Tillemont, op. cit., t. vi, p. 752, note
5. Alexander Natalis, Hist, eccles., Venetiis, 1778, saec. iv, dissert. XXVI, t. IV, p. 453,
712 LIVRE in, CHAPITRE 1
OÙ est la preuve que les vingt-cinq canons viennent du concile tenu à Antioche en 332 ? On l'a cherchée, mais sans succès, dans le texte même des vingt-cinq canons. On a dit :
a) Le premier de ces canons rappelle que le concile de Nicée s'est tenu sous Constantin, et il n'ajoute pas que cet empereur est mortdonc il a dû être composé avant 341, car à cette date Constantin était mort. Mais on se demande à quoi bon le dire alors que tout le monde le savait ?
b) Diverses particularités des vingt-cinq canons, a-t-on ajouté, ne s'expliqueraient pas si on admettait qu'ils proviennent du synode inencœniis. Ainsi, l)le onzième canon défend aux évêques d'aller à la cour ; or, Eusèbe a été un évêque de cour. C'est vrai ; mais trop souvent le législateur se met au-dessus de la loi» On objecte enco-[ô, re 2) le canon vingt-et-unième qui défend le transfert d'un siège épiscopal à un autre ; or ce canon est en opposition avec la conduite d'Eusèbe, qui a échangé le siège de Béryte pour celui de Nicomédie et celui de Nicomédie pour le siège de Constantinople. Mais ce canon vingt-et-unième n'est que la répétition d'une ancienne règle ecclésiastique ; or en quoi Eusèbe, arrivé au terme de ses désirs, pouvait-il être gêné, si la majorité renouvelait cette défense ?
c) Pour étayer leur hypothèse, les Ballerini se servent des souscriptions des lettres synodales à la suite des canons ; ils remarquent : 1) qu'il y a dans ces signatures des noms d'évéques morts en 341 ; 2) que les noms des coryphées du concile in encœniis ne s'y trouvent pas, et 3) qu'il n'y a pas non plus le nom d'un évêque d'Antioche, ce qui prouve que le concile s'est tenu pendant la vacance du siège. Ces assertions seraient fondées si les listes de souscriptions jouissaient elles-mêmes de quelque autorité, mais elles varient de telle façon selon les manuscrits qu'on ne peut vraiment y faire fond.
d) La lettre synodale qui suit les vingt-cinq canons représente l'Eglise d'Antîoche comme jouissant de nouveau d'une heureuse paix. Mais, a-t-on dit, la situation n'était pas telle en 341. Nous répondrons qu'à cette date Eustathe, qui avait été chassé d'Antioche, était certainement mort, circonstance qui avait du calmer beaucoup les dissensions de cette ville. C'est en 332, à l'époque où, d'après les Ballerini, cette lettre a été rédigée, qu'il faudrait placer ces violentes animosités, puisque c'est le moment où Eustathe fut expulsé. L'hypothèse de ces érudits se trouve donc ainsi attaquée sur son point le plus vulnérable. Pour y remédier, ils imaginaient comme Tillemont de faire rédiger les vingt-cinq canons et la lettre