‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 301 sur 403 · De lapsisy c. vui · texte numérisé non relu

De lapsisy c. vui

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CHRONOLOGtE DES CONCILES DB CARTHAGE 1093

js de brûler quelques grains d'encens sur un autel et d'y répandre une libation. On remettait alors à Tapostat une formule blasphématoire dans laauelle il reniait le Christ. La cérémonie terminée, un repas réunissait ]p5 malheureux à qui on servait la chair et le vin consacrés aux idoles et (ju on renvoyait ensuite chez eux avec un certificat de soumission à l'édit (Jument légalisé ^, Une telle mise en scène achevait de troubler les fidèles. Une partie s^était enfuie à l'aventure ^, mais ce qu'on savait de leur sort juisérable et la confiscation qui s'abattait sur leurs biens n'étaient pas faits pour pousser la foule à les suivre. Le niveau des âmes était d'ailleurs si bas que « dès les premiers mots et les premières menaces de l'ennemi, écrit saint Cyprien, un très grand nombre de nos frères trahirent leur foi; ils n'ont point succombé sous les coups de la persécution, ils ont succombé par une chute volontaire » 3, On voit des chefs de famille traîner avec eux leur famille et leurs enfants et les forcer à sacrifier 4. On vit des diacres, des prêtres sacrifier et jusqu'à des évêques apostasier ou conduire eux-mêmes leur communauté devant l'autel des dieux 5. D'autres, retenus par la honte, profitant de la connivence de la police, obtinrent de quelque fonctionnaire subalterne un Ubellits ou certificat de sacrifice. De là deux sortes de lapsi ou renégats : les sacrificati c'est-à-dire ceux qui avaient réellement sacrifié, et les hbellatici qui avaient obtenu par un moyen quelconque un certificat ^. Le nombre des lapsi de ces diverses catégories fut immense '^ et Novatien dira en parlant d'eux : Aspice totum orbem pêne vastatum et uhi'que jacere dejectorum reliquias et ruinas ^.

L'Église d'Afrique ne compta pas que des (ugitifs et des renégats ; elle eut ses martyrs. Quoique nous ne possédions pas de relations proprement dites pour la persécution de Dèce en Afrique, nous trouvons dans les lettres du temps d'utiles indications. La lettre du confesseur carthaginois Lucianus à son ami Gélerinus ^ et cinq ou six lettres adressées par saint Cyprien soit aux confesseurs^^, soit au clergé de Garthage*^!, nous apprennent que, dès le début de lapersécution, beaucoup de chrétiens furent

1. P«nrmi les papyrus égyptiens déroulés dans ces dernières années on a rencontré plusieurs de ces certificats ; on en trouvera la bibliographie dans II. Wercq, V Afrique chrétienne^ t. i, p. 176, note 3.

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