‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 98 sur 505 · CONCILE ROMAIN DU CAREME DE · texte numérisé non relu

CONCILE ROMAIN DU CAREME DE

prêté ou qu'ils lui prêteraient dans l'avenir i, et je leur défends de le reconnaître à l'avenir pour leur roi. 11 convient en eiïet que celui qui veut attenter à la dignité de ton Église perde la sienne ; et, comme il a rougi d'obéir à l'exemple d'un simple chrétien, comme il n'est pas revenu à Dieu qu'il avait abandonné, mais au contraire s'est entouré d'excommuniés, a fait beaucoup de mal, a méprisé mes exhortations, et, par suite de ses efforts pour diviser l'Église, s'est lui-même séparé d'elle, je le lie, en Ion nom, des liens de l'anathème, afin que tous les peuples sachent et apprennent que tu es Pierre, et que sur cette pierre le Fils du Dieu vivant a bâti son Église, contre laquelle les portes de l'enfer ne pourront prévaloir ^. »

Le chroniqueur Berthold ajoute que le cœur de l'impératricemère, présente à ces délibérations, fut percé de douleur ; Lambert [' i] de ^llersfeld dit encore (|ue Siegfried archevêque de Mayence, el les évêques Guillaume d'Utrecht et Rupert de Bamberg furent excommuniés avec le roi. Quant aux autres membres du conciliabule, on leur fixa un délai au terme duquel ils devaient se rendre en personne à Rome, s'ils voulaient éviter la même peine. Du reste, ajoute Lambert, l'excommunication avait été déjà portée contre

1. Cet acte par lequel le pape déliait les chrétiens du serment de fidélité a été souvent interprété avec une extrême malveillance : il y a donc lieu de l'expliquer brièvement : Non seulement, au point de vue de la morale chrétienne, mais encore au point de vue strictement politique, on doit admettre que tout serment de fidélité prêté à un supérieur au moment d'une entrée en fonction et tout serment de soumission ne peuvent naturellement être valides qu'autant que le supérieur conserve sa qualité. S'il vient à la perdre régulièrement, ou si les intéressés peuA-ent croire de bonne foi qu'il l'a perdue, le serment prêté perd son objet. Les princes allemands eux-mêmes ont soutenu cette thèse en face de Grégoire. C'est ainsi qu'Otton de Nordhcim s'exprime au nom des seigneurs saxons : Diim miln rex eral, et ea, quic simt régis, faciebal, (idelilulem, quant ei juravi, inlegrain et inipoUutam seivai^i; jwstquatn vero rex esse deswit, cul ftdem servare deberem, non fuit. Bruno, dans Mon. Cenn. Iiist., Script., t. v, p. o37 : Lambert, dans Mon. Cerm. Iiisl., Script.. I. i, j\ Uw.

2. Paul de Bernried, dans P. L., t. cxlvii, col. 74 ; W'atlerich, op. cit., t. i, p. 295, 516 ; Mon. Germ. hist., Script., t. v, p. 282, 353 ; Hardouin, Coll. concil., t. VI, part. 1, col. 1566 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xx, col. 468 ; Jafîé, Mon. Gregor., p. 223; Damberger, Synchronist. Gesch., t. vi, p. 878 ; Kritikhejl, p. 136, pense que Grégoire n'a pas délié les sujets d'Henri de leur serment de fidélité et ajoute que « l'archimenteur » Bruno, De hello Suaonico, est seul à rapporter celte prière Béate Pctre. Mais ce document se trouve aussi dans Paul de Bernried, panégyriste de Grégoire; Bruno ne l'a pas inventé; amis et adversaires admettent le lait de l'excommunication. (H. L.)

LlNRE XXXI

les cvêqucs de Ratisbonnc, de Constance et de Lausanne, ainsi que contre les comtes Éberhard de Nellembourg et Ulrich de Cosheim, principaux conseillers du roi ^. Divers fragments des actes synodaux conservés dans les collections conciliaires concordent avec ces données; on y lit : « Par jugement du Saint-Esprit, et en vertu de l'autorité des saints apôtres Pierre et Paul, nous svispendons de tout exercice des fonctions épicopales, Siegfried, archevêque de Mayence, qui a cherché à séparer de leur mère spirituelle, la sainte Eglise romaine, les évêques et abbés de l'empire d'Allemagne ; nous lui interdisons la communion du corps et du sang du Seigneur, sauf en danger de mort et encore à la condition qu'il fera pénitence et se convertira. Nous suspendons de toutes fonctions épiscopales tous les évêques qui ont volontairement adhéré au schisme et y ont souscrit. Quant à ceux qui n'y ont pas souscrit volontairement, nous leur accordons un délai jusqu'à la fête de saint Pierre (saint Pierre-èsliens, 1^^ août); si à cette époque ils n'ont pas donné satisfaction soit en personne, soit par procureur, ils seront aussi dépouillés de la charge épiscopale. )) La sentence de Grégoire contre les évoques lombards est plus sévère encore, probablement parce qu'ils n'avaient pas à faire valoir, comme les évêques allemands, l'excuse d'avoir été intimidés et contraints par la présence du roi. «Tous ceux d'entre eux qui s'étaient conjurés contre saint Pierre devaient être suspendus de leurs fonctions épiscopales et exclus de la communion de l'Eglise ^. »

Bonitho ^ prétend que, dès cette seconde session du synode, on remit au pape des lettres de plusieurs évêques allemands, qui reconnaissaient leur faute, en demandaient pardon et promettaient à l'avenir obéissance à saint Pierre. Voigt répète cette assertion ^, et comprend parmi eux quelques évêques de la Haute-Italie. Il est plus probable, et c'est ce que laisse entendre Paul de Bernried ^, que ces lettres sont de date postérieure. Le concile aborda aussi plusieurs questions étrangères à l'affaire princi- 1751 pale; en premier lieu l'excommunication de plusieurs évoques

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