‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 60 sur 403 · Liî CONCILE d'antioche · texte numérisé non relu

Liî CONCILE d'antioche

synodale par un concile d'Antioche tenu très peu de temps après le concile deNicée '^. Il ne faut pas oublier non plus que, dans sa lettre au pape Jules, le concile de 341 parle de l'Eglise d'Alexandrie comme d une Église très heureuse et fort tranquille ; il aurait dû dire exactement le contraire, ainsi que le pape en fit la remarque ^, On ne peut donc guère s'y fier quand il parle de l'Église d'Antioche.

e) On a cherché par tous les moyens à prouver que le canon employé contre saint Jean Chrysostome et, qui était l'œuvre d'une [512] assemblée d'ariens, n'était pas le quatrième et le douzième des vingtcinq canons ; ces efforts ont été inutiles, l'identité est évidente.

Les Ballerini se sont fait du reste illusion en pensant que leur hypothèse allait résoudre toutes les difficultés. En contestant que les vingt-cinq canons aient été décrétés par le concile de 341 et en les attribuant à celui de 332, ils n'ont modifié en rien l'état de la question. Le concile de 332 qui proclama Euphrone évêque d'Antioche après avoir déposé Eustathe était aussi un concile d'eusébiens, et Socrate ^ a pu dire à son sujet : « Grâce aux efforts des adversaires de la foi de Nicée, Euphrone put être élu évêque. » Il est bien certain aussi que, même si l'on refuse au concile de 341 la paternité des vingt-cinq canons, ce concile est incontestablement l'auteur des symboles que saint Hilaire disait avoir été composés par un synodus sanctorum. Comment les Ballerini expliqueront-ils cette parole, puisqu'ils ne voient qu'une réunion d'ariens dans ce synode de 341?

La source des difficultés, le irpÖTov (}^£u§oç, dans toute cette controverse, vient de ce que l'on part toujours de cette alternative que le synode in enc sentis a été ou un synode orthodoxe ou un synode arien. C'est lui chercher un type beaucoup trop tranché qui s'inspire trop des idées de saint Athanase ou de nos idées modernes ; en ne tenant pas assez compte des fluctuations de la pensée religieuse à cette époque. Saint Athanase tenait les évêques eusébiens pour ariens ; nous les tenons au moins pour semi-ariens ; mais ces évêques ayant donné une profession de foi orthodoxe, ayant souscrit à la condamnation des erreurs prononcée par le concile de Nicée, ont dû être regardés par beaucoup de leurs contemporains comme orthodoxes et légitimes, et de grands saints ont pu sans hésiter s'unir

1. Tillemont, op, cit,^ t. vi, p. 753, note 26; t. vu, p.25sq.

2. S. Athanase, Apologia contra arianos^ c. xxx, xxiv, P, G., t. xxv, col. 297, 304.

3. Socrate, Hist. eccles.^ L I, c. xxiv, P, G,, t. lxvii, coL 144 sq.

à eux dans les conciles. Ainsi Dianée, métropolitain de Césarée, si célèbre dans l'ancienne église et dont saint Basile a fait un pompeux éloge, siégea au concile in encseniiSy ainsi qu'aux réunions antérieures des eusébiens, réunions qui provoquèrent l^ la lettre du pape Jules. Le pape lui-mêmC; quoique blessé par l'in. juste déposition de saint Athanase, ne traite cependant pas le concile qui l'a décrétée comme un conciliabule arien ; il appelle « très aimés frères » les évèques qui le composent * et les invite à siéger dans un concile commun pour y discuter les accusations contre saint Athanase. Une occasion comme celle de la consécration de l'église d'Antioche s'étant présentée, les évêques orthodoxes n'ont eu ^aucun scrupule à se réunir en concile avec Eusèbe et ses partisans. Voici [la traduction intégrale] des canons décrétés par le concile d'Antioche in encœniis ^ [et dont He fêle n'avait donné qu'un abrégé. (H. L.)]

Can. 1.

Tous ceux qui auraient osé enfreindre le décret du grand et saint concile assemblé k Nicée, en l'auguste présence de Tempereur Constantin aimé de Dieu, touchant la sainte et salutaire solennité de la Pâque, doivent être excommuniés et rejetés de l'Eglise, s'il s'obstinent, par esprit de dispute, à s'élever contre ces sages décisions. Ce canon concerne aussi les laïques. Si, à la suite du présent décret, un des supérieurs ecclésiastiques évèque ou diacre osait se singulariser en célébrant la Pàque, avec les juifs, le saint concile le tient dès lors pour séparé de l'Eglise ; car, non seulement il commet une faute mais il devient pour beaucoup une cause de trouble et de perdition ; le saint concile doit dépouiller les coupables de leur office et porter les mêmes peines contre ceux qui resteront en communion

1. S. Athanase, Apologia contra arianos, c. xxi, xî^v, xxvi, xxx, xxxv, P. G,y t. XXV, col. 281, 289, 292, 297, o05.

2. Texte intégrai dans Conc. Reg» y t. ii, coï. 640 ; Labbe, Conc.y t. ii, col. 559- 598; Hardouin, Conc. coll., t. i, col. 589 sq. ; Coleti, Conc,^ t. ii, col. 583; M an si, Conc. amplis s. colL, t. ii, col, 1305 s q. ; Beveridge, Synodicon sive Part' dectse canonum^ t. i, p. 430 ; Bruns, Canones apostolorum^ t. i, p. 80 sq. Pour les commentaires, outre E. de Schelstrate, mentionné plus haut, et D. R. Ceil' lier, HisU génér. des aut. eccles^y 2e édit., t. m, p. 466 sq., qui ne donne guère qu'une traduction, il faut citer Bevendge, op. cit„ l. ii, Annot.y p. 188 sq. ; Tillemont, Mém. p. serç. à Vkist. ecclés., in-4, Paris, 1704, t, vi, p. 317-322; Van Espen, Commentarius in canones, in-foL, Goloniae, 1755, p. 139 sq. ; Herbst, dans Tubinger theolog. Quartalscrhiß, 1824, p, 42 sq. (H. L.)

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