DOUBLE CONCILE A SÉLEUCIE ET A RIMINl
rédigée en latin ^. Le concile faisait observer à l'empereur
Je rétablissement de la paix dépendrait du maintien de la
* rie Nicée, et que les moyens proposés par Valens et autres
, j.gjent pas le même succès. Enfin les évéques priaient Tem-
eur àe ne pas les retenir plus longtemps à Rimini, plusieurs
j' ntre eux étant accablés par l'âge et par la misère, et les
s ne pouvant rester plus longtemps privées de leurs évê-
Du moment où l'opposition ouverte divisa les membres du conile de Rimini, les sessions communes furent supprimées ; les orthodoxes se réunirent dans l'église et les ariens dans un oratoire tjrivé ^ ; chaque parti envoya une ambassade à l'empereur. Sulpice Sévère prétend que la plupart des députés choisis par les orthodoxes étaient jeunes et inexpérimentés, aussi le concile jugea bon de leur interdire toute communication avec les ariens et de laisser au concile les décisions. Les ariens auraient, par contre, choisi de fins diplomates, des hommes âgés et rompus aux affaires, aptes à gagner facilement l'esprit de l'empereur. Sulpice Sévère ne cite aucun nom, il se contente d'indiquer que chaque ambassade se composait de dix évêques ; mais nous lisons dans un fragment authentique de saint Hilaire, que les orthodoxes avaient envoyé quatorze députés, à la tête desquels se trouvait Restitut, évêque de {'^ Carthage. L'empereur dit, et Sozomène est, sur ce point, d'accord avec lui, que les orthodoxes avaient envoyé vingt députés ^.
Constance ayant quitté Sirmium, le 18 jnin 359, pour TOrient, afin de préparer une expédition contre les Perses \ les députés du
1. S. Hilaire, Fragmentum VIU, n. 2, P. X., t. x, col. 700 ; S. Athanase, De
sjnodisy n. X, P. G., t. xxvi, col. 696 ; Oozoniène, Bist, eccies,^ 1. IV, c xviii,
^. G., t. Lxvii, col. 1164 sq. ; Socrate, Hist* eccles,y 1. II, c. xxxvir, P, G,,
t. uvii, col. 301 sq. ; TUéodoret, HisU eccles., 1. II, c. xv, P, G., t. lxxxii,
col. 1041 sq,
2. Sulpice Sévère, Hist. sacra^ 1. II, c. xli, P. L., t. xx, col. 152.
*• S. Athanase, De sjnodis, n, lv, P. G,, t. xxvi, col. 789 ; Sozomène, Hist.
fccles,,\, IV, c. XVIII, P. G., t. lxvh, col. 1164 sq. D, Ceillier croit que les
orlhodoxes n'avaient envoyé que dix députés et que les quatre noms qui sont
encore cités sont ceux des députés renvoyés plus tard à l'empereur par le même
•concile pour lui porter la réponse à sa lettre.
*• l' après Gwatkin, Studies of arianism, ibS2, p. 171, Constance appelé en
Pieuip^r la reddition d'Amida a l'armée du roi Sapor, avait quitté Sirmium
** »ois de juin 359 et passa l'hiver à Constantinople, il ne se dirigea pas vers
yne avant le printemps <le l'année 360. D'après Ammien Marcellin, 1. XIX,
^û. 17^ [\ semble que Constance ait quitté Sirmium à la nouvelle de la chute
LlVRß V
concile de Rimîni le rencontrèrent à Constantinople. L'ambass a des ariens arriva la première ; aussi Valens et Ursace, qui en étai les principaux membres, eurent-ils le temps de faire à Tempep les récits qu'ils voulurent. Celui-ci, déjà imbu de sentiment ariens, n'avait pas besoin qu'on Tindisposât davantage contre 1 orthodoxes. Le refus d'accepter la quatrième formule de Sirmiü approuvée par lui le fit entrer dans une violente colère ; î] trait avec les plus grands honneurs Valens et Ursace et défendit cru les évoques orthodoxes lui fussent présentés ; il leur renvoya même par un fonctionnaire leur lettre synodale, et leur fit dire que les affaires de l'Etat l'absorbaient au point de ne pouvoir s'occuper d'eux. Il ne leur répondit pas et, après les avoir laissés attendre longtemps en vain, il leur expédia Tordre de se rendre à Andrinople et d'y rester jusqu'à ce qu'il trouvât le temps d'examiner leur affaire ^. L'empereur informa lui-même de sa décision le concile de Rimini et lui enjoignit d'attendre le retour des députés d'Andrinople, avec sa réponse. Athanase nous a conservé cette lettre, écrite sur un ton glacial, avec la réponse aussi courte que digne qu'y firent les Pères du concile de Rimini, réponse dans laquelle ils affirment de nouveau leur fidélité à la foi de Nicéeet sollicitent la permission de rentrer dans leurs diocèses ^. C'est probablement à cette époque que se produisit un fait sur lequelil nous est impossible d'avoir des renseignements complets. D'après saint Athanase, «Constance, sur le conseil des ariens, avait fait retirer la formule de Sirmium avec la date chronologique qu'elle portait dans la suscription, et il avait fait rassembler, par le no-p/] taire Martinien, les exemplaires déjà distribués. » Un autre renseignement du même auteur ^ semble confirmer ce fait. Saint Athanase dit que rien n'est moins usité et plus ridicule que de dater un symbole qui doit définir la foi dans l'Église depuis l'origine ; agir
d'Amida, octobre 359; mais nous le trouvons à Singidunura le 18juin. Ilestnaturel da supposer que Jes députés du concile de Rimini qui étaient proches d« * capitale de Tempire vers le mois d'août, reçurent alors l'ordre de s'arrêter Hadrianopolis (= Andrinople), qu'une audience leur aura été refusée à Sirmi où ils auront trouvé Tordre de se rendre à Andrinople. (H. L.)
1. Sozomène, Bist, eccles , 1. IV, c. xix, P. C, t. lxvii, col. 1169 sq. » craie, Hist, eccles., 1. Il, o. xxxviii, i>. G., t. lxvii, col. 301 sq.; Théodore» Ilist eccles , 1. II, c. xv, P. G., t. lxxxii, col. 1042 sq. . .
2. S. Athanase, De s j no dis, c. lv, />. G., t. xxvi, col. 792; Socrate. 5**' eccles,^ 1. Il, c. xxxvm, P, G. y t. lxvii, col. 301 sq.
3. S. Athauase, De synodis, c. m, P, G,, t. xivi, col 684 sq.
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