Persécution contre Athanase, Osius et le pape Libère
Le concile de Milan était donc à peu près devenu ce que fut plus tard le plus fameux brigandage d'Ephèse. Mais a Milan les persécutions ne cessèrent pas avec le concile ; au contraire, on voulut forcer tous les évêques de l'Occident à signer la sentence portée contre saint Athanase, et à renouer les relations ecclésiastiques avecles ariens. Un édit arriva à Alexandrie, défendant au préfet de donner désormais à Athanase la quantité de blé qu'il recevait, en vertu de sa charge, ainsi que les évêques ses collègues; on prescrivit dedonner ce blé aux ariens. Tous les fonctionnaires publics durent rompre avec Athanase et passer aux ariens, et ils reçurent l'ordre de donner libre cours à toutes les insinuations perfides qui seraient laites contre Tévêque d'Alexandrie ou contre ses amis. Des notaires ^tdes officiers du palais envoyés dans les provinces aux évêques et aux fonctionnaires, leur enjoignirent, sous peine de l'exil, de n'entreßöir de relations ecclésiastiques qu'avec les seuls ariens. On travailla ^toutes manières les paroisses fidèles à leurs évêques, et l'on fît de es menaces, que plusieurs chrétiens préférèrent lafuite à la per- Wion prochaine On confia aux fonctionnaires publics le soin de
j • ^* A.thanasc, Hlst, arianor. ad monachos, c. xxxt, xxxiv, lxxv, P. G.f •XXV, col. 728-734, 783. (H. L.)
dis !'^^'^'^' ^ém. hist. ecclés,, édit. Bruxelles, 1732, t. vi, article li de la ^«f^ation sur les ariens, p. 15G.
surveiller l'exécution des ordres donnés. Villes et villages fid^jç , Torthodoxic furent plongés dans le Irouble et la terreur, pe^j que les hérétiques jouissaient de la plus parfaite tranquillité i^
Les ariens mirent d'autres moyens en œuvre. Sous divers prétexta un grand nombre d'évêques furent appelés à la cour, et là, sansavn'îfi été présentés à l'empereur, on les retint si longtemps et n les effraya par tant de menaces, qu'ils promirent de ne plus comii)) niquer avec Athanase ^. Beaucoup faiblirent, beaucoup aussi résis tèrent et préférèrent l'exil a une lâcheté ^. Malgré le nombre de premiers, on peut dire, qu'avec tout son pouvoir. Constance n'avait obtenu qu'un résultat très incomplet. En souscrivant à la condamnation de saint Athanase et en communiquant avec les ariens, l'épis, copat d'Occident n'était pas devenu arien par le fait, le peuple n'étaîi rien moins qu'arien; tous, dit saint Athanase, redoutaient l'hérésie d'Arius comme un serpent venimeux *.
On se préoccupa d'abord de détacher de la cause d'Athanas« l'évêque Osius et le pape Libère, espérant que, une fois gagnés, on aurait facilement raison de tous les autres évêques. Constance envoya à Rome l'eunuque Eusèbe, l'un de ses conseillers les plus intimes ^, et partisan décidé de Tarianisme. Eusèbe devait demander au pape Libère de signer la condamnation contre Athanase, un désir, et de communiquer avec les ariens, un ordre ^. Des présentiî et des menaces devaient amollir la résistance du pape. Libère répondit qu'il lui était impossible de condamner Athanase; il fallait d'abord réunir un concile hors du palais impérial, et qui ne fût pas présidé par l'empereur lui-même, concile dans lequel od confirmerait la foi de Nicée et on exclurait les ariens ; alors seulement on pourrait discuter les plaintes portées contre Athanase. L'eunuque Eusèbe, irrité de cette réponse, reprit les présents que le pape avait refusés, et il s'éloigna en proférant des menaces. Eusèbe déposa les présents dans l'église de Saint- Pierre, mais le pape adressa une forte semonce au trésorier de l'église
1. S, Athanase, Hist, arianor, ad monackos, c, xxxi, P^ G., t. xxv, col. ?2l).