‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 176 sur 403 · MonT DE l'empereur constant · texte numérisé non relu

MonT DE l'empereur constant

elffue temps après, au mois d^aout 353 ^, Tusurpateur Magnenoerça de son épée, à Lyon, après avoîr vu son armée Taban- ^ j. au cri de : Vive Constance ! Avant son suicide, il avait mas- ' ses pliJS proches parents pour leur épargner la vengeance de oereur^. Constance se trouva donc seul maître de tout le grand ire àe son père ^ ; il manifesta son dessein de faire dominer r ianisme et de détruire la doctrine de Yhomoouslosy qu'il tenait ur une doctrine sabellienne. Il ne s'inspirait pas seulement, dans conduite, des conseils de son évêque-chapelain, mais encore de eux de sa femme Eusébia, qu'il avait épousée au commencement de rannée 353 et qui jusqu'à sa mort, arrivée en 360, exerça toujours sur lui une grande influence. C'était une arienne très zélée, à laquelle le pape Libère renvoya l'argent qu'elle lui avait fait remet- Ire pour des aumônes, en lui faisant dire qu'elle choisît des évêques ariens pour distribuer ses libéralités. Elle joua un rôle analogue à celui qu'avaient joué antérieurement d'autres princesses, en particulier Constantia et la mère de Julien l'Apostat ^. Aussi saint Ißl] Athanase pouvait-il dire avec raison que les femmes avaient exercé une grande influence sur les destinées de l'arianisme ^.

La première entreprise contre la foi de Nicée devait être dirigée contre Athanase. On imagina en conséquence de remettre à l'empereur une lettre imputée à saint Athanase et dans laquelle l'évèque d'Alexandrie sollicitait la permission de se rendre à la Cour. On espérait y avoir plus facilement raison de Ipi qu'à Alexandrie o4il jouissait d'une si grande autorité. Constance accéda à la prétendue demande et envoya un officier du palais, Montanus, porter sa répoûsç à Alexandrie ; ceci se passait vers la fin de l'année 353. Athanase flaira le piège et répondit ; « Si l'empereur l'ordonne, je

t. Le 11 août ; d'après la Chronique à^ Alexandrie, certainement dans l'erwur »ur ce poiot, le 10 août 354.

2. Sur la fin de Desîderius, D. Rauke, Weltgeschichte, in-8, Leipzig, 1881,

*'">P. 23, note 4 ; V» Duruy, Histoire des Romains^ gr. in-8o, 1885, t, vu,

' ^3 partie jouée contre Magnence était grosse d'inconnu, aussi Constance

<*uliit-il pas essayer de contenir sa joie en apprenant la ruine de son ad-

. , *^''** ^ se laissa décerner le titre de aîwvo; BacrcXsuç^ ce qui provoqua les

Fgrammes d'Athanase et des orthodoxes qui firent cette remarque que les

accordaient à un homme Tëpithète à^ éternel qu'ils refusaient au Fils de

^T'}' ^*^»ûase, De synodis, c. m, P. G., U xxvi, col. 685.

• Athanase, Hist, arianor. ad monachos, c, v, /*. 6?,, t. xxv, col. 700.

' '^'llïanase, Ilist. arianor, ad monachos, c. vi, />. G«, t* xxv, col. 700

paraîtrai, maïs je n'ai rien sollicité. » II demeura donc à Alexand * et ses ennemis représentèrent sa conduite comme crime énorm i' Bientôt naquit un autre prétexte. Depuis longtemps les é?r d'Alexandrie étaient trop étroites, et c'était pour ce motif que jans auparavant, Tévêquc intrus Grégoire avait entrepris la tr formation en église du temple d'Adrien. Cette transformation n'i» • pas terminée, ni l'église consacrée, lorsque, le jour de la fét« j Pâques, Athanase sur la demande du peuple y célébra le sepv* divin, parce que la veille la cathédrale avait été tellement remnr de monde que plusieurs personnes en étaient sorties contusionnée Les ariens, affichant soudain un rigorisme sévère, dénoncèrent à Tcmpereur la conduite d'Athanase célébrant le service divin dans une église non consacrée 2. Ils accusèrent également Athanase d'avoir indisposé sans cesse Constant contre son frère ^ et enfin d'avoir écrit à l'usurpateur Magnence, dès le commencement de sa révolte, pour capter ses bonnes grâces *.

Ces accusations furent communiquées au pape Libère etàlW pereur; mais les amis de saint Athanase ne restèrent pas oisifs el quatre-vingts évêques envoyèrent à Rome un mémoire justificatif en sa faveur ^.

Aussi le pape Libère jugca-t-il nécessaire, après avoir, paraît-il,[ tenu un synode romain ^, de convoquer un grand concile ^ II obtint de Constance la permission indispensable à sa réunion ^.

Constance avait établi, après la mort de Magnence, sa résidencs à Arles dans les Gaules (depuis le mois d'octobre 353 jusqu auprin« temps de 354). Le pape y envoya des légats pour solliciter la cou-

1. S. Athanase, Apoîogia ad Constantkim imperatorem, c. xix, P. ^> l. XXV, col. 620,

2. M, c. XIV, P. G. y t. XXV, col. 612. (Cf. Dictionn, d'arck, chréUM col. 1109, Ce fait se passa en 354, (H. L.)]

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