DOUBLE CONCILE A SKLELCiK KT A lUMINI
• iveut dire : à partir de tel ou tel jour, ceci ou cela constitue la . gjirétienne. C'est donc agir à la manière des hérétiques. En .«e rien n'est plus impie que de décerner à Tempereur, dans la jptJon, la qualification d'éternel que lui, empereur, dénie dans 1 symbole au Fils de Dieu ^. Mais, cette suscription produisant très fâcheux efTet sur les orthodoxes, l'empereur voulut probablement reprendre les exemplaires portant cette suscription pour la remplacer par une autre non datée et retouchée. Cette seconde édition àe la formule de Sirmium fut adoptée de plein gré à Séleucie et imposée de force au concile de Rimini. Socrate, dilFérant en cela de saint Athanase, prétend que l'empereur ordonna la confiscation de la seconde formule de Sirmium ^. Mais le témoignage de saint Athanase a ici plus de valeur. La seconde formule de Sirmium était si répandue en tous les pays (naus l'avons vu accepter en Orient par le concile d'Antioche, rejeter à Ancyre et dans les Gaules), qu'un seul notaire, Martinien, n'aurait pu, en aucune manière, en réunir les exemplaires dispersés. On a fait la même objection contre la donnée de saint Athanase ; on a dit que les quatre cents évéques présents à Rimini avaient connu cette formule, mais les bénédictins de Saint-Maur ont montré que si ces évêques avaient certainement connu la quatrième formule de Sirmium, ils n'avaient pu en posséder que très peu d'exemplaires, puisque Valens etUrsace avaient lu la formule dans le concile sans communiquer des exemplaires à leurs collègues^. Socrate, Sozomène et Théodoret rapportent que les députés de Rimini avaient été plus tard transportés à Niké (Ustodizo), en Thrace, et que les principaux ariens s'étaient aussi rendus dans cette ville pour y conférer sur la foi avec eux. Le choix de cette ville de Niké par les ariens cachait le dessein de créer une confusion entre le nom de cette ville et celui I de Nicée, confusion qui aurait servi à faire accepter le nouveau symbole sous le couvert de l'ancien ^ A Taide de mensonges detoutes sortes, en particulier par l'affirmation impudente de la condamna-
^' S. Athanase, De synodis, c. m, P. G., t. xxvi, col. 684 sq. ; Socrate, Hist, ^^^^^S', l II, c. xxxvn, P. G., U Lxvii, col. 301 sq.
^- Socrate, ffist. eccles., 1. II, c. xxx, P. G., t. lxvu, col. 280.
'' S. Athanase, J)e synodisy c. xxix, P. G., t. xxvi, col. 744.
*• A'héodoret, IIist> eccles., 1. II. c. xvi, P, Ö., t. lxxxii, col. 1049 ; Socrate,
^*'- ecc/e*., 1. II, c. xxxvii, P. G., t. lxvii, col. 301 sq.; Sozomène, Hist.
«e«., [^ ly^ ç^ ^j^^ p Q^ |.^ LXVII, col. 1169 sq. ; ce dernier commet quelques '"^»aclitudes.
tîon à runanimité du mot substance par tous les évêques orient du concile de Séleucie ; par l'emploi de la force, et de toute î vexations possibles ^, les ariens parvinrent, en effet, à entra' les évéques du concile de Rimini déjà lassés par Texil ^^ 4 TabanH des décisions de leur propre concile, et à l'adoption de la nouv n profession de foi qui leur fut présentée par Valens etUrsace^ n document original de Restîtut de Carthage, que nous possédo encore, assigne à cet événement la date du 10 octobre 3595 Saint Athanase ^ et Théodoret '^ nous ont conservé cette nouvel! profession de foi ^. Ainsi que nous l'avons remarqué plus haut ell est en tout semblable à la quatrième formule de Sirmium ^ ç|j rejette, comme n'étant pas dans la Bible, le mot ou(y(a, et déclare le Fils semblable au Père (o|xoiov), selon l'enseignement de la sainte Écriture. Mais elle omet les mots si importants xa-ca xdtvTa, accusant parla une tendance tout à fait arienne. Le symbole ne portait plus la date chronologique qui avait si fort scandalisé, et contenait la conclusion suivante: « On n'emploiera plus le mot d'hypostase en
1. La lettre des évêques des Gaules aux Orientaux prouve l'usage de cette fausse allégation. Cf. S. Hilaire, Fragmentiun Xf, n. 1, P, L., t. x, col. 710: sub auctoritate vestri nominis ad usix silentium sunt coacti. On imagina plus tard la même ruse pour le concile de Rimini, Sozomène, Hist, eccles.^ LIV, c. XIX, P. (?., t. Lxvii, col. 1169 sq.
2. S. Athanase, Epist. ad Afros^ n. m, P. G,, t. xxvi, col. 1033; S, Hilaire, Fragmentum Xly P, X., t. x, col. 710 sq. ; Sozomène, Hist, eccies., 1. IV, c, xix, P. G., t. Lxvii, col. 1169 sq.
3. S. Athanase, Epist. ad Afros, n. m, P. G , i, xxvi, col. 1033.
4. Socrate, Hist.€ccles,, 1. II, c. xxxvii, P. G,, t. lxvii, col. 301 sq. La formule de Niké fut, au dire de saint Athanase, De synodls, c. xxx, P. L., t. ixvi, col. 745, envoyée de Constantinople à Rimini, soit qu'elle ait été transmise directement de Niké à l'empereur et que celui-ci Pait à son tour expédiée aoï évêques de Rimini, soit qu'elle ait été d'abord rédigée à Constantinople et envoyée de là à Niké pour être enfin adressée aux Pères du concile de Rimini.