‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 39 sur 403 · LES ARIE]^Ô BEPRENNENT DES FORCES · texte numérisé non relu

LES ARIE]^Ô BEPRENNENT DES FORCES

S3. Les ariens reprennent des forces. Concile de Constantinople

en 338 ou 339,

Rufin *, Socrate 2, Sozoraène ^ et Théodoret * expliquent commeht r4881 les ariens et les eusébiens parvinrent à s'emparer de Tesprit de j Constance, tandis que ses frères restèrent fidèles à la foi de Nicée.

Le prêtre dépositaire du testament de Constantin était Tancien chapelain de Constantia, devenu, après la mort de cette princesse, chapelain de Terapereur sur lequel il eut assez de crédit pour obtenir le retour d'Arius ^. he Liber synodicus Tappelle Eustathe ^; Baronius conjecture que ce prêtre pourrait bien être Acace, qui fut peu après nommé évêque de Gésarée '^. L'affaire du testament mit ce prêtre en rapport intime avec Constance, et lui permit de s^însinuer très avant dans la confiance du nouvel empereur, qui lui donna une place près de sa personne ^. L'arien déguisé gagna à Tarianisme l'impératrice, Teunuque Eusèbe, chambellan du palais et favori tout puissant de l'empereur à qui il persuada que les divisions dont souffrait l'Eglise étaient l'œuvre de ceux qui avaient introduit dans

1. Rufin, Hist, eccles,f 1. I, c. xi, i>. L., t. xxi, col, 482 sq.

2. Socrate, Hist. eccles., h I, c. xxxix ; L II, c. 11, P. G., t, lxvii, coL 177,

3. Sozomène, Hist. eccles,, 1. III, c. i, P, G», t. lxvii, col 1033.

4. Théodoret, ffist. eccles., 1. II, c. m, P. G., t. lxxxii, col. 993.

5. Philostorge, Jïist, écoles., 1, II, c. xvi, P, 6?,, t. lxv, col. 477, donne une explication différente. D'après lui Constantin remit son testament à Eusèbe de Nicomédie. Valois, dans ses notes à Socrate» juge que l'importance du document rend invraisemblable son dépôt entre les mains d'un prêtre (?), tandis que s'il s agit d'un évêque il n'y trouve nulle objection. Mais un chapelain de la cour est un personnage de quelque considération et néanmoins assez modeste par son rang pour que le testament, que Constantin voulait demeurer secret jusqu'à 1 arrivée de Constance, se trouvât en quelque façon caché, tant qu'il était entre «es mains.

6» Mansi, Conc. ampliss. colL, t, 11, col. 1275.

?. Baronius, Annales^ ad ann. 337, n. 9. [Cette imagination est dépourTue d« tout fondement. (H. L.)] ^» Rufin, Hist eccles., 1. I, c. xi, P. Z., t. xxi, col. 482 sq.

le dogme chrétien la doctrine de Vb[f.oo6<yio<; ^. Ces insinuations réus- | sirent à éloigner peu à peu Constance de la foi de Nicée, et les | eusébiens toujours aux aguets, Eusèbe de Nicomédie, Théognis et j d'autres, ne ménagèrent rien pour gagner Tempereur ^. ,

La lutte s'ouvrit par la violence. L'évêque Paul, de Constantinople, i fut déposé par un synode d'eusébiens tenu dans sa ville épiscopale f5j à la fin de Tannée 338, ou au début de Tannée suivante ^, Le malheureux évéque fut mis aux fers et conduit à Singara, en Mésopotamie, et Eusèbe de Nicomédie lui succéda sur le siège de Constantinople. Eusèbe arrivait enfin au terme de son ambition; lui seul, dit saint Athauase *, avait été cause du malheur de Paul, bien intentionné il est vrai, mais peu pratique et manquant de tact ^.

Vers le même temps mourut le prudent ami des ariens Eusèbe de Césarée, l'historien de TÉglise ^; mais les ariens réparèrent prom-

1. Théodore t, Ili.st, eccles.f 1. II, c. ii, P, G., t lxxxii, col. 993,

2. Id,\ Socrale, Ilist, eccles.^ 1 IL c. h, P. <?., t. lxvii, col. 187 ; Sozomène, Ilist, eccles.y I. III, c. i, /*. G., t. lxvii, col. 1033.

3. Tillemont, Mém, p. serv. à Vhist, ecclés , t. vi, p. 30'i. [X. Le Bachelet, dans le Dictionn. de théologie catholique , t. i, col. 1808, dit: au début ou dans la seconde moitié de Tannée 339. (H. L.)]

4. S. Alhanase, Ilist ^ arianor. ad monachos, c. vu, P. C, t. xxv, col. 701 ; Socrate, Htst, eccles.y I. H, c vu, P, G., t. lxvii, col. 193 ; Sozomène, Ilisê, eccles.^ 1. III, c. iv, P. C, t, lxvii, col, 1049; Liber s^nodicus, dans Mansi, Concil. ampliss, coll.., t. ii, col. 1275#

5. Mohier, AthanasUiis der Grosse ^ t. n. p. 50, [Cf. Tillemont, Mémoires pour servir à l'hist, eccles., 1700, t. vu, p. 251-260, 697-702 ; ^c^ß sanct., 1698, juin t. ii, p, 13-24, (3* édit., p. 13-25) ; Dictionary of christ, biograph., t, IV, p. 256. (H. L.)]

6. Nous n'avons rien à dire ici de la valeur d'Eusèbe considéré en tant qu'historien ; c'est sa théologie qui est surtout en question danp celte histoire, et, à ce sujet, on trouvera d'utiles recherches dans S, Dreyling, Eusebianum doc^ trinse salvificae systema, in-4, Lipsiae, 1732; E, Laurent, Eusèbe de Césarée et sa méthode de philosophie traditionnelle, dans les Annales de philos. chrét., 1850, série IV, t. ii, p. 269-292 ; C. D. A. Martini, Eusebii Cœsanensis de di-' vinitate Christi sententia, e jusque tum in placitis Arrianis tum cum fi de Nicœno- Athanasiana comparatis,.. ^psiviic. i, in-4, Rostochii, 1795; J. Ritter, Eusebii Cxsariensis de divinitale Christi placita, m-^y Romae, 1823. Eusèbe est qualifié d'hérétique par Athauase, Épiphane, Jérôme, les Pères du vue siècle, Nicéphore de Consta n tin ople, Photius, Suidas, Zona ras, Caronius, Noël Alexandre, Petau, Scaliger, A. Scultel, G. Arnold, Mosheim, Tillemont, Maran. Eusèbe a beaucoup changé, il n'est plus après Nicée ce qu'il était avant. Un siècle plus tôt il eût pu satisfaire sa tendance vers les idées origénist<»s et fournir une carrière utile et lionorable. Le temps où il vécut était trop chargé de difficultés

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