CONCILES d'aRLES EN 353, ET DE MILAN EN
' A ues orthodoxes répondirent courageusement : « Comment peux-
,.^ l'accusateur d'un absent, lorsque toi-même tu ne connais ces
nsations que par ouï-dire ? Dans une cause civile, le prestige de
V mpereur peut faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre,
is il ß^ saurait en être ainsi lorsqu'il s'agit d'un évêque et que
r ccusé jouit des mêmes droits que l'accusateur *. »
Constance voulait rétablir la paix dans l'Église, et pour y parvenir M prétendait obliger les évéques orthodoxes du concile à communiauer avec les ariens 2. En fait, sa violence et les terribles moyens dont il se servit déconcertèrent tous les membres du concile et la peur les décida à signer ^, Eusèbe de Verceil, Denys de Milan, LuciffioSl fer deCagliari, et les deux autres amVjassadeurs romains furent seuls inébranlables ; ils refusèrent formellement de signer la condamnation de saint Athanase "*. Ils furent exilés et le diacre Ililaire fut battu de verges avant de partir pour l'exil ^. Chargés de chaînes et conduits dans des provinces lointaines, plus les bannis s'éloignaient de leur pays, plus le peuple manifestait sa sympathie pour leurs
1. S. Athanase, /lUt, arianor, ad monackos, c lxwi, i*, C, t.xxv,col. 785.
2. Lucifer de Ciglijiri, De non conveniendo cum ksßreticis, P» L^t f. xiii, col. 767 sq.
3. TilIeiDont, op, cit. y t. vi, articl*' lt. Sur les Arien«« : suppose que les eiiicbiens jetèrent le masque )«»rs du concile de Milan et qu'ils se déclarèrent pour la première fois ouvertement en faveur de r«iriani4»me, tandis qu'auparavant ils avaient conslamment f^ît usage de formules rqtiivo |ues , mais Pchrockh, op* cit., part. VI, p. 100, a fait justement remarquer que cette assertion n*est pas prouvée, puisque nous ne possédons pas le document dogmatique qui, par ordre de l'empereur, devait êtn» si^né par lous les évêqucs. Il est çxact qu'à iMilan les eusébiens firent cause commune avec les ariens pour combattre la doctiine de Nicée et consommer la perte de saint Athanase ; mais les discus- 8'«n& qui, à l'issue du concile, s'engagèr^'nt entre ariens et eusébiens, laissent
O'r que pendant la durée du concile les eusébiens n'abandonnèrent pas leurs
joyaiices entachées d*arianisme pour celles des partisans déclarés de cette
eresie, (Sur le concile de Milan, en 355, cf. Baronius, Annales, 1590, ad ann.
j2;Pagi^ Crifica, 1689, ad ann. 354, n. 4 ; ad ann. 355, n. 2,- Ilardouin, Con- "5' ^^^^•' *♦ 1, index; D. R. Ceillier, Hist. génér. aut. ecclés., t. iv, p. 748-
• 2« édit., t. III, p. 321-324 ; Coletî, ConciL, U 11, col. 827 ; Mansî, Supg*"*" t. I, col. 189 ; t. m, col. 2 J3 ; Hergenrother, Hist. de VÉglise, trad.
ç J^^^} Hilaire de Poitiers ne semble pas avoir assisté au concile de Milan. *ioe- J[ '*^"* ^^îlé à Germanicie, en Syrie; Eusèbe à Scythopolis, en Pales-
* ^y^ en Cappadoce et Jous furent placés sous la surveillance des évê-
malheurs et sa haine pour les hérétiques quî en étaient la cause * r pape Libère leur écrivit une lettre remplie de félicitations 2. Parmi ceux quî avaient faibli au concile de Milan, se Tévéque d*Aquilée, Fortunatien, sur lequel le pape Libère avait ai si que nous l'avons vu, fondé les plus grandes espérances ; or pA tunatien ne se contenta pas de se montrer désarmé devant le dan ger ; ce fut encore lui qui plus tard fut, au sentiment de saint Jérô, me, Tauteur de la chute du pape Libère ^. r«.
1. S. Athanase, HisU arianor, ad monackos, c. xxxiii, xxxiv, xli,P, G t rv col. 729, 732, 741. Rufin, ffist. eccles., 1. I, c. xx, P. L„ t. xxi, col 493, compta au nombre des exilés Rhodane, évêque de Toulouse ; mais son exil parait avoir eu lieu à une autre époque ; la notice relative h Eusèbe de Yerceiî dans Ughelli, Italia sacra, t. iv, p. 750, est remplie d'inexactitudes pour tout ce qui concerne le concile de Milan ; cf. Mansî, ConciLampliss, collect., t. m, col. 247.
2. Voici cette lettre, Hilaire, Fragmenium Vf, 1, P. Z.» t, x, col. 686 sq.cf. P» L., t. VIII, col. 1356 : « Alors que sous prétexte de procurer la paix, Tennemi du genre humain s'acharne contre les membres de l'Eglise, vous prêtres très chers dans le Seigneur, vous avez su, par votre foi admipable, vous rendre agréables à Dieu et mériter la gloire promise aux martyrs. Partagé que je suis entre la douleur que me cause votre éloigaement et la joie que votre gloire m'inspire, je ne sais comment vous louer, comment célébrer les mérites de votre courage. Je veux, du moins, vous procurer une consolalion plus solide en vous priant de croire que j'ai été jeté en exil avec vous. Djus l'attente du sort qui m'est réservé, je gémis devant l'inexorable nécessité qui me prive de votre compagnie. J'aurais désiré, frères bien-aimés, me sacrifier le premier pour vous et frayer à votre charité le chemin de la gloire; mais vous avez mérité de remporter le prix et d'arriver les premiers par la constance de la foi à l'honneur du martyre. Donc, que votre charité croie bien que je suis avec vous, que mon affection vous suit et que votre éloignement me cause un grand chagrin. Ceux qui jadis étaient victimes des persécutions n'étaient frappés que par le glaive sanglant du bourreau ; vous, soldats entièrement dévoués à la cause de Dieu, vous avez, de plus, éprouvé rhostilitéae« faux frères, vous avez triomphé de la perfidie, et cela augmente votre gloi«' Plus la violence employée par le monde a été grande, plus glorieuse seraw récompense accordée aux saints prêtres. Comptez donc avec confiance sur la promesse céleste. Et, puisque vous voilà tout près de Dieu, priez pour le sf«^ viteur de Dieu que je suis, pour moi votre frère dans le sacerdoce ; atlirez-ni<> par vos prières vers le Seigneur, afin que nous puissions soutenir courag^"' sèment le choc qui s'annonce chaque jour, et que le Seigneur daigne me'«" ^otre égal dans la défense de l'intégrité de la foi et de l'Église. Désirant co naître ce qui s'est passé dans votre entrevue (avec Tempereur), je pr^^ Saintetés de m*envoyer un rapport exact et circonstancié. Vos exemples s« une grande force pour mon cœur torturé par les bruît^s divers qui circu pour mon corps lui-même qui est à bout d'énergie. » (H. L.)
3. S. Jérôme, De viris iîlustvibus^ n. xcvii, édit.Kichardson, în-8,L6^P*'^' *