RETOUR DE SAINT ÄTHAN AS
appelé son protecteur Tempereur Constant ^ qui se trouvait lui-même alors à Aquilée ^. Le concile de Sardique envoya à l'empereur Constance deux légats : les évêques Vincent de Capoue et Euphratas de Cologne, chargés d'obtenir de l'empereur la permission pour saint Athanase de rentrer dans son diocèse. Constant les fit escorter par un magkter miliUim du nom de Salia, et leur remit une lettre pour son frère '^ D'après Théodoret cette lettre renfermait des menaces; au cas où Constance ne rappellerait pas Athanase, Constant le ramènerait lui-même à Alexandrie d'où il chasserait ses adversaires. Philostorge, Socrate et Sozomène mentionnent aussi ce ton menaçant ^. Ces deux derniers historiens racontent que Constant avait d'abord demandé amicalement à son frère le rappel d' Athanase. Le ton belliqueux n'était venu qu'après avoir constaté l'inutilité des autres arguments. Tillemont préfère le récit de Théodoret, et ajoute que, malgré le silence de saint Athanase, le fait lui paraît cependant fondé, car plus tard Lucifer de Cagliari écrivit à Constance que « la crainte seule l'avait déterminé à rappeler Athanase » ; et Constance lui-même disait n'avoir agi ainsi que pour maintenir Fentente avec son frère ^.
Les deux légats Vincent et Euphratas se rendirent auprès de Tem- [627]pereur Constance. L'évêque d'Antioche, Etienne, arien avéré, leur tendit un piège diabolique. Un entremetteur nommé Onagre lui procura une fille de joie dans l'hôtellerie même où les deux évêques étaient descendus. On prévint cette fille que deux jeunes voyageurs la demandaient. Elle vint la nuit suivante (c'était pendant le temps pascal de 344), et fut introduite par Onagre dans la chambre où dormait le vieil Euphratas de Cologne que le bruit réveilla : il demanda
1. S. Athanase, Epist, heorl,, P. G., t, xxvi, col. 1354 ; Apologia ad imper, Constantium, c. iv, P, G., t. xxv, col. 600. (H. L.)
2. S. Athanase, Apolog, ad imper, Constantium^ t.. m, xv, P, G., t. xxv, col 597, 613. Alhaiiase célébra à Aquilée la Pàque de raniiée 345, £pist, keort.y P. G,, t. XXVI, col. 1355. Ci'. Larsow, Die Fest-Briefe, p. 31, 32. (H. L.)
3. S. Athanase, Uist. arian. ad monachos, c, xx, P, G,, t. xxv, col, 716 ; Théodoret, Hist. eccles,^ 1. Il, c. vui, P. G,, t. lxxxii, col. 1017, On accusa dans la suite saint Athanase d'avoir inspiré la lettre si sévère de Constant à 80U frère; il s'en défend dans Apolog,, c. m, P. G., t. xxv, col. 600.
4. Philostorge, Fragmenta histor, ecclesiasticae^ 1. 111, c, xii, P. C, t. lxv, col. 500; Socrate, Uist, eccles,y 1. Il, c. xxii, P. G.^ t, lxvii, col. 245 ; Sozomène, Hisl. eccles,^ i. 111, c. xx, />. G,, t. lxvii, col. 1100,
5. Tillemont, Mém, hist. eccles.y in-tol., Bruxelles, 1732, t. viii, note 62. Sur saint Athanase, p. 295.
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qui venait. La réponse qu'il obtint et le son d'une voix de femme lui persuadèrent qu'il avait affaire au diable en personne; mais la courtisane ne fut pas moins ahurie de se trouver en face d'un vieillard et, qui plus est, d'un évêque. L'un et l'autre firent grand bruit, les domestiques accoururent et il s'ensuivit un épouvantable scandale; le témoignage delà fille découvrit la perfidie d'Etienne. L'empereur provoqua une enquête et un concile déposa l'évéque Etienne *.
Ce concile d'Antioche est probablement le même que celui qui donna un symbole connu sous le nom de jjiaxpôaTt^^oç, à cause de sa longueur ^. Au dire d'Athanase, ce concile se réunit trois ans j
1. S. Athanase, Hlstor, arianor. ad monachos^ c. xx, P. (?., t. xxv, col, 716. Théodoret, IJist. eccles., 1. 11, c. vu, P. G., t. lxxxh, col. 1017, entre dans plus de détails [et son récit semble indépendant de celui d'Athanase. Saint Jean Chry. sostome, Homilia de S. ßabyla, n. xxii, P. C, t. l, coi. 568, dit que i'em. pereur Julien rétablit Etienne, en 362, après l'émeute à l'occasion de la translation des restes de saint Babylas, Onagre, qui joue dans le guet-apens d'Antioche un rôle inavouable, était neveu de l'évéque Etienne. Les textes d'Athanase et de Théodoret nous permettent d'ajouter quelques détails au récit écourté de Hefele. Euphratas cria au secours, Vincent qui dormait dans la chamke voisine accourut. Uéjà Onagre et ses gens, massés dans la cour de l'hôtellerie, s'agitaient et criaient au scandale. Lf»s gens de service s éveillèrent et voyantce dont il s'agissait fermèrent toutes les portes. Onagre eut le temps de s'échapper, mais quelques-uns de ses complices furent arrêtés. L'émoi calmé, les évoques tirent chercher le général Salia que Constant avait chargé de veiller sur eux. Salia se rendit au palais impérial, exigea une enquête au cours de laquelle Onagre chargea son oncle de l'atteutaL. (H, L.)]
2, S. Äthan a se, De synodis^ c. xxvi, P, G,, t. xxvi, col. 727 sq. ; Socrate, Hist. eccles.^ LU, c. xix-xx, P. 6',, t. lxvii, col. 224 sq. ; SozoménefHis t. écoles., L III, c. XI, P, G, y t. Lxvii, col. 1060 sq. ; Mansi, ConciL ainpliss» coW., t. ii, col. 1362 ; Hardouin, Collect. conciL, t. i, col. 627. Gwatkin, Studies ofarknism, in-8» Cambridge, 1882, p. 125, parle du concile d'Antioche en ces termes: Jt is a reissue (with a fevf- tenues varied) of the creed of Philip popo lis ^ inckding its condemnation of Arian position ^ its anathemas a g ainsi those of ihe Tritheists : Paul of Samosata^ Mar ce lias and Saùellius and indirectly againsl the NicenCy èx ty\ç oOciaç tou Ilaxpoç. Viennent ensuite de longues expiications à l'adresse des Occidentaux. On y soutient d'abord la iiliation éternelle du Verbe contre la doctrine arienne dont on rejette les termes favoris: è| oOx ovtuv, il éiépac uicoaraaecDc et Vjv tcotc otê ûÛx y]v ; ces expressions étant considérées comme non~8cripturaires et dangereuses et la seconde étant présentée comme inconciliable avec le mystère de la génération divine, àveçixTwç xal itao-iv àxaraXifiîUTM?- La subordination est affirmée sans doute, mais avec le correctif qu'y apportent ces mots très forts : 6ebv xaxà <puo-(v léXeiov xal (xXy]6vî, belle occasion d'atteindre Paul de Samosate pour cette phrase : Oarspov aOrov ixe-rot ttjv ivav6pci>7tr|a-iv èxnpo' X071y\€ t6 ÔeoTcoi'îiffOat, ta tyiv (pvffiv \|>iXbv avÖpWTrov feYovéxat. Marcel et Photin sont anathëmatisés nommément pour la négation de la personnalité véritable et pré-