LE CONCILIABULE DES EUSÉBIENS A PHILIPPOPOLIS
L'encyclique parle ensuite d'Athanase et dît qu'il a profané les saints mystères, qu'il a brisé un calice consacré et un autel, qu'il a renversé une chaire épiscopale, démoli une église (celle d'Ischyras), et fait mettre un prêtre en prison ^. Elle l'accuse de beaucoup d'autres violences, en particulier de la mort d'un évêque, etc, et de s'être conduit (à Alexandrie), le saint jour de Pâques, comme un tyran, cherchant à faire triompher son parti, en se servant pour cela du pouvoir séculier et militaire, c'est-à-dire de la prison et des sévices. Il n'avait pas paru au concile de Césarée, et avait été condamné à celui de Tyr dont il avait interjeté appel à l'empereur, mais l'empereur, instruit de ses forfaits, l'avait exilé. A son retour de l'exil, il s'était plus mal conduit qu'auparavant, il avait réinstallé des évêques déposés ; par son intermédiaire, des infidèles (c'est-à-dire qui venaient à peine d'être baptisés) avaient été promus à l'épiscopat ; il avait méprisé les lois, etc. ; enfin lorsque par sentence du concile [d'Antioche] un autre évêque eut été mis à sa place, il avait, avec le secours des païens, incendié une église, détruit un autel, et pris la fuite. Paul de Constantinople et Marcel d'Ancyre s'étaient également rendus coupables d'épouvantables attentats (après leur retour de l'exil) ; ce dernier avait fait traîner nus sur le forum des prêtres 516] auxquels il avait attaché au cou les saintes hosties ; enfin il avait fait dépouiller et déshonorer en public des vierges consacrées à Dieu. Asclépas avait détruit un autel à Gaza et causé de grands troubles ; Lucius, à Andrinople, avait donné aux chiens du pain consacré par des prêtres ariens. Athanase avait trompé le pape Jules et d'autres évoques d'Italie au moyen de lettres supposées, il avait été reçu par eux à la communion [à Rome en 339], et ceux-ci, pour ne pas confesser leur imprudence, ne voulaient plus le condamner. Asclépas était, depuis dix-sept ans, déposé de son évêché ; après lui, Paul et Lucius l'avaient été également ; et maintenant ils essayaient adroitement dans les pays étrangers de faire annuler leur condamnation ; ils avaient attendu pour cela que la plupart des juges, des accusateurs et des témoins au procès fussent morts, et ils avaient commis à cette revision les évoques occidentaux, intéressés à rendre une sentence favorable justifiant leur propre imprudence. Cette insupportable innovation en matière de discipline ne tendait à rien moins qu'à rendre les évêque s orientaux justiciables des évêques occidentaux. Pendant son épiscopat, Athanase avait souscrit à la dépo-
1. Au lieu de Isckyram, le texte, qui est assez fautif, écrit presbyterum Nanken.
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sition d'Asclépas ^, et Marcel avait refusé de communiquer avec ce dernier. Paul était présent de la déposition d'Athanase [339], et il avait souscrit à la sentence ; aujourd'hui tous ces évêques coalisés oubliaient leurs condamnations réciproques. Après la mort des premiers juges d'Athanase, Jules, Osius et Maxime de Trêves avaient convoqué le concile de Sardique en vue d'obtenir la réhabilitatioi du condamné. Les Orientaux présents à ce concile voyant le parti ^ adverse déterminé à admettre à la communion Athànase et Marcel ; et à négliger touteopposition, s'étaient éloignés. A Sardique s'étaient [ réunis une foule d'impies arrivés de Constantinople et d'Alexan- \ drie pour soutenir la cause des meurtriers, des destructeurs d'Eglises, des briseurs de calice. On jugera par ce seul trait de la valeur du concile : Protogénès de Sardique, associé précédemment aux autrès évêques pour anathématiser Marcel et Paul, n'hésitait plus maintenant à communiquer avec eux. On avait attribué une place dansle concile à Denis d'Elis, jadis déposé, et à Bassus, évoque de Dioclé . tianopolis, autrefois déposé en Syrie à cause de ses crimes. Proto- 1 génès communiquait avec (Jean ou Aétius ?) de Thessalonique, après s'être autrefois défendu de le faire, sous prétexte que ce personnage était ooncubinaire. Le parti orthodoxe avait voulu les forcer, en leur rappelant les édits de l'empereur, de prendre part au concile ; mais cela leur avait été impossible, parce qu 'ils ne pouvaient admettreàh communion de TÉglise Athànase et Marcel. Venait ensuite la défense de communiquer avec Osius, Protogénès, Athànase, Marcel, Asclépas, le pape Jules et leurs pareils. Il était interdit d^ leur écrire et d*en recevoir aucune lettre. Le concile, agissant conformément aux plus anciennes lois de l'Eglise, condamnait Jules l'évêque de Rome, Osius, Protogénès, Gaudentius (de Nisse) et Maxime de Trêves, pour avoir communiqué avec Athànase, Marcel, Paul de Cons tantinople, et autres malfaiteurs, et pour avoir introduit une nouvelle hérésie, celle de Marcel. La lettre des eusébiens se termine par une profession de foi 2, qui sauf l'addition d'un paragraphe insigoi-
1. Cette assertion est con trouvée ; Athànase n'assista pas au concile d'Antic che qui en 330 prononça ia déposition, mais peut- être n'avait-il pas expressément protesté contre cette déposition.
2. Saint Hilaire» V-m reproduit deux fuis et nous ne possédons plus ques^s recensions latines contenues dans le Liber de synodis s eu de fide OrientaUm^ c. XXXIV, dans M an si, Concil. amplis s, coll., t, m, col. 125 sq,, et Fragim^ tum /// de VEpistola synodalis du concile, dans Mansi, op, cit., t. m, col. 137 Cf. Ballerini, dans S. Leonis, Opérait, m, appendice ; Prisca canonum Eâé latina^ dans Mansi, op* cit», t. vi, col. 1224 sq. Edition critique sur le texte i!d