CONCILE DB CONSTANTINOPLE
malheureuse et y voyait une source de confusions; il pensait qu'ei\ admettant cette expression il était impossible d'éviter le subordinatianisme ou rarinnisnie. Le fait d'être engendré constitue toujours une forme spéciale de commencement (suivant l'expression des ariens) et tout ce qui a un commencement ne peut s'accorder avec l'éternité du Logos si formellement proclamée par saint Jean. Une procréation éternelle, comme l'appelaient Athanase et d'autres théologiens, lui paraissait inimaginable et il proclamait le Logos dans sa préexistence comme n'ayant très certainement pas été engendré (il était en cela en contradiction avec le sens littéral du symbole de Nicée). C'est pourquoi, ajoutait-il, le Logos dans sa préexistence ne peut être appelé fils\ mais fils de Dieu et le Logos, '476] lié à la nature humaine, a été seul engendré. De même le Logos éternel ne peut être appelé Timagc de Dieu, car l'image n'est qu'une représentation de ce qui existe, et, par conséquent, ne représente que celui qui est devenu homme étant né d'une vierge, (le sujet est également ici le Logos), Quand donc Marcel emploie en parlant du Logos les termes ouva(jL£t et ivepY^ia, il attribue au Logos par cette dernière expression (ev èvep^eta sTvat) une puissance agissante et créatrice du monde, la èvep^sta âpauTty,*»^, mais tandis que le Logos envisagé de la sorte émane en quelque sorte de Dieu, et agit en dehors de lui, Dieu n'est cependant pas «aoyoç, et le Logos demeure en tout en union avec Dieu en tant qu'il est ^ùva\fA<;^ c'est-à-dire en tant qu'il est la puissance se reposant en Dieu dont il représente la faculté d'agir, laquelle opère comme une hip^eios. §pa<7- TaYj. Le Logos est en même temps une puissance se reposant en Dieu et agissant en dehors de lui, il est dans Dieu et à coté de Dieu {izpo(; îbv 0£ov). Marcel paraît donc séparer le Logos en deux : celui qui demeure en Dieu et celui qui émane de Dieu, lequel doit alors retourner à lui-même à la fin du monde en tant qu'il est demeuré en Dieu. Il établit une rupture dans les natures de Jésus-Christ : l'une s'est abaissée jusqu'à s'unir à l'humanité, tandis que l'autre a continué de posséder la vie absolue *. On voit que cette doctrine diffère certainement du sabellianisme, et d'ailleurs Marcel se déclare très explicitement contraire aux doctrines de Sabellius, quoique ses adversaires et en particulier Eusèbe de Césarée prétendent que sa doctrine a des analogies avec le sabellianisme ^,