‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 30 sur 403 · Zahn, op. cit. y p · texte numérisé non relu

Zahn, op. cit. y p

2. Id.y p. 215, compare la doctrine de Marcel à celle de Sabellius.

CONCILES — Il — 43

Les évêques réunis à Constantinople portèrent contre la doctrine de Marcel une autre accusation, qui, au premier abord, paraît en con* tradiction avec la première. Au rapport de Socrate ^ et de Sozomène 2, ils accusèrent Marcel de partager les erreurs de Paul de Samosate ; et, en y regardant de près, on constate que Tévêque d'Ancyre donnait quelque prise à ces attaques. Paul de Saraosate partait de principes différents de ceux de Marcel, mais Marcel arrivait de son côté à dénaturer la vraie notion du Dieu fait homme ainsi qu'on vient L^'j de le voir dans l'exposé qui précède.

Athanase vaincu, on songea à réintégrer solennellement Arius dans la communion ecclésiastique, et l'hérésiarque s'était rendu dans ce but à Alexandrie après le concile de Jérusalem ^. La vacance du siège d'Alexandrie lui donnait peut-être l'espoir de l'occuper, mais les alexandrins attachés à saint Athanase et exaspérés de sa déposition se soulevèrent. L'empereur manda Arius à Constantinople, Socrate suppose que c'était avec l'intention de lui demander compte de son retour à Alexandrie * ; peut-être n'était-ce qu'une ruse pour obtenir à Constantinople la réintégration trop difficile à Alexandrie. L'évêque de Constantinople, Alexandre, se montrant hostile, on recourut à l'empereur à qui Arius fut de nouveau présenté. Constantin l'interrogea encore sur sa foi, et lui fit signer une nouvelle formule orthodoxe. Athanase dans sa lettre De morte Arii ad Serapionem ^, nous raconte ce qui suit : Arius jura à Tempereur que la

1. Socrate, Hist. eccles,., \, I, c. xxxvii, P. C, t. ixvii, col. 173.

2. Sozomène, Hist, eccles , 1. Il, c. xxxii, P. Ö., t. lxvii, col. 1025.

3. Socrate, loc. cit>, Sozomène, op. cit, ; 1. Il, c. xxix, P. G., t. lxvii, col. 1017. Nous avons admis l'exil d'Atbanase, le 5 février 336. Le concile de Constantinople siégeait alors. Il semble que les intrigues contre Athanase et la condamnation doctrinale de Marcel ne puissent guère suffire à remplir des sessions pendant plusieurs mois, à moins qu'on admette qu*elles étaient largement espacées. Nous sommes très mal renseignés sur ce concile de Constantinople. Les eusébieus y avaient envoyé quelques meneurs de leur parti, parmi lesquels les deux Eusèbe, Théognis, Maris, Patrophile, Ursace et Valens. Tillemont nous paraît s'aventurer plus qu'à l'ordinaire quand il parle d'un « grand concile, composé de diverses provinces de l'Orient, du Pont, de la Cappadoce, de l'Asie, de la Phrygie, de la Bithynie, et encore de la Thrace et des pays plus occidentaux ». Cette énumération donnerait l'impression d'un concile général ; il faut reconnaître que les noms des évéques présents ne favorisent guère cette opinion. Aux noms qui ont été cités il faut ajouter ceux de Protogène de Sardique, de Placille d'Anlioche et de l'évêque de Syracuse ; encore ne sont-ils pas tout à fait certains. (H. L.)

4. Socrate, Hist. eccles, ^ 1. I, c. xxxvii, P. G., t. lxvii, col. 173.

5. Saint Athanase, Epist, ad episc. JEgypti et Libym, c. xix^P, G., t. xxv,

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doctrine pour laquelle il avait été dix ans auparavant retranché de la communion par Alexandre, évêque d'Alexandrie, n'était réellement passa doctrine. En le congédiant, Constantin lui dit : « Si ta foi est orthodoxe, tu as eu raison de jurer; si elle est impie, que [478] Dieu te juge à cause de tes serments ^. » A la suite de cette entrevue, Constantin, poussé parles eusébiens, donna à Tévêque de Constantinople Tordre de recevoir Arius à la communion de l'Eglise ; et, de leur côté, les eusébiens menacèrent Alexandre de la déposition et de Texil s'il ne s'inclinait devant la volonté impériale, et ils lui déclarèrent que le lendemain (ce jour-là était en effet un samedi) ils célébreraient, et malgré lui si c'était nécessaire, le service divin en recevant Arius à la communion ecclésiastique. Dans ce péril Alexandre se rendit dans Téglise d'Irène, et là s'adressant à Dieu : « Prenez ma vie, disait-il, avant qu'Arius entre dans le temple ; ou si vous voulez avoir pitié de \otre Eglise, empêchez ce scandale, pour que l'hérésie n'entre pas avec Arius dans l'Église. » Quelques heures après, le soir de ce même samedi ^, Arius traversa la ville ayant à sa suite un grand cortège. Arrivé près du Forum de

col. 580, a inséré une relation de la mort d'Arius, Cet écrit date de 356 ; il y est revenu dans la lettre à Sérapîon, écrite en 358, et composée d'après la relation du prêtre Macaire, présent à Constantinople lors de révénement. P. C, t. XXV, col. 685-690. (H. L.) î. S, Athauase, De morte Arii, c. ii, P, G. y t. xxv, col. 685, 2. S. Alhanase. Epist. ad épis c j^g^pti et Libyœ, c. xix. Cette mort d^Arius. on va le voir, devint le thème préféré des écrivains qui voulaient y découvrir un châtiment providentiel. La coïncidence était indéniable et frappante; quant au châtiaient providentiel, il fut rarement mieux mérité à coup sûr, maïs cette raison de convenance n'est pas une preuve. Saint Atlianase a dû faire usage d'un mémoire du prêtre Macaire, mais comme il s'est écoulé 19 ^t 21 ans entre l'événement et^es deux relations qu'il en a données, on ne peut se tenir d'observer que c'est un laps de temps bien long et qui favorise l'imagination aux dépens de la vérité toute nue des faits. Les récits mis à profit par Rufin et Socrate ne sont pas à l'abri du doute ainsi les circonstances historiques très précises laissent quelque incertitude sur les conditions médicales. P'après V. Duruy, Histoire des Romains^ în-8, Paris, 1885, t. vn, p. 195, « aujourd'hui un apprenti médecin trouverait la cause physiologique » de cette fin soudaine. Nous gardons quelque doute à ce sujet. Les textes d'Athanase, de Rufin et de Socrate demeurent obscurs. Les seules opinions discutables sont, paraît-il, les suivantes : Arius aurait été affligé d'une hernie très grave, ou oiea il aurait été saisi d'une colique néphrétique ; enfin nous avons tout récemment entendu soutenir que le mal mystérieux était une crise extrêmement violente d'appendicite. Tout ce qu'on peut faire, croyons-nous, est d'indiquer sans prendre parti. (H. L.)

Constantin, un besoin naturel le força à s'écarter, et il mourut subitement d'une rupture dans les intestins, en 336 ^. Beaucoup regardèrent cette mort comme une punition de Dieu ^ . et Constantin inclina à croire qu'Arius avait réellement été un hérétique, qu'il s'était parjuré et qu'il en avait été puni par une telle fin ^ ; d'après Socrate *, Constantin aurait même vu dans la mort d'Arius une confirmation de la foi de Nicée. Le spectacle d'une telle mort fit, ajoute saint Athanase, que beaucoup d^ariens se convertirent, d'autres cherchèrent à faire croire qu'Arius était mort par les sortilèges de ses ennemis, d'autres enfin que c'était la joie de son triomphe qui l'avait tué ^. Le lieu où mourut l'hérésiarque fut longtemps tenu 1 pour maudit jusqu'à ce qu'enfin un riche arien l'acheta et y fit bâtir pj une nouvelle maison ^. '

Pendant l'exil d' Athanase à Trêves, les fidèles d'Alexandrie faisaient des prières publiques pour obtenir son retour, et le célèbre

1. S. Athanase, De morte Arii, P. G,, 1. xxv, col. 685-690 ; Socrate, ITist, eccLes., 1. I, c. xxxvii, xxxviii, P. G. y t. lxvii, col. 173 sq. ; Sozoroène, Hist, eccles., 1. II, c. xxix, xxx, P, G.j t, lxvii, col 1017 sq. ; Tliéodoret, Hist. eccles , 1. I, c. XIII, jP. g., t. Lxxxii, col. 949.

2. S. Athanase, De morte Arii, c. iv, P. G , i, xxv, col. 690.

3. S. Athan.ise, Epist. ad episc. JEgypti et Lihyœ, c. xi\, P, G,, t. xxv, Oui. 580 ; Ilistoria arianorum ad inonachos, c. li, P. G,, t. xxv, col. 754.

4. Socrate, flist. eccles.^ 1. I. c. xxxviii, P. G., t. lxvii, col. 177.

5. S. Athanase De morte Arii, c. iv, P. G., t. xxv, col. 690 ; Sozomène, Hist, eccles. y 1, II, c. xxix, P. G y t, lxvii, col. 1020.

6. Sozomène, lac. clt.y Socrate, loc, cit.y [J. F. Buddeus, De Arii morte , dans Observ, sélect, llUer.y 1705, t. xi, p. 181-190 ; Ph. L. Haimecken, Epitomehistonse am anse, in qua vita^ mores et mors A ni traditur, in- 8, Giessae, 1660 ; C, Janning, Dissertaiio de an no quo Arius hœresiarchay quo s. Alexander épis* copus ConsiantinopoL ohietint, dans Acta sanct., 1715, juin, t. vr, p. 71-84; G. N. Ockellu, Dissertatio de Ario misera abrepta fato/iu-^, Rostochii, 1708; J. Wucherer, Prolusio de Arii morte misera^ in-4, lenae, 1730 ; A. Grève, Athanasius de morte Arii referens^ in-4, Halae, 1722. Sozomène et Théodoret n'ont fait que citer Athanase. Rufm et Socrate ont fait usage d'une source non identique. Au ive siècle on rencontre de fréquentes allusions à la mort tragique d*Arius. S. Épiphane, liserés.^ lxviii, 6, -P. G., t. xlii, col. 194; Faustîn et Marcellin, Libellus precum, '^, P. L., t. xiii, col. 85; S. Ambroise, De fide, 1. I, c. XIX, P. L.y t. XVI, col 557 ; S. Grégoire de Nazianze, Orat,, xxv, 8, P. G,, t. XXXV, col. 1210. Arius mourut avant saint Alexandre, quoi qu'en disent Valois, notes à Socrate, 1. H, c. i, ii, P. ^.,1. lxvii, col. 1643 sq., et Seeck, Untersuchungen, p. 29-31. On trouvera une discussion excellente du récit de saint Athanase dans Ch. W. F. Waîch, Entwurf einer vollständigen Historie der Ketzefeien^ 2« p.irtio, p. 500-510. (II. L.)]

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