‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 299 sur 403 · Pontius, Vita Cypriani, c. v · texte numérisé non relu

Pontius, Vita Cypriani, c. v

5. Leur attitude fut presque constamment hargneuse ou franchement hostile. Deux années après son élection, Cyprien parlera de « la malignité et de la perfidie » des hommes « conjurés » pour le poursuivre de leurs traits « empoisonnés » et qui ne cessent pas de tourner contre lui « leurs attaques ^^^^^ machinations sacrilèges avec leurs embûches accoutumées ». JEpist.) xlhï, ♦

6. Pontius, Vita Cypriani, c, v. Un fait identique se produira le jour ou condamnation à mort de Cyprien sera connue en public. Une garde d honn viendra assiéger la maison et ne s'en éloignera plus jusqu'au moment du û p pour le lieu de Texécution.

CHRONOLOGIE DES CONCILBS DE CAKTHAGE lOUl

et ce qu'ils devraient toujours faire, ils brûlent du désir insatiable des rijjgggeâ et ne s'occupent qu'à grossir leurs revenus. Plus de piété chez les pi*étres, plus de foi chez les ministres de Dieu, plus de miséricorde dans les oeuvres, plus de zèle dans les mœurs. Les homme« se teignent Ijbarbe, les femmes se couvrent de fard, on altère l'ouvrage de Dieu en jg peignant les yeux, en donnant aux cheveux une couleur artificielle, poui* tromper les cœurs simples, on fait usage de la ruse et de Tartifice ; pour circonvenir ses frères, on a recours à la fourberie. On épouse des îiifidèleSj on prostitue aux païens les membres du Christ. Non seulement oD jure à tout propos, mais on se parjure ; on n'a que du mépris pour les Supérieurs de l'Eglise, on lance contre le prochain le venin de la médîjaîice, on se hait avec fureur et sans relâche. Beaucoup d'évêques, loin d'être, comme ils le devraient, des guides et des modèles pour les autres, méprisent le divin ministère et se font les agents d'affaires des puissants (iii siècle, ils désertent leur si^'ge, abandonnent leur troupeau et s'en vont, ôrrant de province en province, cherchant où faire leur trafic et réaliser les plus gros bénéfices, leurs frères manquent de tout dans leurs Églises, eux cependant veulent vivre dans l'abondance ; ils emploient les subterfuges et la fraude pour mettre la main sur les terres ; ils recourent U'ueure pour enfler démesurément leur avoir ^.

Ce fut sur une société déprimée à ce point que fondit l'épreuve la plus redoutable, la persécution religieuse. La paix religieuse durait depuis plas de trente-cinq ans lorsque, dans les dernières semaines de Tannée 249 2, l'empereur Dèce publia un édit enjoignant à tous les adeptes da christianisme de sacrifier aux dieux de l'Empire et de renoncer à leur foi par un acte formel d'abjuration. Le refus de se soumettre à ces prescriptions entraînant l'arrestation, la condamnation à mort ou l'exil, avec

t. S. Cypfiea, De lapsls^ c* v, vi ; cf. Epist,^ xi, 1-2, 5 ; lvhi, 2 ; TûBtim,, '111, c. XV, 47 ; Ad Fortunatum, c. ix« On pourrait ajouter bien des li*»it«î,par îx, :1a révolte d'un diacre envers son é\êqae, jE'/?ïsf., m, 1 ; le scandale des ^ler^es consacrées se livrant à la fornication, EpisL^ iv, 1 ; la gloulonneiie no- 'oifedes évêques, Epist,, lxv, 3.

^•J. Greeg, The Decian persécution^ in-8, Lond<yn, 1897» P» 84» a tenté la '•^stittttion du texte de Tédit. L^avènemeal de 0èce est du mois d*octobre 249. •^a rigueur de Tédit peut, au besoin^ expliquer la hâte apportée à sa promul- Sillon. La date 249 pour la promulgation de l'édît est adoptée par ïillemont, *^"i'hist. ecclés,, t. m, p. 308 ; Duchesne, Orig. chrét,^ p. 413 ; Aube, L'Église *^êtat dans la seconde moitié du III« siècle, p. 21 ; A. Audollent, Carthage ^^^ainê, p, 471* Dan» Duchesne, ffist. anc, de VÊglisey t. i, p. 399, on ne ^<^ttve piug jjç jjate ; Aube, op, cit., p, 15, parle de décembre 249 ou Janner 250,

'''4> Hist, des perséc, f . ii, p. 314 ; Goyau, Chronol. de V empire romain, ^•^'5, se rangent à cette dernière date, ainsi que P. Monceaux^ op» cit^f t. ii,

AIM'KNDICK III

confiscation des biens. L'édit de mort (edicta feralia) * fut promulff a Garthage presque aussitôt après Tavoir été à Rome où l'application tarda pas. Une des premières victimes fut le pape Fabien, martyrîs' î 20 janvier 250'-^. ^ ^

Annke 250. — En Afrique. Dès le mois de janvier, l'évéque de Canha avait pris une grave résolution. Il savait que les chefs des Églises étaient particulièrement visés par l'édit ^ et les cris de mort de la foule à so adresse l'avertissaient assez qu'il ne pourrait échapper. H jageaenconsé. quence, et ses conseillers partagèrent sa conviction, que dans la crise violente qui s*ouvrait la conservation de Tévêque importait plus que son martyre. Il quitta Garthage ^et, suivi d'un groupe de clercs et de fidèles 5 il trouva une retraite sûre dans laquelle il ne paraît pas avoir été inquiété 6 et d'où il put continuer à gouverner son Eglise par l'intermédiaire des prêtres demeurés à Garthage.

La nouvelle de Tédit de persécution provoqua chez les fidèles africains une terreur panique. Il s'agissait d'un édit de proscription universelle réglant les formes de procédure à employer afin d'abolir, dans la raesure du possible, la part d*arbitraire qui, dans les persécutions antérieures, était abandonnée aux magistrats. A jour fixe, les citoyens étaient convoqués à l'effet de faire déclaration de leur foi. A Garthage, la cérémonie avait lieu au capitole "^ en présence des magistrats, auqu eis étaient adjoints cinq commissaires choisis parmi les notables de la ville ^. Dans les grandes villes comme dans les moindres localités l'épreuve eut lieu ; on procédait par voie d'appel nominal. Ghaque suspect était tenu de représenter et d'offrir aux dieux une victime ^ ou, si ses moyens ne le lui permettaient

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