‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 38 sur 403 · BAPTÊME J5T MORT DE CONSTANTIN · texte numérisé non relu

BAPTÊME J5T MORT DE CONSTANTIN

nous amènent à Tété ou à Fautomne 338 ^. L'avant-propos des lettres 4841 festales de saint Athanase nous fournit des dates plus précises : il f4S61 place au 10 athyr (6 novembre) 336 l'arrivée de saint Athanase dans les Gaules, et au 26 athyr (23 novembre) 338 son départ pour Alexandrie. La dixième et la onzième lettres festales confirment ces données ; la dixième, écrite à Toccasion de la Pâque de 338, laisse voir Févèque encore éloigné de son troupeau, mais ayan,t l'espoir de le rejoindre bientôt ; l'autre écrite pour la Pâque de 339, prouve que saint Athanase est depuis quelque temps à Alexandrie. Resterait à résoudre une difficulté de chronologie amenée par la date de la lettre donnée par Constantin le jeune à saint Athanase et destinée aux Alexandrins 2.

Le voyage de retour d'Athanase se fit à travers la Pannonie ; à Viminacium, en Mésie, pendant l'automne de l'année 337, l'évéque obtint une audience de l'empereur Constance ^ ; à Constantinople, il vit l'évéque Paul à peine rentré de Pexil et qui déjà, et en présence même d'Athanase, était incriminé de nouveau principalement par Macédonius, quoique en vain *. Plus tard ^ Athanase en appela à l'empereur Constance lui-même ^, pour prouver que, au cours de cette entrevue, il n'avait pas dit un seul mot contre ses ennemis et en particulier contre les eusébiens. Cette modération d'Athanase triompha peut-être des préventions de l'empereur.

1. Larsow, Die Festalbriefe des heil. Athanasiusy p. 28, n. vin ; p. 29, n. x, p. 104-106, 108, 112, 144 sq.

2. Saint Athanase, Afjologia contra arianoSj c. lxxxvii, P, G,, t. xxvr, coî. 405 ; Théodoret, Ilist, eccles,, l. II, c. h,/*. C, t. lxxii, col. 992 ; Socrale, Ilist, eccles,, 1. Il, c. m, P. G., l. lxvii, col. 189 ; Sozomène, Ilist. eccles,, 1 III, c. II, P, G.t t. LXVII, col. 1036. [Nous omettons mie longue discussion de l'auteur ayant pour objet d'expliquer la date de la lettre de Constantin le jeune, 17 juin 337, et la série de difficultés qni n'existent plus en réalité depuis que la chronologie de ces événeuients a été rétablie comme nous venons de le faire dans la note 5 de la page précédente. (H L.)]

3. S. Athanase, Apologia ad Constantium, n. v, P. G , t. xxv, col. 601.

4. S. Athanase, Ilistoria arianor. ad monackos, c. vu, P, G , t. xxv, col. 704; [Sievers, Einleitung, p. 101; Gwatkin, Studies, 1882, p. 138. (H. L )]

0. Hefele mentionne ici l'expédition de Constance sur la frontière de Perse

et dit qu 'Athanase suivit l'empereur et se sépara de lui à Césarée de

^appadoce pour se diriger vers Alexandrie Toutes ces combinaisons n'ont

d autre but que de remplir à tout prix l'intervalle juin 337, novembre 338.

suffira de racntîonnor ici la suppression de ce passage. (H L.)

Ö. S. Athana&e, Apologia ad Constantium^ c. v, P. ^., I. xxv, col. 601.

686 LIVRE m, CHAPITRE I

Plusieurs savants placent à cette époque une nouvelle entrevue d'Athanase avec Constance, à Antioche en Syrie*. Nous croyons qu'elle n'a eu lieu qu'après le concile de Sardique.

Il nous reste à concilier les données que nous avons sur le retour de saint Athanase. Comment Constantin II séjournant à Trêves, etavant l'entrevue de Pannonie, a-t-il pu donner k Athanase la lettre destinée aux Alexandrins ? Nous répondons que Trêves faisant partie de la part d'héritage de Constantin II, celui-ci pouvait gracier l'évêque d'Alexandrie. La lettre impériale ayant pour but de faire cesser l'exil à Trêves, il était dans l'ordre qu'elle fût donné à Trêves même et avant le départ de l'empereur pour la Pannonie avec saint Athanase ; celui-ci ne devait pas l'y suivre comme un exilé mais comme un homme libre 2. En outre, il pouvait être opportun défaire savoir aux Alexandrins, dès le 17 juin, que l'exil d'Athanase avait pris fin, car l'empereur amenant avec lui Athanase dans la Pannonie, les chrétiens d'Alexandrie, fidèles à l'illustre exilé, auraient pu concevoir des appréhensions au sujet de ce voyage et soulever des troubles dans l'Egypte ^, Aussi Constantin a-t-il soin de dire dans cette lettre ce qu'il a fait pour Athanase, et d'en faire entrevoir aux Alexandrins le prochain retour \

Les manœuvres entreprises pour faire échouer ce projet n'eurent aucun succès. Avant que les eusébiens eussent cessé leurs intrigues, Athanase rentrait dans sa ville épiscopale le 23 novembre. Il y fut accueilli, dit saint Grégoire de Nazianze ^, au milieu de l'allégresse générale et comme l'empereur en personne eût pu être accueilli *.

1. S. Athanase, Apologia ad Constantiuiriy c. v, P, G., t. xxv, col, 601; nous adoptons aussi cette date. (H. L.)

2. Hefele suppose ici qu*Athanase accompagna Constantin II en Pannonie. C'est possible; en ce cas, muni de la lettre du 17 juin, il aurait quitté Trêves peu de jours après, puisque la rencontre d<»s trois empereurs eut lieu à Sirmium, en juillel-aoùt de la même année ; mais il n'avait pas dû se rendre jusqu'à Sirmium, car c'est là vraisemblablement qu*il eût rencontré Constance et leur entrevue de Viminacium ne paraît pas antérieure à l'automne. (H, L.)

3. L'argument est peu convaincant, c'est le moinsqu'on enpuisse dire. (H L.)

4. Hefele imagine ici une opposition de Constance au retour d'Athanase à Alexandrie afin de gagner l'année 338. Nous omettons ces quelques lignes devenues inexactes. (H. L.)

5. S, Grégoire de Nazianze, Oratio^ xxi, P, 6?., t. xxxv, col. 1081 sq.

6. S. Athanase, Apologia contra arianos, c. vu, P. (?., t. xxv, col. 260.

Page 1