‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 86 sur 403 · Membres et présidence du concile de Sardique · texte numérisé non relu

Membres et présidence du concile de Sardique

Les évêques occidentaux, auxquels s'étaient joints quelques évêques grecs profondément dévoués à la foi de Nicée, arrivèrent les premiers à Sardique. Les eusébiens, obéissant à l'ordre de l'empereur, s'y rendirent dans l'espoir de faire confirmer à Sardique leurs conclusions contre saint Athanase et ses partisans. Pour atteindre ce but, ils comptaient sur l'appui de l'empereur Constance et de deux hauts fonctionnaires, Musanius et Hesychius, délégués par l'empereur ^.

Le nombre des représentants de chaque parti est évalué très diver-

1 Mansi, Cowc. ampliss. coll.yU m, coL 40; Hardouin, Coll. concil.^ t. i, col. 653.

2. Sardique (Ulpia Sardica)^ faisant partie de la Thrace, devenue plus tard capitale de la Dacia Ripensis^ se trouvait dans VIllyricam orientale et appartenait par conséquent à l'empereur Constance ; elle faisait cependant partie du patriarcat romain, cf. Wiltsch, KirchU Statistik, t. i, § 44, 80, 88). Attila détruisit cette ville ; mais elle fut rebâtie et existe encore aujourd'hui sous le nom de Sofia (en bulgare Triaditza), dans la Bulgarie, à 500 kilomètres à l'ouest de Constanliuople. Elle compte environ 50.000 habitants, parmi lesquels 6.000 chrétiens. Sofia est le siège d'un métropolitain grec et d'un YÏcaire apostolique romain. Depuis quelque temps, le vicaire apostolique réside à Philippopolis, ville voisine de Sofia et qui joue un si grand rôle dans l'histoire du concile de Sardique.

3. S. Athanase, Apolog. contra arian.^ c. xxxxvi, P. G,, t. xxv, col. 308 sq. ; HisL arian. ad monachos, c. xv, P, G., t. xxv, col. 709 sq. ; Hardouin, op. cit,^ t. I, col. 662 ; Mansi, op, cit. y t. m, coL 58.

sèment par les actes, mais nous pouvons le déterminer d'une manière approximative. Les eusébiens disent, dans leur lettre synodale \ qu'ils étaient au nombre de quatre-vingts ; les signatures ne donnent que soixante-treize noms, auxquels il faut ajouter ceux des évêques Maris de Chalcédoine, Macédonius de Mopsueste et Ursace de Sin*!; gidunum, présents au concile ^, ce qui fait soixante-seize évêques eusébiens, c'est-à-dire le nombre donné par Socrate ^ et Sozomène^; Socrate prétend tenir ce nombre de Sabinus d'Héraclée, témoin plus ancien que lui-même ^.Les membres les plus distingués du parti eusébien étaient : Etienne d'Antioche, Acace de Césarée en Palestine, Théodore d'Héraclée, Marcus d'Aréthuse, Eudoxe de Germanicie, Basile d'Ancyre (devenu plus tard le chef des semi-ariens), Valens de Mursa, Démophile de Véroa et Maris de Chalcédoine, Macédonius et Ursace dont nous avons déjà parlé. Dianée de Césarée en Cappadoce, qui n'était pas précisément eusébien, et le célèbre Ischyras étaient inféodés au parti ^.

Il est plus difficile de déterminer le nombre des Occidentaux, on

1. S. HilaiiTe y Fragmentum III^ n. 16, P. L., t. x, col, 668; Mansi, op. cit^ t. II, col. 132.

2. Les eusébiens daas cette leUre synodale (Mansi, op. clL, t. m, col. 133) disent que des six évêques envoyés de Tyr avec la commissiou d'enquête dans la Maréotide, cinq «issistaient au concile de Sardique, le sixième, Théognis de Nioée, était mort. cf. Tillemont, Mém. kisf, ecclés.y édit. Bruxelles, t ti, p. 141, Dissertation sur les ariens, art. xxxvm. Il en résulte que Maris, Macédonius, Ursace, Valens, Théodore étaient présents au synode et les noms des deux derniers avaieot seuls été ajoutés aux sig^natures, Tillemont, op. cit., U viii, p. 291, note 52 sur saint Âthanase.

3. Socrate, If ist. écoles.^ I, II, c. xx, P. G., t. lxvii, col. 235.

4. Sozomène, iï^■s^ eccles.y 1. IIÏ, c. xn, P. C, t. lxvii, col. 1064,

5. Sabinus, évêque d'Héraclée en T h race, semi-arien affilié à Macédonius. Il écrivit une S-j'/aycDyT) twv (xuvoSwv (Socrate, If ist, eccles,, 1. III, c. xvii), ou mieux S-jvootxtov (/d., I. IM, c. x, xxv ; 1. IV, c. xii). C'était un récit des événements daus lequel il avait introduit une collection de pièces conciliaires. Ce travail a disparu, mais pas avant que Socrate ne l'eût mis à contribution, principalement dans les trois premiers livres de son Ifist, eccles, Sozomène l'a également mis à profil. D'après Socrate, Hist. eccles., I. 1, c. viii ; 1. II, c. ïV, le livre était déparé par l'hostilité systématique contre les Nicéens, allant jusqu'à la calomnie, car l'auteur ne mettait en relief que ce qui était avantageux aux semi-ariens. Cet écrit tendancieux est très intéressant pouf l'histoire de la littérature conciliaire ; il semble que ce soit un essai de justi' fication du semî-arianisme par les conciles. Tillemont, Mém. kist. ecclés,, t.ti) p. 536, et Fabrîcius, £ibl, grseca^ édit. Harles, t. xii, p. 182, datent le livre de Sabinus de la fin du règne de Valens. ^H. L.)

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