Novell. VI, dans Justel, op. cit , t. ii, p
3. Justel, op, cit,^ t. II, p. 501. Cf. Bickell, Geschichte des Kirchenrechts, iii-8, Gîessen, 1843, p. 76.
4. E. W. Brooks, Select letters of Severus of Antioch, in-4, London, 1904, t. I 6, Striae text, p. 463-464. Cf. F. Nau, dans la Revue de VOrient chrétien^ juillet, 1904, p 288-291.
5. Hardouin, op. cit., t. i, col. 31-38 ; C. H. Turner, Ecclesix occidentalis monumenta juris antiquissima, in-4, Oxonii, 1899, fasc. 1, p. 8.
6. Drey, Neue Untersuchungen, in- 8, Tubingen, 1832, p. 207 ; Bickell, op. cit,^ p. 85.
Denys le Petit publia, avons-nous dît, deux collections canoniques. Celle qui parut vers l'an 500 contenait les canons apostoliques, alors dans leur nouveauté et dont le récent décret de Gélase n'avait pas eu à s'occuper. En effet, le texte primitif du décret dans les plus anciens manuscrits ne fait aucune mention des canons des Apôtres i. Le pape Hormisdas fît une nouvelle rédaction du décret de Gélase (514-523) et y inséra, parmi un grand nombre d'additions, le livre des Canons apostoliques. Denys, respectueux de la sentence ponlifîcale, supprima en conséquence ce recueil taxé d'apocryphe dans la nouvelle collection canonique qu'il publia et dont nous possédons encore la préface dans laquelle il explique discrètement les modifications apportées à son travail primitif: Quqs non admisitunwersitasy ego quoque in hoc opère prxtermisl 2, La première collection de Denys le Petit continua à jouir en Occident d^une autorité supérieure à celle de la seconde collection ; c'est ce qui explique comment les cinquante canons des apôtres, loin d'être oubliés, passèrent dans des collections canoniques, de rédaction postérieure, notamment celle du pseudo-Isidore. De siècle en siècle on retrouve les canons apostoliques. Hincmar de Reims leur témoigne de la méfiance, tandis qu'en 1054, Ilumbert, légat de Léon IX, s'exprime à leur sujet en ces termes : démentis liber ^ id est itinerarium Pétri apostoli et canones apostolorum numerantur inter apocrypha^ exceptis capitulis quinquaginta quae decreverunt rcguUs orthodoxis adjungenda. Le décret de Gratien contient des emprunts aux 50 canons et c'est ainsi qu'ils obtinrent peu à peu force de loi.
IL Date. — A partir du xvi* siècle on s'accorde, sauf Torrès ^, à reconnaître la non-apostolicité des canons. Les centuriateurs de Magdebourg, Gabriel de TAubespine 4, Pierrede MarcaetBeveridge leur consacrent de longs commentaires. Beveridge s'ingénia dans une démonstration sans issue à démontrer que les canons des Apôtres étaient la première partie d'une collection primitive à laquelle il donnait le titre de Codex canonum &. Cette collection aurait été promulguée en divers lieux et dans divers conciles qu'on
1. Ballerîni, dans S. Leouis Opera^ t. m, p. glviii, n, 3 ; Mansi, Concil. ampliss, coll. y t. viii, col. 170«
2. Letter a delV àbate Giov. Andres al Sig, Ah. Giacomo Morelli, sopra alcuni codici délie bihlioteche capitoL di Novara e di Vercelli, Parmae, 1802, p. 63 ; Biener, De collectionihus canonum Ecclesisß grascsß schediasmate litterario, iii-8, Berolini, 1827, p. lJ-12, Mortreuil, Histoire du droit byzantin, in-8, Paris, 1843, t. i, p. 193 ; Bickell, op. cit. y p. 75 ; Pitra, Juris eccles. grsecor. kist. et monum.y t. i, p. xli.
3. Torrès, mieux connu sous son nom latinisé de Turrianus, Il a défendu aussi l'authenticité des fausses décrétales.
4. Voir Dictionn. d'arch. chrét. et de liturg., t. i, col. 31 40.
5. Cette opinion est d'autant plus fantaisiste que la plus lointaine attestation explicite dont pussent se réclamer les canons apostoliques était la traduction de Denys le Petit, vers l'an 500.
ne pouvait autrement préciser, mais il fallait, pour les besoins de la cause, qu'elle se trouvât constituée dès la fin du ii* siècle ou le début du siècle suivant ^» Le procédé de Beveridge est des plus simples et des moins convaincants. Il cherche, et découvre sans trop de peine, dans les conciles et les anciens écrivains chrétiens les mentions de « canons apostoliques » ou de « canons des Pères », relatives à des matières contenues dans les canons des apôtres ^. Il en conclut qu'il s'agit du recueil, sinon tel que nous le possédons aujourd'hui, du moins de la collection primitive ou Codex cano" num qui, de proche en proche, a formé les 84 (ou 85) canons. Voici comment procède Beveridge, Il lit dans les actes du concile d'Ephèse (431) l'accusation portée par les évêques de Chypre contre le clergé d'Antioche de vouloir usurper le droit de faire des ordinations dans leur île 3. Il y découvre aussitôt une allusion aux canons 33 et 34 des Apôtres en même temps qu'au 6^ canon de Nicée. Dans le concile tenu à Gonstantinople, en 394, Beveridge découvre une attestation du 73* canon des Apôtres ^. Parcourant tous les documents il multiplie les trouvailles. Le canon 49* du Codex canonum de l'Eglise d'Afrique ^^ la lettre synodale du concile de Gonstantinople, en 382 6, les canons 3^ et 12® de la lettre de Basile à Amphiloque ', enfin l'histoiûen Théodoret ^, sont mis à contribution. Le canon apostolique 13 se rencontre dans Eusèbe 9, et Beveridge poursuit son enquête, jamais infructueuse, dans les ouvrages de Gyprien, d'Origène et de TertuUien. Enfin, il relève des indices d'anciens canons et règlements dans les canons 1*', 2*, 5*, 15* de Nicée. Nous avons eu occasion en étudiant le concile d'Antioche, tenu en 341, de signaler plusieurs rapprochements entre les canons qu'il promulgua et les canons apostoliques. Dixsept ou dix-neuf sur vingt-cinq canons sont apparentés littéralement à lutant de canons des Apôtres. Cette parenté ne pouvait manquer de frapper
1. G. Beveridge, Synodicon, sive Pandectae canonum SS, apostoloram et conciliorum ab Ecclesia grseca receptorum, in- fol,, O^conii, 1672, cf. Gulielmi Beverigii annotationes . Un érudit calviniste avait émis l'opinion que les canons étaient Touvrage d'un écrivain du ve ou même du viô siècle ; Beveridge le réfuta de telle façon que pendant un siècle et demi on admit couramment ses conclusions»
2. Bickell, op. cit,, p, 82, a groupé de nouveau toutes les citations empruntées aux auteurs et conciles anciens.
3. Hardouin, ColL conciL, t. i, col. 1617 : Vi cogère voluerunt et subjicere sibi sanctos episcopos insulse contra apostolicos canones et definitiones sanctissimse nicsensß synodL