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LIVRE CINQUIÈME

DU CONCILE DE SARDIQÜE Au SECOND CONCILE GÉNÉRAL

19. Retour de saint Athanase de son second exil. — Conciles d!Antioche, de Jérusalem et d'Alexandrie, — Concile de Cologne contre Euphratas.

On pouvait prévoir que les décisions du concile de Sardique ne donneraient pas à l'Eglise la paix qui lui manquait depuis le commencement de la controverse arienne. Après ce concile, la division apparut plus irrémédiable qu'à l'époque du concile de Nicée. Le nombre des ariens était alors restreint, et les eusébiens n'osaient pas se séparer publiquement de l'Eglise ; mais à Sardique ils se mirent en opposition forme lie avec elle, et s'attachèrent au parti vers lequel ils se sentaient attirés, dès l'origine, par de grandes affinités. Ils réunirent leurs elibrts pour propager dans les limites de l'empire de Constance, le semi-arianisme (le mot, il est vrai, n'était pas encore en usage ^). Ils avaient d'autant plus de raison d'escompter le succès que les évêques eusébiens ou ariens étaient bien plus nombreux en Orient que les partisans de la loi de Nicée et de Sardique.

Pour atteindre leur but, ils commencèrent dès leur départ de Sar-

1. L'avènement d'un parti ou d'une fraction de parti n'est vraiment consacré que le jour où recevant un nom particulier il possède un état civil. Mais ce seciionnement est un germe de décadence et une cauäe d'alfaiblissement. Le groupement devient, au moins sur tels points particuliers, scission. L'heure du péril passé, alors que la concentration de toutes les forces contre Athanase et rôiwoiifftoç s'imposait moins nécessairement, on vit le parti arien, qu'une même passion avait soulevé, entrer dans la voie des divergences d'opinion et des nuances théologiques. L'hostilité à l'égard de l'ôfjLooyffioç et d'Athanase ne valait pas une formule doctrinale positive. On allait s'en apercevoir. Des intransigeants, des modérés et des conciliateurs rompirent la forte unité du temps d'Eusèbe de Nicomédie. Nous les retrouverons plus loin. (H. L.)

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dfque, c^est-k-cUre af^ani^ pendant, eï après le conciliabule dePii»| lippopolis, à persécuter les évèques orthodoxes d'Orient. Salut Athanase est tombé dans quelques confusions chronologiques à propos de cette persécution *,

Sur les représentations et les plaintes des eusébiens, Constance déposa et exila, pendant les sessions du concile de Sardique,les deux évèques Astère d'Arabie et Arius (d'après d'autres, Macaife de Palestine) qui, à Sardique, s'étaient séparés des eusébiens, Il frappa de la même peine Lucius évêque d'Adrianopolis et Diodore évêque de Ténédos, qui s'étaient également distingués à Sardique. Constance, poussé par les eusébiens, condamna à mort Théodulede Trajanopolis et Olympius d Eno-Rodope; les deux évèques ne p«. rent échapper que par la fuite ^. L'attachement persistant des fidèles d'Andrinople à leur évêque Lucius et leur refus de communiquer avec les eusébiens, fut puni par l'exécution des laïques et l'exil en Arménie de deux prêtres et trois diacres ^.

Pendant que la Thrace était témoin de ces faits, les eusébieûs obtenaient de l'empereur un décret relatif à l'Egypte. Des gardes j postés à l'entrée des villes en interdisaient l'accès aux évèques munis j de la permission de revenir du concile de Sardique. Dans le cas où i Athanase et quelques-uns des prêtres, nommément indiqués dans le > décret, tenteraient de s'introduire dans Alexandrie, ils seraient arrêtés et mis à mort. Athanase ajoute : « C'est ainsi que la nouvelle hérésie n'a pas seulement nié le Seigneur, elle a aussi prêché l'homicide ^. »

Athanase ne pouvait, dans ces conjonctures, reparaître dans son diocèse ; de Sardique il se rendit donc à Naissus, en Dacie ^ (c'était la patrie de Constantin le Grand), et de là à Aquilée, où l'avait

1. S. Athanase, Hist. arianor, ad monachoSy c. xviii, xix, P. G., t. m, col. 713 sq. Particulièrement en ce qui concerne Théodule de Trajanopolis,!» mémoire de saint Athanase se montre infidèle. Théodule était mort avant h fin du concile de Sardique. Cf. S. Athanase, Apolog. contra arian., c, xLv;Jf«!. arianor. ad monachos^ c. xix, avec les notes de Montfaucon. Or saint Athanase raconte les persécutions subies par Théodule parmi des événements postérieurs à la séparation du concile, (H. L.)

2. S, Athanase, Hist, arianor, admonackos, c. xviii-xix, P. G., t. xxv, col. 713 sq.

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