‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 334 sur 403 · Bar-Hébraeus, Chron. écoles,, part. 2, p · texte numérisé non relu

Bar-Hébraeus, Chron. écoles,, part. 2, p

8. Acta Mills y dans Assemani^ Acta sanct. martyr, y t. 1, p 7^.

UN CONCILE TENU A SELEUCIE-CTESIPHON

Jain pour le droit ecclésiastique 1. Après que lopposition se fut assurée Je ses partisans, elle provoqua la convocation d'un synode dans lequel elle possédait la majorité. La réunion fut signalée par une scène dramatique dont il nous est parvenu un double récit dans deux documents du Y« siècle : les Actes du synode de Dadiso 2 et les Actes de saint Miles 3. j^ous les donnons ici ^.

Synode de Dadiso.

De ces rebelles les uns s'étaient faits accusateurs, les autres témoins ; et Mar Miles avec les vertueux évéques comme lui reçut les témoignages de ces rebelles en qualité de juges. Alors qu'ils n'avaient pas le droit de se faire juges, ils prononcèrent la déposition et la destitution de Mar Papa. Mar Papa, voyant que la justice s'en était allée de cette assemblée... et apercevant rÉvangile placé au milieu, alors qu'il n'y avait point de juste discussion entre lui et l'assemblée, s'irrita dans une grande colère et frappa l'Evangile en lui disant : « Parle, parle, Evangile ! Quoi ! tu es placé comme un juge au milieu, tu vois que la vérité s'est éloignée des évêques honnêtes, aussi bien que des pervertis, et tu ne cries pas vengeance pour la justice ! » Mais comme il ne s'était pas approché de TEvangile avec crainte et respect et n'avait pas placé la main dessus coname un homme qui cherche du secours, Mar Papa fut sur-le-champ

Actes de .S\ Mlles.

Il descendit [Miles] au Beit Aramayé. Il y rencontra une grande discorde au sujet de l'évêque de Séleucie-Ctésiphon, qui s^appelait Papa, fils d'Agga'i. Il vit qu'il dédaignait les évêques des provinces qui s'étaient réunis là pour le juger et qu'il méprisait les prêtres et les diacres de sa ville. Connaissant l'orgueil de Thonime et sa chute loin de Dieu, il se leva au milieu d'eux ; il lui dit : «. Pourquoi osestu t'élever au-dessus de tes pères et de tes membres {z:r. collègues) et les envies-tu vainement et sans cause, comme un homme sans Dieu ? N'estil pas écrit : « Celui qui est votre chef « doit être votre esclave ? » Papa lui dit : « Non, c'est toi qui vas m'apprendre ces choses ? Gomme si je les ignorais ! » Alors Miles tira l'Evangile de sa besace et le plaça devant lui sur un coussin, et lui dit : ce Si tu ne veux pas être instruit par moi qui ne suis qu'un homme, sois jugé par l'Évangile du Seigneur que j'ai placé devant tes yeux

1. Maris, Amri et Slibœ, De patfiurchis Nestonanoruni comment ar if i^ Maris ^^^tiis arabicas et verslo latina^ Komae, 1899, p. 7.

2. Synodicon orientale, dans les Notices et extraits de 'i mss.^ t. xxxvii, p. 220. ^- E. Assemani, Acta sanct. martyr, ^ t. i, p. 72; Bedjan, Acta sanctortim et

^artyrum, in-8, Leipzig, 1890, t. ii, p. 266 sq. *• J. Labourt, op, cit., p. 22, 23 : « Ces deux versions ue sont ni l'une ni ^ütre originales. Mais elles dépendent d'une tradition commune qu'il n'y a N lieu de suspecter. » La violence de la colère du vieux catliolieos détermine ^ "ûe attaque de paralysie.

frappé de châtiment dans son corps.

extérieurs, puisque tu ne vois u son ordre caché par l'oeil de conscience. » Papa, saisi dun violente colère, lève sa main dan sa fureur, et en frappe l'Évangile en disant: « Parle, Évangile, par.

le ! » Saint Miles fut ému ; il courut prendre l'Évangile, il le baisa et le mit sur ses yeux. Puis, élevant la voix, de façon à être entendu de toute l'assistance, il dit: « Puisque dans ta superbe, tu as osé attenter aux paroles vivantes de Notre- Seigneur, son ange va venir te frapper sur ton côté et le dessécher et la crainte et la terreur envahiront beaucoup d'hommes. Tu ne mourras pas sur-le-champ, mais tu resteras comme signe et prodige. »

Aussitôt il (lange) descendit du ciel comme la foudre ; il le frappa et dessécha son côté. Il (Papa) tomba sur son côté avec une douleur indicible et [y demeura] pendant douze années.

L'incident tragique qui terrassait le vieil évêque devant ses juges improvisés eut-il pour effet de dissoudre leur réunion et d'adoucir leurs résotions ; on ne peut le dire avec certitude. Bar-Hébraeus rapporte une tradition diaprés laquelle Papa aurait été épargné. Les évêques considérant que la paralysie constituait un châtiment suffisant — peut-être aussi le réduisait-elle à l'inaction — estimèrent qu'il n'y avait plus lieu à prononcer la déposition i. Toutefois il paraît plus probable que la rancune des prélats ne fut pas apaisée, que la déposition de Papa fut prononcée et que l'archidiacre (!) Simon bar Sabba fut consacré à sa place.

Mar Papa ne se tint pas pour battu. Lui-même ou bien ses partisans recoururent aux « Pères occidentaux ». Ici encore tout demeure obscur. Fut-ce par une dépulation ou par un mémoire que le catholicos dépose n appel de l'iniquité dont il était victime ? Nous l'ignorons ^. La réponse faite par les évêques aurait pu nous instruire en quelque façon, mais cet réponse ne nous est pas parvenue 3. Quoi qu'il en soit, nous savons q

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