CONCILE DE CONSTANTINOPLE
1473] eusébîens parvinrent à tromper la bonne foi de Tempereur. Quoi qu'il en soit, sans entendre Athanase, l'empereur Texila à Trêves ^. Au dire d'Athanase lui-même, l'accusation d'accaparement des blés d'Egypte consomma sa perte dans l'esprit de Constantin. Ses efforts pour en démontrer l'inanité et l'impossibilité même, ne prévalurent pas contre les affirmations d'Eusèbe de Nicomédie donnant pour preuve du contraire les richesses d' Athanase. Sozomène donne une explication qui paraît assez en harmonie avec la psychologie de Constantin et toute sa conduite dans l'histoire de l'arianisme. Constantin, dit-il, se persuada que l'exil d'Athanase allait lui permettre de rétablir promptement la paix dans l'Église. Plus tard, Constantin le jeune assura qu'en exilant Athanase, son père avait eu en vue de l'arracher à ses ennemis, sans aucune intention de le punir ou de le condamner '^, Le respect de la mémoire paternelle pouvait inspirer ces paroles, auxquelles saint Athanase semble avoir ajouté une certaine créance ^. Quoi qu'il en soit, l'empereur interdit aux eusébiens de donner un successeur à Athanase et le fils de l'empereur, Constantin le jeune, en résidence à Trêves, y reçut l'illustre exilé de la manière la plus bienveillante, et lui procura tout le nécessaire *.
1. L'entrevue d'Athanase avec ConstaïUin est du 7 novembre. Epist, heort, Chron,, P, G., t. xxvi, col. 1353. La même clironique semble placer dès ce jour le départ de l'évèque d'Alexandrie pour l*exil. Mais entre l'arrivée d'Athanase à Constantiuople et son départ pour Trêves se placent la lettre de Constantin aux évêques assemblés à Jérusalem et l'arrivée d'une fraction d'entre eux. II est impossible de resserrer ces événements entre le 30 octobre et le 7 novembre 335. C'est ce que démontre Sievers, Einleitung zur Vita Acephala^ dans Zeitschrift für die historische Theologie ^ 1868, t. xxvviii, p. 98 ; en conséquence il corrige les données fournies par l'avaut-propos des lettres pascales (Larsow, Die Festal'hriefe des heiligen Athanasius,Hn-iif Leipzig, 1852, p. 28) et remplace le ÎO Athyr par le 10 Méchyr^ c'est-à-dire qu'il fixe le départ d'Athanase pour Trêves au 5 février 336. Gwatkîn, Studies of arianisiHf 2e édit., London, 1900, p. 140, et X. Le Bachelet, Arianisme, dans le Dictionnaire de théologie catholique^ 1903, t. I, col, 1804, adoptent cette date, de même que G. Goyau, Chronologie de l'empire romain^ p. 427, n. 4. (H. L.)
2. S. Athanase» Apologia contra arianosj c. lxxxvh, P. 6?., t. xxv, col. 406.
3. S. Athanase, Hist, arian. ad monachos, c. l, P» G., t. xxv, coK 753.
4. S. Athanase, A/?oio«^i a contra arianos, c. lxxxvii,>P. G^.,t. xxv, col. iO^;Hi$t. arian. ad monachos, c. xxix, P, G., t. xxv, col. 725. Entre Constantin et Athanase on s'étonne de voir surgir ce conflit terminé par l'argument du plus fort. Mais rien n'était plus facile à prévoir dès l'année 325. L'évèque et l'empereur incarnaient des conceptions contraires par les droits respectifs qu'ils représentaient. Constantin était trop sensé pour croire à d'ineples calomnieSj mais il était trop politique pour n'en pas tirer proüt. A ce point de vue le
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Les évêques eusébîens venus à Gonstantinople y tinrent un concile, dans lequel ils reprirent la procédure commencée contre Marcel d'Ancyre qu'ils accusèrent de manquer d'égards envers l'empereur par son refus d'assister à la consécration de l'église de Jérusalem, De plus ils l'accusaient d'hérésie ^, Dans un écrit assez considérable, Marcel avait défendu la foi orthodoxe contre le sophiste arien [41| Astèrede Cappadoce ^, et contre les eusébiens; malheureusement il n'avait réussi qu'à donner à ses adversaires l'occasion et le motif de l'accuser lui-même d'hérésie. Marcel en appela à l'empereur et lui envoya un mémoire justificatif en le priant de le lire et de l'examiner lui-même ; mais il n'en fut pas moins déposé par le concile, qui enjoignit à tous les évêques de la province de Marcel (la Galatie) de détruire son livre ^,
plus grossiers mensonges étaient les meilleurs, puisqu'ils l'armaient plus puissamment contre celui qui menaçnît de faire de l'Église catholique autre chose qu'un prolongement de la religion romaine. En 313, celle-ci était vaincue, Constantin le comprit et passa, avec armes et bagages, dans le camp chrétien, mais il comptait bien mettre la main sur le christianisme et en être le chef. Toute sa politique religieuse le démontre rigoureusement et surtout la convocation du concile œcuménique et le titre d'évêque du dehors qu'il s'attribue. Il se conduisait avec l'Église comme avec le culte païen, tyrannisant l'un et l'autre. Âthanase était à ses yeux un sacrilège du moment où il revendiquait l'indépendance. (H. L.)
t. « Notre ennemi, dira bientôt saint Grégoire de Nazianze, est toujours hérétique. » La tactique n*a pas changé, cf. S. Em. le cardinal Mathieu, Libe^ ralismum sapit^ dans la Revue du clergé français ^ 15 février 1907, t. xlix, p. 656. (H. L.)
2. ïillemont, Mém. p. seiv. à Vkist, ecclés,^ în-4, Paris, 1699, t. vi, p. 291- 292 Saint Âthanase qualifie cet individu de a sophiste à plusieurs testes et d'avocat de l'hérésie arienne ». Il avait passé par l'école de Lucien d'Antioche ; apostat pendant la dernière persécution, cette tare lui interdit, même chez les eusébiens, le sacerdoce. Philostorge le représente comme fort disert et fort modéré, une sorte de Mélanchton. Il serait, d'après ce même Philostorge, le père de la secte des semi-ariens» parce qu'il avance que le Fils est une image sans différence de la substance du Père, passage que Marcel d'Ancyre a pris la peine de réfuter. Nous n'avons rien de lui aujourd'hui que les citations introduites dans les écrits de ceux qui l'ont réfuté. Il est possible qu'Astère ait commencé d'écrire pour le parti avant le concile de Nicée et avant la Thalie d'Arius. (H. L.)
3. Socrate, Hist. eccles , I. I, c. xxxvi, P, G,, t. lxvii, col. 172, Sozomène, Hist» eccles,, 1. II, c. xxxm, P. G., t. lxvii, col. 1029. Marcel était rempli de bonnes intentions et ne varia jamais dans sa foi de Nicée, mais sa théologie était un peu courte et sujette à caution. Elle a été étudiée par Chr. Fr. Irgens, Dissertatio de Marcello^ Ancyrae episcopo^ catalogo haereticorum jure eximendo^