LE CONCILIABULE DBS BUSBBIBNS A PHILIPPOPOLIS
fiant, est identique au quatrième formulaire d'Antioche ^. Enfin vienDentles anathèmes prononcés contre les ariens proprement dits, contre ceux qui enseignent qu'il y a trois Dieux, ou qui ne distinguent pas les personnes, ou encore qui disent que le Fils n'est pas né, ou que le Fils n'est pas Dieu, ou qui Test par nature et non par la volonté du Père 2,
Socrate raconte que les eusébiens s'étaient rendus de Sardique à Philippopolis, y tinrent un conciliabule, rejetèrent è|j!.oot;(7ioç pour le remplacer par l'expression et par la doctrine de àv6[jt.otoç qu'ils avaient introduite dans leur lettre et envoyée partout ^. Cette donnée est inexacte ; le symbole eusébîen ne contient pas l'expression àv6[j!.otoç. '^J On peut à peine regarder ce symbole comme semi-arien, tandis que le mot àv 6 (xoioç exprimerait un arianisme déclaré. Au contraire, le concile condamne expressément la doctrine anomoïque qui enseigne que leFils est d'une autre substance que le Père (sTspaç oiaiaç), et saint Hilaire de Poitiers n'a pas hésité à interpréter dans son écrit Desynodis"^ ce symbole dans un sens tout à fait orthodoxe.
Cqs mots pi acuit no bis de Sardica scrihere de l'encyclique des eusébiens, contredisent le récit de Socrate, qui prétend que les eusébiens écrivirent leur lettre de Philippopolis ^. Tillemont ® et dorn
Ba synodiSy dans A. Hahn, Bibliothek der Symbole und Glaubensregeln der alten Kirche, in-8, Breslau, 1897, p. 190, n. 158. (H. L.)
1. A. Hahn, op. cit,, p. 187, n. 156. Voici l'addition de Philippopolis : « La sainte Église catholique réprouve pareillement et exècre ceux qui disent qu'il y a trois Dieux, ou que le Christ n'est pas Die«, ou bien qu'il n'a pas été avant tous les siècles Christ et Fils de Dieu, ou qu'il est lui-même Père, Fils et Saint-Esprit, ou que le Fils est àyéy^TiZo^ ou que Dieu le Père ne l'a pas eugendréparson Conseil et sa Volonté, oô ßoyXVjcrec oOÔè ÔeX^ja-et. i Ce dernier trait était à l'adresse de saint Âthanase qui repoussait l'expression consilio et voluntäte genuit» Ce n'était pas qu'il prétendît faire du Père engendrant son Fils un agent aveugle et sans volonté, mais en ce sens que la génération du Fils èy. TTJç oOfftaç Tou irarpo;, relevait de la constitution intime et nécessaire delà nature et de la vie divine ; il se défendait de soumettre Dieu à une aveugle nécessité en distinguant ce qui est opposé à la volonté et ce qui est au-dessus delà volonté. S. Athanase, Orat,y m, contra arianos, n, lxii, P, C, t. xxvi, col. 453. (H. L.)
2, S. Âthanase, De synodis, c. xxvi, P. G,, t. xxvi, col. 728, n. i, 11. %. Socrate, Hist. eccles., 1. II, c, xx, P. G., t. lxvii, col. 237.
4. S. Hilaire, De synodis, c. xxxv sq., P, L,, t. x, col. 507.
5. S. Hilaire, Fragmentum ///, n. xxni, P, L ^ X. x, col. 671; Mansi, op. cit., t. m, col. 134.
6. Tillemont, Mém, hist, ecclés., 1732, t. vi, dissertation sur les ariens, art. xxiix, p. 142.
Ceîllier * ont entrepris de démontrer que les eusébiens révélaieai eux-mêmes leur fraude quand dans un autre passage ^ ils laissaient voir que la rédaction de leur encyclique était postérieure à celledes orthodoxes. Or, comme Tencyclique des orthodoxes parle dudépart^ de Sardique des eusébiens, il était impossible qu'ils eussent rédijt leur lettre à Sardique. Cette argumentation ne paraît pas concluante, car les termes employés par les eusébiens : «y we (les orthodoxesj ifulgo omnibusque gentibus id quod inter nosfuerat referebant 3, ne : sont pas une allusion évidente à Fencyclique. Les eusébiens poii. î vaient faire connaître par d'autres moyens ce qui se passait. Enoii- 1 tre, le texte n'est pas exempt de fautes ; il faut peut-être lire gen& '■ ^ bus, au lieu de gentibus , ce qui s'accorderait bien avec ce qui pré- il cède et avec cette accusation qu' « Athanase avait (ait arriver des j païens à l'épiscopat » *. î
On s'accorde à affirmer que l'encyclique fut écrite non à Sardique, mais à Philippopolis ^ ; on se demande si les eusébiens agirent de ^ bonne foi en datant leur lettre de cette manière et s'ils croyaient cous-: tituer le véritable concile de Sardique ^, ou s'ils voulaient créer mt ] confusion et présenter leur factum comme la pièce authentique k concile ''. Cette ruse leur réussit en Afrique où l'on tint le concile de Sardique pour semi-arien. Voici comment : Gratus, l'évêque orthodoxe de Carthage, se trouvant à Sardique, les eusébiens envoyé-; rent leur encyclique à l'évêque donatiste de cette ville, et pour cette raison les donatistes prétendirent dans la suite avoir été reconnus par le concile de Sardique : saint Augustin ne savait répondre qu« ceci : Sardicense concilium Arianorum fuit ^. On en conclut que saint Augustin n'avait connu que le concile eusébien de Sardiqueel qu'il ignorait l'existence d'un concile orthodoxe. La déduction esl fondée, mais ce n'est pas la fausse date de la lettre encyclique des
\, S. Hîlaire, Fragmentum III , n. 19, P, /.., t. x, col. 609; Mansi, Ofcit, t. III. col. 133.
2. Ceillier, Hist. gé/tér. des auteurs sacrés^ t. iv, p. 699.
3. C'est le passage auquel Tille mont et dora Ceillier font allusion ; Mausi, op* cit., t. m, col, 133.