CONCILE d'albxandrie EN
termina par la mort de Constantin le jeune, arrivée au commencement d'avril 340 i.
Une grande partie de la population d'Alexandrie refusa de communiquer avec rîntrus Grégoire et renonça aux secours spirituels administrés par les ariens. Beaucoup demeurèrent sans baptême, d'autres, malades, sans prêtre ; car il était interdit aux orthodoxes d'exercer leurs fonctions.
Grégoire ^et le préfet Philagrius étendirent plus tard ce système à l'Egypte entière afin de contraindre tous les évêques à reconnaître le nouveau patriarche. Le vieil évêque Sarapammon fut envoyé en exil pour refus de communication avec l'intrus. Le vénérable martyr Potammon, qui avait perdu un œil dans une persécution contre les chrétiens, fut flagellé avec une telle barbarie qu'on le laissa pour mort, il expira quelque temps après des suites de ce 498] mauvais traitement, La lettre du pape Jules aux eusébiens ^ nous apprend qu'un nombre infini de moines^ d'évêques et de vierges furent fustigés ou maltraités de différentes façons. On refusa la sépulture à une tante d'Athanase, et saint Antoine ayant plaidé la cause des persécutés, dans une lettre écrite au duc Balacius, on lui fit savoir avec
1. Et l'année précédente n'offre plus de coïBcidence fortuite, mais invite par là même à chercher la raison politique profonde d'une conduite si différente chez Constantin II et Constant d'une part et Constance d'autre part. Constantin le Grand avait lait rédiger à Nicée un formulaire Ihéologique qui devait être entre ses mains une ordonnance de police à l'usage du clergé et du peuple chrétien tout entier. Mais les orthodoxes, et parmi eux les intransigeants du type d'Athanase, ne lui avaient pas laissé longtemps Villusion de gouverner la conscience chrétienne, tandis que les ariens lui avaient témoigné une docilité à toute épreuve. Sous les fils de Constantin la situation changea bout pour bout. Les orthodoxes répandus en très grande majorité dans les états de Constantin II et Constant suivaient le formulaire de Nicce et ne revendiquaient nullement l'indépendance chrétienne que res princes respectaient, tandis que dans les états de Constance les ariens, qui pullulaient littéralement, devenaient de plus en plus turbulents dans leurs conflits avec les catholiques. Sûrement et persévéramineut l'influence orthodoxe étendait dans les conciles l'influence romaine et occidentale. Dès lors Constance et ses successeurs orientaux seront tout préparés à frapper les orthodoxes qui représentent l'influence étrangère et à favoriser les ariens qui se dérobent à l'influence romaine et semblent un parti national. Ainsi Constance était partisan en Orient des ariens parce que ses frères en Occident Pétaient de l'orthodoxie. (H. L.)
2. S. Äthan ase, Epist. encycl. ad episc^ c. Vy P. G., t. xxv, col. 548.
3. S. Athanase^ Apologia contra arianosy c. xxiii, P, (?., t. xxv, col. 285,
698 LIVRE Ulf CHAPITRE I
des railleries accompagnées de menaces de se tenir tranquille *, Athanase arriva à Rome après la Pâque de l'année 339 2. Le pape Jules envoya aussitôt à Antioche deux prêtres, Elpidius et Philoxène, chargés d'inviter les eusébiens au concile provoqué par leurs soUi^ citations ^ et fixé à Rome vers la fin de Tannée [339] '*.
A la nouvelle de l'arrivée à Rome d'Athanase, les eusébiens multiplièrent les délais, différèrent leur réponse pendant plusieurs mois et retinrent les envoyés du pape [jusqu'au début de Tannée 340] ^. Ils leur remirent alors une lettre assez impertinente ^ qui peut se résumer ainsi :
a) C'est ravaler Tautorité des conciles que de revenir sur la déposition d'Athanase prononcée par un concile (Tyr, 335) '.
b) Le terme fixé par le pape pour la tenue du concile est beaucoup trop rapproché, et la situation créée en Orient par la guerre avec les Perses ne permet pas d'entreprendre le voyage de Rome ^.
c) L'importance d'une cité n'ajoute rien aux prérogatives de son évéque qui n'a droit qu'aux mêmes honneurs que tous ; le pape Jules n'a sur eux aucune prééminence ^.
d) Jules aurait dû adresser des lettres de convocation à tous les évêques réunis à Antioche et non aux seuls eusébiens*^.
e) Jules préfère la communion d'Athanase et de Marcel d'Ancyre à la leur 1^.
1. S. AthauasOy Jïist. arian, ad monachos^ c. xni, iv, P. G., t. xxv, col. 708 ; Vita S, Antoniiy c. lxxxvi, P. G., t. xxvi.