‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 392 sur 403 · P. G., t. XXXII, col · texte numérisé non relu

P. G., t. XXXII, col

8. Théodoret, Hist, eccles,, 1. V, c. xxni, P. G,, t, lxxxii, col. 1248-1249.

9. Eusèbe, De nta Constantini, 1. ÏII, c. lxi, lxii, P, (?,, t. ix, col. 1135-1137.

Beveridge qui se hâta de conclure que les canons d*Antioche paraphrasaient les canons apostoliques auxquels ils étaient postérieurs. Il y était autorisé d'ailleurs par le canon 9® d'Antioche qui, non content de reproduire les termes mêmes du canon 33 des Apôtres, déclare lui-même qu'il se conforme à un ancien canon des Pères :

Canon apostolique 33.

Tcpàirrecv TreptTTOv avsy ty]c èxstvou yvtDfxriç, èy.eTva Se {/.ova irpocTTeiv ëxa<TTov ö<ra xr\ aO- Tou Tuapocxc« âTTiêàXXei xal xai; Oiï*aOTY|v

Canon d Antioche 5e.

....Tïj TifiYJ Tcpoeyeto-Oat aûiov, {/.riSév xe Tcpàtxetv Tteptxxbv xoyç Xoittouç èirtdxOTToyj; aveu ayxoO xaxocxbv«px*'ovxpaT")^(Tavxa xà)v Tiaxépwv Y)fJLO)V xftvöva, r[ xaOra jjLÔvaoffa xî^ £xà<7xou èTCtoàXXat ïcapoixiaxal xacc UTr'avxYjv x^patç.

« On ne peut dire que le canon d'Antioche dépend d'une source ancienne diflerente des canons des Apôtres sans introduire fort inutilement une nouvelle inconnue dans cette question '^. »

L'opinion de Beveridge a été acceptée par ïlefele ^ et par M. Paul Viollet3.

En 1832, Drey exposa une opinion différente -^j reprise et corrigée depuis par J. W. Bickell, en 1843 5, et par Funk, en 1891 ^. Drey a démontré : l*' que l'Eglise primitive n'a pas fait usage du Codex canonum imaginé par Beveridge ; 2° que l'expression xavtbv àTroo-coXixbç ne désigne en aucune manière une collection de canons apostoliques ; elle se rapporte aux ordonnances des Apôtres qui se lisent dans l'Écriture '^, ou plus simplement à une coutume générale remontant à une antiquité assez lointaine pour être appelée Tépoque apostolique ^.

1. F. Nau, daas le Dictionn. de théoL catkol.f t. n, col, 1608.

2. Histoire des conciles^ trad. Delarc, in- 8, Paris, 1869, t. i, p. 613-615.

3. Précis de l'histoire du droit français^ in- 8, Paris, 1886, p. 34-36.

4. Drey, Neue Untersuchung en ^ über die Konstitutionen und Kanones der Apostel^ in-8, Tubingen, 1832.

5. J, W. Bickell, Geschichte des Kirchenrechts, in- 8, Giessen, 1843.

6. F. X. Funk, Die apostolischen Konstitutionen in-8, Rottenburg, 1891, p. 180-206.

7. Par exemple à ce qu'ils disent sur les droits et les devoirs des évêques,

8. Voici le résumé des conclusions de Drey: Plusieurs des prélendus canons apostoliques sonf, pour le fond, très anciens, et remontent même aux temps apostoliques ; mais U pensée seule est primitive, la rédaction est beaucoup plus récente. On ne peut citer qu'un très petit nombre de canons qui, empruntés aux Constitutions apostoliques, sont réellement plus anciens <[uq le concile de Nicée ; la plupart ont été composés au iv« et même au ve siècle et ne sont guère que des répétitions et des variations d'après les conciles de cette époque, notamment le concile d'Antioche, de 341. Quelques-uns sont même plus récents que le iv* concile œcuménique et ils procèdent des canons de ce concile.

D'après Drey on a fait deux collections de canons apostoliques : la première, contenant 50 canons, vers le milieu du v* siècle, la seconde, contenant 85 canons, au début du vi« siècle. En conséquence, les canons apostoliques sont extraits :

1» Gan. 1, 2, 6, 7, 16, 17, 19, 25, 32, 45, 46, 48, 50-52, 59, 63, 65, 78, des six premiers livres des Constitutions apostoliques,

2« Can. 41-42, de la Didascalie.

30 Gan. 20-23, 79, du concile deNicée.

4<> Gan. 7-15, 27, 30, 32-40, 75, du concile d'Antioche, de 341.

5^ Gan. 44, 70, 71, du concile de Laodicée, de 372.

6^ Gan. 74, du canon 6* du concile de Gonstantinople, de 381.

7° Gan. 26, du concile de Gonstantinople, de 394.

8^ Gan. 28, 66, 72, 80, 82, du concile de Chalcédoine.

9° Gan. 19^ imitation du canon 2* de Néo-Gésarée.

10° Gan. 24, tiré de saint Basile le Grand.

11° Gan. 69, 70, de la lettre apocryphe de saint Ignace aux Philippiens.

12^ Un peu moins du tiers des canons a une origine inconnue.

D'après J. W. Bickell, l'origine des canons apostoliques est plus reculée que ne consent à le dire Drey. Cependant Bickell et Funk ne font que préciser les opinions de Drey et appliquer son principe. Tous trois cherchent dans les conciles de Nicée (325), d*Antîoche (341), de Laodicée (372), de Gonstantinople (394), d'Éphèse(431), de Gonstantinople (448), de Ghalcédoine (451) et dans les Constitutions apostoliques des passages parallèles à certains canons des apôtres. Drey conclut toujours et Bickell et Funk presque toujours que ce sont les canons des Apôtres qui ont plagié les autres textes. Mais tandis que Drey admet l'existence de deux collections, l'une de 50, l'autre de 85 canons, Funk n admet qu'une collection unique dont l'auteur a utilisé les canons promulgués à Nicée et à Antioche et les Constitutions apostoliques. Cependant il n^ admet pas qu'il ait fait usage des conciles de Gonstantinople (394, 448), d*Éphèse et de Chalcédoine. a Le mode de raisonnement employé pour éviter les textes allégués par Beveridge consiste, lorsque les canons des Apôtres ne sont pas nommément désignés, à dire qu'il ne s'agit pas d'eux et que les mots a anciens canons « des Pères », « lois des anciens Pères, » ne peuvent leur être appliqués, et, lorsque les canons des Apôtres ou apostoliques sont nommément désignés, à chercher quelque différence entre le canon des Apôtres visé et Tapplication qui en est faite, puis à dire, vu cette différence, qu'il n'est pas encore question de notre recueil ^. »

La date de la composition du recueil de 84 canons n'a pu être déterminée avec certitude. Cette date dépend de l'interprétation d'une phrase obscure du dernier canon. A la suite de Ténumération des livres de la sainte

1. F. Nau, dans le Diciionn. de tkéoL catkoL, t. 11, col. 1608.

Écriture on mentionne « les ordonnances (ôiaraYai) éditées en huit livres pour vous, évêques, par moi Clément, qui ne doivent pas être divulguées à tous à cause des choses mystiques qu'elles contiennent »» Les érudits étaient loin d être d'accord sur la désignation de ces BtaTayai. On admet aujourd'hui universellement que ce sont les Constitutions apostoliques ^ ou rOctateuque de Clément (canons copto-arabes) comme semblent l'avoir compris tous les anciens, ou enfin quelque ouvrage apocryphe perdu dans le genre du « Livre des feuillets pleins de mystères » 2 qui est divisé parfois en huit livres et que « saint Clément ordonna de cacher au vulgaire » . Il a évidemment trait au passage traduit plus haut du dernier canon des apôtres : «c ou Set ôif)(Ji,o<Jisu£iv èTrl Tràvrwv, ôtà rà àv aôxaïç p.UffTixà.

ce Si les huit livres de Clément, visés par le canon 84, sont les Constitutions apostoliques dont on place en général la rédaction au commencement du V* siècle, nous obtenons ainsi un terminus a quo pour la rédaction actuelle des canons des Apôtres. Le terminus ad quem sera l'époque de la traduction de Denys le Petit (vers 500), si l'on n'admet pas que les derniers canons soient du même auteur que les premiers. Pour M. Funk, les canons des Apôtres datent de la première moitié ou du commencement du V* siècle 3 ; M. Harnack les place aussi au v' siècle et renvoie à M, Funck ^ ; pour M. Lighlfoot ils peuvent être regardés comme un corollaire des Constitutions apostoliques et ils dateraient (avec un point d^ interrogation, il est vrai) du iv* siècle ^ ; pour M. Achelis, Fauteur a voulu, àFaide de ce faux, couvrir le faux des Constitutions apostoliques et les faire figurer à la suite du Nouveau Testament, au commencement du v* siècle ^.

« Les anciens auteurs semblent cependant avoir entendu le canon 84, non pas des huit livres des Constitutions, mais de TOctatenque de Clément, ou même simplement des 126 canons coptes-arabes qui lui sont sans doute

1. Beveridge voulait que ce fût la forme primitive des Constitutions, ou Dû dascalie^ citée par saint Epîphaue ; mais cette Didascalie n'était pas divisée en huit livres.

2. Pans, Biblioth. nationale, fonds arabe, n. 70-76 ; Catalogue des mss, arabes de Parisy in-8, Paris, 1883, p. 18-19. Le manuscrit a été décrit par Harnack, Gesch. d. ait. Literatur y Die Ueherlieferung, p. 779-780. Le texte arabe est une traduction du syriaque. Le commencement de l'ouvrage, attribué à saint Éphrem, a été pubiiépar Cari Bezold, Die Schatzhoehle, trad. allem., Leipzig, 1883, puis par M arg. D. Gib s on, Apocrypha arabica^ version arabe et trad, anglaise, dans Studia sinaitica, London, 1901, t. vin.

3. F. X, Funk, Die apostolischen Konstitutionen, in-8, Rottenburg, 1891, p. 191.

4. Harnack, Geschichte der altchr. Literatur, Die Ueberlieferung, in-8, Leipzig, 1893, p. 775.

5. Lightfoot, S. Clement of Rome, in-8, London, 1890, t. i, p. 101, cf. p. 187, 368.

6. H. Achelis, Apostol, Konst. undKanones, dans Healencjklopädie fur protest. Theol. u. Kirche, 3e éd., t. i, p. 739.

antérieurs. En effet, comme Va dit M. Achelis i, Tauteur du canon 8^. voulait faire figurer les huit livres de Clément à la suite du Nouveau Testa* ment, mais jamais, à notre connaissance, les Constitutions n'ont occupe celte place, tandis que l'Octalenque y figure en syriaque 2. Ludolf écrivai en effet : Illos (les 127 canons copte s- arabe s) Habessini in octo partes dividunt et Bi^angehstarum Apostolorumque script is canonicis tanquam Nouellat quasdam adjungunt quasi ejusdem sint plane aucioritatis et absolutissima ckristianorum Pandeclœ ^. Cet usage et cette division des canons en liuil livres durent provenir de l'Egypte, comme tous les usages et tous les livres ecclésiastiques des Abyssins. Dans leur traduction du canon 84, les Arabes et les Éthiopiens ont traduit « les huit livres des otaToc^sK» par « les huit livres des canons » "*. Enfin, saint Jean Damascène met après T Apocalypse les Kavdveç Twvàytwv 'Aicoo-TOXoiv Sià KXi^iisvto; ^.

« On remarquera d'ailleurs que la partie de ces canons qui a été conservée en grec porte précisémentpour titre : Ac ôtarayat «tôt« KX^fxevToç ß. C'est le même mot (ôiaxaYac) qui est employé dans le canon 84 des Apôtres. Dans cet ordre d'idées on pourrait peut-être éloigner le terminus a quo des canons des Apôtres, en supposant qu'ils ont figuré d'abord (can, 72-127) dans la seconde partie des 126 canons coptes-arabes (et plus tard de l'Octateuque) à la suite du Nouveau Testament, puis qu'ils ont été portés de là, avec plusieurs des canons précédents (can. 21-71), dans les Constitutions apostoliques pour former et continuer leur VIII* livre '^. »

III . Nombre. — Le nombre des canons varie. Il est tantôt de 84, plus souvent de 85. Ces divergences ne tiennent pas à la matière, mais seulement à la division. Ces divisions ont peu d'importance. Il arrive qu'un même manuscrit — Parisinus, Coislin, 211 — cite sous le titre de canon 81 les canons 83-84 de Hardouiii tandis que plus loin il annonce 85 canons et ne numérote en marge que 84 (fol, 53, 60-66). M. Nau signale dans le Parisinus, fonds grec, n, îôii, xvi* siècle, fol, 32-37, quarante- six canons. Rien ne prouve que ce recueil ait une particulière importance, parce que ces canons sont suivis d'extraits des Constitutions apostoliques qui ne sont

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