Mort de V empereur Constant, le pape Libère
I mort de Constant *, survenue en Tannée [350], eut des suites ,, ngtreuses, pour ladoctrine de Nicéeetpour ses défenseurs Leseublens n'avaient pas attendu cette mort pour ouvrir de nouvelles în- Vues contre Athanase ; dès son retour à Alexandrie, et même, auaravant ^ ils s'y étaient employés. Aprèsla mort de Constant, leur audace s'accrut, d'autant plus qu' Athanase déposait et faisait remplacer par d'autres clercs ceux qui ne professaient pas la foi de Nicée ^. Leseusébiens répandaient le bruit qu'il voulait étendre son autorité jusque sur des diocèses étrangers (dont il était le métropolitain supérieur). Ces intrigues échouèrent, comme nous le voyons par une lettre de l'empereur Constance à Athanase, lettre postérieure à la mort de Constant, et dans laquelle l'empereur promet sa protection à l'évêque d'Alexandrie '*.
D'après les bénédictins de Saint-Maur^, l'empereur cédait, en écrivantcette lettre, à un calcul politique. Larévolte de Magnence ren-
Théodose 1er, en 381, daos le Cod. theodos. ^ I. XVI, c. v, 1. 6 ; Theodose II en 428, Cod, theodos.,\. XVI, tit. v, L 65e. (H. L.)
1. Le 18 janvier, soulèvement de la cohorte des Joviens et des Herculiens formant la garde prétorienne de Constant. Cette cohorte était commandée par Magnence qui, au cours d'une fête donnée dans une forêt voisine d'An tun, se fit proclamer empereur. Constant averti prit la fuite et ne fut rejoint qu'à Héléna au pied des Pyrénées. On le massacra. Cf. V. Duruy, Histoire des Romains, ÎD-B, Paris, 1885, t. vu, p. 277-278. (H. L.)
2. Socrate, Hist, écoles , 1. II, c. xxiv, P. G., t. lxvii, col. 268 sq. (H. L.) ^' A cette même date Athanase se livrait ostensiblement à une propagande
res active. Son Apologia contra arianos fut composée, vers 350. Cf. X. Le Ba- ^l^elel, Diciionn. de tkeol. cathoL, t. i, col. 2156. (H. L.)
• ^elte lettre fut rédigée en latin et traduite un peu librement en grec. On la
ivedans saint Athanase^ Apologia ad imperatorem Constantium^ c. xxiii, P,
•' • XXV, col, ^2k, Historia arianorum adnionackos,c, xxiv, P, G., t.xxv,col,721/
rouve la mention de cette pièce dans Tavant-propos des 6 Lettres festa-
de saint Athanase, édit. Larsow, p, 33, n. xxii. [« Nous voulons, disait la
, ^ ^ïi terminant, que conformément à notre décision, tu sois en tout temps
4 e dans ton Église. y> Et d'une autre main : « que la Divinité te conserve
ç de longues années, père très aimé« » S. Athanase, Apologia ad
T^M^'T' ^' ^^"^' ^' ^•' *• ^''''' ^^^* ^^^' ^^' "^'^^ on, Vita Athanasit, édit. Patavii, p, m.
(lait la situation critique et Constance ménageait un personnage h que saint Athanase dont l'influence pouvait conserver l'Egypte j^u chée à sa cause.
L'année suivante, 28 septembre 351, Constance vainquit à Mm». Tusurpatcur Magnence ^ L*évêque de Mursa, Valens, faisait part; de la suite de Tempereur. Ayant appris, avant ce dernier, le résul tat de la bataille à laquelle Tempereur n'assista pas, Valens annon, ça à Constance la nouvelle qu'il disait tenir d'un ange ; aussi, à par. tir de ce moment, fut-il en grande faveur auprès de rempereur'2.
A cette époque Valens et Ursace abandonnèrent, sur les instances de Léonce le Castrat, évêque d'Antioche , le parti de Nicée et ils expliquèrent leur conduite antérieure par la crainte de l'empereur Constant ^. Avec eux et avec Léonce se liguèrent Georges de Laodicée, Acace de Césarée en Palestine, Théodore d'Héraclée et Narcisse de Néronias, chef du parti des semi-ariens. Tous unirent leurs efforts pour déterminer l'empereur à reprendre en main la direction du parti opposé à la foi de Nicée *. Constance parut prêt à accepter ce rôle, lorsque, après la bataille de Mursa, il préparait une seconde expédition contre Magnence. Aussi recommanda-t-il aux évêques dont nous avons parlé de travailler l'opinion dans ce sens, et ce fut dans ces sentiments qu'il se dirigea vers Rome au printemps de 352 pour faire la guerre contre Magnence qui venait de sortir d'Italie ^. Sur ces entrefaites mourut, le 12 avril 352, un des plus