LE CONCILIA d\ntioche
•+é était orthodoxe; mais tons les évêqnes appartenaient à l'Église I •' rl'Orîent, et la plupart au patriarcat d'Antiochc; on voyait cependant
uelaues métropolitains et quelques évêques de contrées voisines, entre autres de la Cappadoce et de la Thrace. Sozomène cite, parmi les membres les plus influents du concile, Flacillus évêque d'Antioche qui présida probablement; Eusebe de Nicomédie, transféré à Constantinople, Acace de Césarée en Palestine, Patrophile de Scythopolis, Théodore d'IIéracléc, Eudoxe de Germanîcie, Diane e de Césarée en Cappadoce, Georges de Laodicée en Syrie ^. Les anciennes traductions latines des actes synodaux citent en outre les noms d'environ trente évêques siégeant au concile ^ct signant ses actes; mais les manuscrits offrent sur ce point de notables et très nombreuses variantes, et ces signatures ne sauraient inspirer confiance, puisqu'on y trouve celle de Théodore de Laodicée, mort avant 3353. Parmi les signatures on lit les noms de saint Jacques de Nisibe et de saint Paul de Ncocésarée; mais le silence complet des actes ne permet pas de recevoir un si vague témoignage ^, Socrate ^ et Sozomène ^ racontent que l'évêque de Jérusalem, Maxime, refusa de se rendre au concile, parce qu'il regrettait de s'être laissé circonvenir par les eusébiens six ans auparavant, au concile de Tyr, pour donner son approbation à la déposition d'Athanase. Il ne se trouva au con-
souci d'y reprendre une situation compromise par un très long silence qui provoqua le mouvement en avant du tiers-parti ou bien la mort récente d 'Eusebe de Césarée (339) lui rendit-il conscience de lui-même ? Peut-être ! Mais ce qu'il f;mt dii e, c'est que l'arianisroe militaut exaspéré par quinze années de luttes et d'un succès enlevé par la main vigoureuse d'Eusèbe de Nicomédie, s'affaiblissait et s'affaissait. Au concile de 341 ce sont les modérés du tiers-parti, quoique formant incontestablement une minorité, qui dominent par leur influence les exaltés et les violents Nous le constaterons en parcourant les quatre professions de foi rédigées par la minorité, toutes si modérées qu elles consacrent réchec définitif des eusébiens militants, cf. Gwatkin, Studie s of arianism, 1882, p. 118. (H. L.)
1. Sozomène, Ilist. eccles,^ 1. Ill, c. v, P. G,, t. lxvii, col. 1041 sq,
2. Ce nombre de 36 évêques seulement siégeant au concile in encsernis est aujourd'hui universellement abandonné. 11 s*explique par une fausse interprétation d'une phrase de la lettre du pape Jules transcrite et conservée pai» saint Athanase, Apologia contr. arianos, c. xxix, P. G, y t. xxv, col. 297 ; cf. Tille- «ûont, Mém. hist. eccles., 1704, t. vi, p. 312 ; note 27, p. 755 ; « Que cequ on dit de 36 évesques eusébiens dans le concile d'Antioclie, n est point fondé, m (H. L )
3. Tillemont, op, cit., t. vi, p. 312, et note 26, p. 763. ^. Tillemont, loc, cit,
5- Socrate, IIisl. eccles,, 1. II, o. viii, P. G., t. lxmi, col. 196. 6 Sozomène, Ilist, eccles. , 1. III, c. vi, P G., t. lxvii, col. 1048.
eile aucun évêque de TOccident et de l'Église latine ^, ni aucun représentant du pape Jules, quoique, remarque Socrate, « il soit de règle ecclésiastique que les Eglises ne prennent aucune décision sans l'assentiment de Tévéque de Rome ^. »
Le concile porta vingt-cinq canons qui nous ont été conservés dan« de nombreux manuscrits faisant partie des anciennes collections conciliaires, soit en grec, soit dans des traductions. Ces canons ont joui d'une grande estime dans l'Eglise; deux d'entre eux, le 4^ et le 15®, furent cités au IV® concile œcuménique tenu à Chalcédoine (actio iv) sous cette dénomination : Canons des saints Pères\ Le pape Jean II [en 534] montra le cas qu'il en faisait, en envoyant le 4* et le 15* de ces canons d'Antioche a Césaire, archevêque d'Arles, afin qu'il s'en servît dans l'affaire de l'évêque Contnmeliosus *. Le pape Zacharie, écrivant a Pépin le Bref, place le 9* canon d'Antioche parmi les sanctorum Patrum canones ^, et le pape Léon IV mentionne dans un acte public la déclaration unanime des évêques dans un concile réuni par lui à Rome en 853 : « Nous ne saurions mieux faire que de répéter ce que les sancti Patres y qui Antîocheno concilio residentes tertio capitulo (c'est-à-dire dans le 3* canon) promulgarant et inviolabilité r statuerunt ^. Enfin saint Hilaire de Poitiers, contemporain de ce concile d'Antioche, l'appelle synodus sanctorum '^ .
Tous ces témoignages amènent l'historien à se demander : com-
1. Socrate, Hist. eccles.^ l, II, c. viii, P. G., t. lxvii, col. 196.
2. En écrivant cette pbr«ise, que Ton a très souvent citée, Socrate avait probablement en vue ces mois de la lettre du pape Jules : « Quand même Athanase et Marcel d'Ancyre auraient commis les fautes qu« vous leur reprochez, on n'aurait cependant pas dû, conlrairemenl aux canons ecclésiastiques, traiter si vite cette affaire ; on aurait dû nous écrire... Ne savez-vous donc pas que l'habitude est de commencer par nous écrire pour que de ce côté (ev6ev) ce qui est juste soit décidé ? > Athanas., Apolog. contr. arian., c. xxxv. Molher a j méconnu, si je ne me trompe, la valeur de ev9ev, qui joue ici, le rôle d'ad- I verbe de lieu; il traduit ainsi : « pour que ensuite il soit décidé ce qui est juste. » Athanasius der Grosse, t. ii^ p. 66.