‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 312 sur 403 · Epist., LIX · texte numérisé non relu

Epist., LIX

évêques africains virent débarquer à Garthage les députés de Novatien de Corneille et, avant de prendre aucune résolution, ils envoyèrent de Africains, Galdonius et Portunatus, faire à Rome une enquête. La situatio était peu claire. Une protestation contre l'élection de Corneille était nar^ venue à Carthage en même temps que la notification de son élection. ÊîIa était rédigée probablement au nom de Novatien ^. C'est la première phase de la compétition à laquelle correspond une première ambassade et l'envoi de la députation de Caldonius et Fortunatus. Pendant ces délais le parti de Novatus procède à l'élection de Novatien ^. A cette nouvelle et sur les renseignements venus de Rome, Cyprien et le concile reconnaissent officiellement Corneille. Ils avaient de bonnes raisons pour se défier de Novatus, le répondant de Novatien ; mais Novatien lui-même était récemment encore le représentant autorisé du clergé romain, l'auteur des belles lettres sur les lapsi envoyées aux églises du monde entier 3. Mais enfin leur conviction était faite ; le témoignage de Pompéius et de Stéphanus, émissaires de Corneille, ne laissait aucune place au doute. Les partisans de Tanti-pape se livrèrent dans l'enceinte même du concile à des cris et des violences dont personne ne s'émut *. On déclara la légitimité de l'élection de Corneille sur le siège de Rome et on lui adressa une lettre collective pour le reconnaître comme tel ^ ; Novatien et ses partisans furent excommuniés 6. Les décisions du concile furent transmises au pape Corneille '^ qui parlagait, au sujet des lapsi, les opinions de la majorité du clergé africain. Cependant il gardait quelque amertume à cause des délais apportés à Carthage dans la reconnaissance de son élection ^ et ne se hâtait pas d'agir de concert avec Tévêque Cyprien. Toutefois il en reconnaissait la nécessité, il se décida donc à convoquer de son côté un grand concile de tous les évêques d'Italie dans l'automne de Tannée 251 ; les décisions du concile de Carthage furent approuvées et adoptées s.

De ce concile de Carthage il ne nous est rien resté, mais nous savons qu'on y avait rédigé plusieurs pièces importantes : 1<> une lettre circulaire à tous les évêques d'Afrique portant reconnaissance officielle de la validité de l'élection de Corneille ; 2° une lettre au pape Corneille l'informant de la solution adoptée par le concile relativement aux lapsi ; 3» avis au même pape de la sentence d'excommunication lancée contre Félicissimus et les

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