‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 189 sur 403 · CONCILE DE BEZIRKS EN · texte numérisé non relu

CONCILE DE BEZIRKS EN

avaient signé ce mémoire. Il attira sur Hilaire la colère et rWne àes ariens, en particulier celle de Saturnin qui, craccord Valens' et Ursace, convoqua un concile à Béziers, pour les miers mois de Tannée 356 ^. Hilaire et les autres évêques orthoi es furent contraints de venir à ce concile, où Tévêque de Poitiers néglige* rien pour obtenir confirmation de la sentence de Sardine (portée au sujet de saint Athanase). Il ne put rien obtenir, et «.. jpj.même accusé auprès du César Julien, alors dans les Gaules, ensuite auprès de Tempereur lui-même à qui on le représenta comme une girouette politique, et Constance l'exila dans la Phrygie ^, Mais les évêques gaulois s'obstinèrent à rester en communion avec Hilaire et repoussèrent celle de Saturnin. On ne jugea cependant I pas prudent d'user dans les Gaules des moyens violents dont on s'était servi en Egypte '^

1. Baronius, Annales^ 1590, ad ann. 356, n. 105*111 ; Sîrmond, Concil, Gai* /ia?j 1629, t. I, col. 14; Conc, reg.y 164^, t. m, roi. 176: Labbe, Concil, y 1671, t. II, col. 783-784 ; Hardonin, ColL concil., t. i. col. 699 ; Coleli, ConciL, 1728,1. II, col. 843 ;de Vie et Vaissette, Histoire du Languedoc^ 1730, p. 682- 633; 3« édit., t. ii, p. 77-79 ; D. Rivet, Ilist, litt, de la France, 1735, t. ii, p. 117-119 ; Mansi, Conc, ampliss. collect. y 1748, t. m, col. 251 ; C. Douais, l'Église des Gaules et le conciliabule de Béziers, tenu en Vannée 356, sous la présidence de Saturnin d'Arles, Libère étant pape. Constance empereur y Julien César et Numerus gouverneur de la Gaule Narbonnaise, in-8, Poitiers, 1875. (B.L.)

2. Avant le mois de juin de r.uinée 356. S.iint Rhodane, de Toulouse, exilé en Phrygie a\ec saint Hilaire, mourut peu nprès son arrivée. (IL L.)

3. « Les évêques de Milan et de Verceil avaient été presque aussi durs au concile de 355, tenu en présence de l'empereur Conslancp, et les impérieuses exigences de l'évêque de Tripoli à l'égard de l'impérairice Eusébia montrent avec quelle hauteur les pontifes parlaient aux successeurs de ceux qui s'étaient crus jusqu'à présent les maîtres incontestés de la lerre. Voilà les tribuns populaires, depuis plus de cinq siècles oubliés, qui reparaissent menaçant Loppresseur, non plus de l'irritation d'un peuple impuissant, mais de la colère aivine qui suscite les révoluticms. > V. Duruy, Histoire des Romains, in-8, ï^ans, 1895, t. vu, p. 343. Le même auteur écrit, p. 346, note 1 : c Les Œu-

rc8 de Lucifer renferment le plus riche vocabulaire d'injures qui aient jamais

te adressées à un prince. Voyez à V Index de l'édilion de Venise, 1778, le

Konstantins. ) Athanase, Hilaire de Poitiers, Grégoire de Nazianze, n'ont

" P^us d'égards pour les empereurs. Naturellement les hérétiques sont en-

«plus malmenés. Un livre fameux d'Athanase, l'Histoire des ariens, n'est,

Bavant biographe du saint, qu* « un pamphlet onitoire ». (Fiîilon, Saint

nase^ p, 207.) Mais évêques et docteurs ne s'épargnent même pas entre

rome a de mordantes paroles contre Ambroise, Alhanase contre tous

^^''saires, Grégoire de Nazianze contre les Pères du concile de Cons-

La manière dont les partisans de saint Athanase et de 1^ f • , Nicée furent poursuivis, maltraités et persécutés avant et pe^j ^ Texil de l'évoque d'Alexandrie, est une terrible démonstratioh j l'intolérance des hérétiques lorsqu'ils sont les maîtres, et ext)|i ^ les paroles .amères dont se servent l'ardent Lucifer, Athanase et H* laire, lorsqu'ils parlent de l'empereur Constance. Ils l'appelW » diverses reprises le précurseur de l'Antéchrist, l'Antéchrist lui^mêrn et ils le comparent à Hérode, à Pharaon, à Saul et à Achab. Luc'f ' ne craint même pas de le surnommer immanis fera et im manu h tiay qui n'a de l'homme que les apparences et la figure.

77. Divisions entre les eusébiens, les anoméens et les semi^ariens.

Humainement parlant, lu foi de Nîcée semblait perdue ; pour atteindre ce résultat, les ariens proprement dits avaient fait cause commune avec les eusébiens; l'arianisme primitif semblait disparu depuis longtemps et ne comptait plus un seul défenseur déclaré et de quelque importance. La situation des eusébiens avait gagné â ce

tantinople qu'il appelle une bande de geais et un toI de guêpes bourdonnantes. Une autre fois il reproche à Basile, qui l'avait désigné évêque de la bourgade de Sasime, de ne lui avoir donné celte résidence qu'aûn que le nouvel évéque veillât, pour le raétropolitaia de Cébarée, sur les passages des monts par oo les redevances arrivaient à la maison épi se opale. Voir son poème, iS'ar sa vu, vers 400 sq. Dans sa lettre xlix, il dit < Se renvoyer des injures» c'est s'agi- «ter épis copale ment, » è«t(7X0Tr[X(oç xtvoufAEÖa. Si nous relevons ces faits, ce n'es* point pour abaisser de grands esprits et pour le triste plaisir de trouverdu plomb vil dans l'or pur, mais parce que ce ton de polémique devint habituelet que la violence des paroles, dans les discussions ihéologiques^ prépara celle des actes dans la répression des hérésies et dans les guerres religieuses.» Nous ne ferons pas difficulté de reconnaître que souvent la mesure du laûgag* est de n'en garder aucune, mais la grandeur des passions soulevées etw* intérêts en présence explique ce qu'elle ne justifie pas. Au reste le genre, «^ fois adopté, devient de style pendant tout le moyen âge et jusqu'au xviii" '^' cle. On peut s'en convaincre par la lecture de Serry, Historia congre g<i^^''^^ de Auxiliis divinse Gtatlse, m-foL, Lovanii, 1700. C'est à propos de ce tofl,p sistant depuis tant de siècles dans la polémique religieuse, que Sainte'*'^^ écrit malicieusement : « Le mentir is impudentissime court sans relâche parti à Tautre. 11 est vrai que c'est entre théologiens. » (H. L.)

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