‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 27 sur 403 · CONCILE DE CONSTANTINOPLE · texte numérisé non relu

CONCILE DE CONSTANTINOPLE

Il n'est pas facile de porter sur Marcel un jugement impartial. Nous verrons plus tard que le concile de Sardique jugea sa déposition injustifiée et lui rendit son évêché. A cette époque, Athanase et le pape Jules étaient pour lui ; mais plus tard les opinions changèrent, surtout lorsque l'évêque de Sirmium, Photin, élève de Marcel, eut été convaincu d'hérésie '^. Saint Athanase lui-même évita une réponse catégorique, lorsque saint Epiphane le questionna au sujet de Tor-

iii-4 Hafniae, 1733 ; G. R. W. Klose, Geschichte und Lehre des Marcellus und Photmus, in- 4, Hamburg, 1837 ; Ch. Vogel, Dissertatio de Marcello Ancyrx episcopo, in- 4, Göttin gae, 1757 ; Willenborg, Ueler die Orthodoxie der Marcellus von Ancyra^ in-8, Munster, 1859 ; ces travaux n'ont plus guère aujourd'hui qu'un intérêt bibliographique. Sur Marcel, il faut consulter Th. Zahn, Marcellus von Ancyra, ein Beitrag zur Geschichte der Theologie, in-8, Gotha, 1867 (on y trouvera, p. 1-6, une bibliographie très complète pour l'époque) ; W. Möller, dans Theologische Studien und Kritiken, 1869, p. 147-176; E. S, Foulkes, dans I>ict. of christ, Biogr , t. i, p. 808-813 ; A. Harnack, Dogmen^ geschichtCy t. n, p. 237 sq. ; R. Seeberg, Dogmengeschichte, t. i, p. 175 sq. ; F. Loofs, Die Trinitatslehre. Marcellus von Ancyra und ihr Verhältnis zur alteren Tradition^ dans Sitzungsberichte d. Berliner Akademie^ phdol-philos. Classe, 1902, 26 juin ; F. Loofs, Marcellus von Ancyra, dans Real-encyklopadie fur protestant. Theologie und Kirche^ éd, Hauck, 1903, t, x», p. 259-265. Accusé de sabellianisme parles ariens, il en fut déclaré indemne parles Pères de Sardique. Athanase se montra toujours indulgent à ce fidèle compagnon ; par contre les Cappadociens et les apollinaristes l'accablèrent d'anathèmes, Photin, évêque de Sirmium (mort en 376) fut Télève de Marcel dont il pousse à bout la pensée et force peul-être un peu l'expression, Astère et Acace ont réfuté Marcel, Eusèbe de Césarée l'a cité copieusement dans ses traités Contra Marcelluniy et De theologia ecclesiastica, A tous les défauts d'Eusèbe nous ne pouvons ajouter celui de faussaire, il faut donc Ven croire et reconnaître que la théologie de Marcel est indéfendable II est probable que celui-ci avait fortement amendé le texte qui lui valut une réhabilitation à Sardique, en tous cas ce ne peut être celui qu' Eusèbe nous a conservé. Pour ce qui subsiste de lui, cf. Ch. X. G. Rettberg, Marcelliana ed, et animadversatiombus mtruxit, in-4, Göttingen, 1794, reproduit dans P. G., t, xviii, col. 1299 sq. (H. L.)

1. Photin avait sacrifié à la mode du temps et composé un catalogue d'hérésies, dans lequel, dit Socrate, Ilist, eccles,, L II, c, xxx, P, G., U lxvii, col. 280 sq., il n'avait oublié qu'une erreur, c'était la sienne propre ; mais Photin ne s en était pas tenu là: saint Jérôme, De viris illustr,^ n. cvn, édit. Richardson, Leipzig, 1896, p. 49, parle à son sujet de plura volumina, dont les plus importants étaient un traité Contra gentes et un autre Ad Valentinianum. Photin, nous dit encore Socrate, avait publié ses écrits en deux langues, latin et grec. 11 n'en reste rien. Cf. les travaux cités dans la note précédente de Klose, Zahn et Loofs ; ajouter F. Loofs, Photm^ dans ReaUencyklopadie fur prof, Th, und Kirche, 1904, t. XV, p. 372-374. (H. L.)

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thodoxie de Marcel *. D'après saint Hilaîre, dès avant 349 Athanase avait rompu toute communion ecclésiastique avec Marcel ^. D'autres Pères de TÉglise, en particulier saint Hilaire, saint Basile et saint Jean Chrysostomc, de même que de grands théologiens, Petau par exemple ^, jugent Marcel sévèrement. Tillemont ^ lui est hostile et Baronius n'ose le défendre ^. Par contre, Noël Alexandre ®, Montfaucon '^ et Mœhler ^ ont défendu l'orthodoxie de Marcel, disant qu'il n'était coupable que de n'avoir pas toujours su choisir ses expressions ; à notre époque Dorner ^ et Dolllnger ^^ ont porté sur Marcel un jugement défavorable. Le seul ouvrage de Marcel ^^, celui contre Astérius, est perdu, et c'est d'après quelques fragments conservés dans les citations d'Eusèbe que Zahn le juge*^. Marcel fournit [4î| des documents importants pour l'histoire de la théologie plutôt qu'il ne se livre à l'exposition du dogme, et son formulaire ne doit pas être considéré comme tendant à réformer la foi proclamée à Nicée à laquelle, au contraire, il adhère dans ses parties principales. Toute la discussion théologique à laquelle Marcel se livra ne paraît être que la conséquence du mélange intempestif des idées philosophiques et de la doctrine de l'Ecriture, et pour trouver la vérité, il aurait dû se reporter seulement à cette dernière doctrine. Dans la plupart des passages de la Bible il n'est question que des rapports du Logos devenu homme avec le Père, tandis que le prologue de l'Evangile de saint Jean est la principale source à laquelle on peut reconnaître les rapports éternels du Logos avec Dieu, le Logos dans sa préexistence. Marcel considérait l'expression engendré, employée universellement par les théologiens des deux partis, comme tout à fait

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