menace d'excommunication, qu'il représentait comme une intention du pape, inconnue jusqu'alors. Pour se venger, il convoqua les évêques et les abbés de son empire à Worms, le dimanche de la Septuagésime (24 janvier). On devait y délibérer sur l'opportunité de la déposition du
1. On lit 6 ici. Jaii.; il faut: 6 id. dec. Luden, Gesch.desdeutschenVolkes,t.ix, p. 568, donne d'autres motifs pour prouver que cette date du 8 janvier 1076 n'est pas la vraie, et Voigt, p. 469 accepte son sentiment, tandis que Stenzel, op. cit., t. I, p. 377 sq., et Gfrorer, sont d'un autre avis. Glrôrer, op. cit., t. vu, p. 488- '±94, place l'arrivée des légats du pape à la mi-janvier 1076, et croit qvie le décret du pape a été rendu le 8 janvier 1076.
2. Epist. collecta', n. xiv, dans Mon. Gregor., p. 535 sq. ; voir la note 2 de la page précédente.
3. Le pape laissait pressentir que cette menace d'excommunication se réaliserait au prochain concile de carême (14-22 février 1076) ; Bernold, Mon. Germ. hisL, Script., t. V, p. 432, le dit positivement et Giesebrecht, Kaisergeschichte, t. m, p. 339. Hefele-Knôpfler estime invraisemblable la citation à comparaître adressée au roi lui-même. Lambert de Hersfeld, dans Mon. Gcrm. hist., Script., t. V, p. 241, atteste que les légats déclarèrent au roi ut secunda feria secundsn hehdomadsc in Quadragesirnu ad synodum Romœ occurreret, de criininibus, qux objicerentur, causam dicturus; cependant il est plus qu'étrange que le pape n'en dise rien dans sa lettre, Epist. coll., n. xiv. Gfrorer t. vu, p. 495 est d'avis quelepape n'avait envoyé ces légats qu'après la ré vol Le de Cencius, le jour de Noël 1075 et qu'il avait mandé le roi à comparaître à cause de la part prise par celui-ci à cette révolte. Mais Lambert de Hersfeld, Berthold, Bernold racontent ces événements dans un ordre tout autre ; ils rapportent d'abord l'arrivée des légats à la cour de Goslar, puis la révolte de Cencius, et ils placent à la Noël de 1075 l'arrivée des légats romains à Goslar. \Y. IVIartens, Gregor VII, t. i, p. 88 sq. ; Der Dezemberbricj iiiul die Botschaft des Papstes. (H. L.)