CONCILE UO.M.VIN DU CAUÈ.ME DE 107G IGi
itar un discours ^. Ainsi se termina la nremicre session, car '"-1 Grégoire ne voulut certainement pas prononcer sur-le-champ une sentence de condamnation contre Henri et les autres auteurs de ce sacrilège, de peur qu'on n'y pût voir l'émotion de la colère générale. Le lendemain, le pape prit la parole, et rappela ses efforts pour remettre par la bonté ou par la rigueur le roi dans le bon chemin, mais il n'en avait recueilli que haine et colère ^. Suivant Berthold, Grégoire fit ensuite lire une série d'anciens canons relatifs au châtiment de ceux qui déniaient, de vive voix et par écrit, l'obéissance. Tous les assistants crièrent : « On ne doit \)AS tolérer une pareille effronterie. » Le synode déclara donc : « Que ta censure, très saint Père, juge ce blasphémateur, envahisseur, tyran, déserteur ; qu'elle le brise et le rende à l'avenir plus prudent... Nous souffrirons volontiers la mort, s'il est nécessaire, plutôt que d'abandonner les traces des Pères... Use du glaive et du tribunal, afin que tout homme juste se réjouisse en voyant porter cette condamnation. » Enfin on déclara par acclamation Henri dépouillé de la dignité royale et frappé d'anathème avec tous ses partisans. Grégoire prononça alors cette pompeuse sentence ^ : « O Pierre, vénérable
seul fait qu'il entame la lutte, provoque la constitutiou d uu parti modéré qui lui confie ses intérêts et lui fait crédit des violences indispensables à l'acquisition de tout résultat durable. Si, par une mansuétude intempestive, pour céder à l'instinct de générosité naturelle ou par appréhension a'un trop rigoureux jugement de 1 histoire, ce chef d'Etat s'arrête à des demi-mesures, il trompe la confiance qu'on a mise en lui, lèse les intérêts et menace parfois la sécurité de ses partisans en les laissant exposés à une réaction possible pour le plus grand avantage des adversaires qu'à l'instant favorable il n'a pas supprimés.
C'est par là que Grégoire VII se montre politique utopiste, et sera toujours inférieur à Richelieu, à Cromwell, pour qui un ennemi vaincu est un homme mort. Si la querelle des Investitures avait pris fin en 1077 au lieu de se prolonger jusqu'en 1122, c'étaient quarante-cinq années de troubles épargnés, ceci est une excuse qui en vaut beaucoup d'autres. (H. L.)
1. Un discours, c'est au moins douteux, après une pareille scène et l'émotion produite; quant au discours lui-même, tel que Paul de Bernried l'a donné, tout bourré de textes bibliques, c'est une rapsodie dont le biographe aura été heureux de trouver le placement. P. L., t. cxlviii, col. 71-74; Watterich, Vilce pont, rom., t. I, p. 512. (H. L.)
2. Brunon le Saxon dit que le pape parla également de ses efforts en faveur des évoques saxons.
3. Registnwi, 1. III, n. 10 a;Mon.Gregoi:, p. 222-224. Le pape revient, pour les expliquer, sur les raisons qu'il a eues d'excommunier le roi, dans la xiy^ des Epist,
prince des apôtres, incline vers nous ton oreille ; écoute ton serviteur, que tu as protégé dès son enfance jusqu'à ce jour dans sa lutte contre les impies. Toi, et ma dame la Mère de Dieu, et ton frère entre tous les saints, Paul, vous m'êtes tous témoins que la sainte Église romaine m'a , contre ma volonté, établi à son gouvernail, et que je ne me suis pas assis sur ton Siège comme intrus. J'eusse préféré rester pèlerin toute ma vie plutôt que de m'emparer de ton Siège par vanité ou avec des sentiments mondains. Aussi suis-je persuadé que c'est ta grâce, et non ma coopération, qui a fait et qui fait ({ue le peuple chrétien qui t'est plus spécialement confié m'obéissse en vertu de la charge dont je suis revêtu ; par ton intercession, Dieu m'a accordé le pouvoir de lier et de délier sur la terre et dans les cieux. Fondé sur ce pouvoir, j'interdis, au nom de Dieu le tout-puissant, du Père, du Fils et du Saint-Esprit, au roi Henri, fils de l'empereur Henri, le gouvernement de tout l'empire d'Allemagne et d'Italie, parce qu'il s'est élevé contre ton Eglise avec un orgueil inouï. Je délie tous les chrétiens du serment de fidélité ([u'ils lui ont
coUeclic, dans Mou. Giegor., p. 535-540. On a disciifc la question de savoir si ces mois : lotius regni Teutonicorum et Italiic gubeniacula coiilradico expriment la déposition ou une simple suspension du pouvoir royal. Poiir la suspension : R. Goldschmidl, Die Tage i'on Trihur itiid Canossa, in-8, Strassburg, t873, p. 13; L. Ranke, ]Vellgeiichic}Ue, t. vu, p. 267 sq. ; I. Dollinger, Lchrbnch der Kirchengeschichte, t. ii, p. 142 ; J. Hergcnrothcr, Kirche und Slaal, p. 117 ; Hcrgenrôther, KircliengencliLchte, édit. Kirsch, t. ii, p. 358 ; W. MarLens, Gregors VU Massnahmen gegen Heiurich IV, dans Zeitschrift fur Kirchenrecht, 1882, t. xvir, p. 211 sq. ; Die Besetzung des pâpsllichen Sluhles, p. 194 sq. ; Gregor VII, sein Lehen und sein Wirken, t. i, p. 97. — Pour la déposition : Gicsebrecht, op. cit., t. m, p. 1134 ; Mcycr von Khonaii, JalirbiXcJier, t. ii, p. 640, n. 32 : V. Domcier, Die Pàpsle ah Ricldcr ûher die deulsclwn Kônige von der Mille des \i bis zuiii Ausgange des xiii Jalnli., in-8, Breslau, 1897, p. i2 sq. ; C. Mirbl, Abselzung Ileinrichs IV durch Gregor VII in der Publizistik seiner Zeit, dans Kirchengeschichlliclie Sludien, zu Ehren von Ilermann Renier, in-8, Leipzig, 1890, p. 104 sq. ; Dôberl, Zuni Rechljerligungssclireihen Gregors VII an die deulsche Nation vom Sommer, 1076, in-8, Munster, 31890-1891, p. 58 ; A. Hauck, Kirchengeschichle Deutschlands, t. m, p. 796, n. 1. Ceux qui soutiennent la théorie de la déposition ont pour eux ce texte du Regislruui, 1. VII, n. 14 a; Mon. Gregor., p. 402; Jafîé, Reg. pont, rom., t. i, p. 634 : in regno a quo eum in Romano synodo deposueram, cf. Registrum, 1. IV, n. 3 ; Mon. Gregor., p. 2'i5 ; Reg. pont, rom., n. 5002. Quant à 0. Delarc, Saint Grégoire VII, t. m, p. 207, il lire occasion de cet anathème ])our un pieux sermon à l'usage des catéchismes de persévérance. C'est vraiment attristant do voir l'insuffisance dont il fait preuve chaque fois que loccasion se présente pour lui de dépasser l'écoice d'un texte. (H. L.)