Les eusébiens ne prennent aucune part au concile
Les eusébiens, apprenant la présence à Sardique de saînt Athana^ se, de Marcel d'Ancyre et d'Asclépas, s'engagèrent dans une voie «ni pouvait rendre impossible tout essai de conciliation. Ils tinrent des conciliabules et, par promesses ou par menaces, obtinrent de tous leurs partisans l'engagement de ne prendre aucune part au synode s'il se tenait dans certaines conditions .
L'arrivée à Sardique de saint Athanase et de Marcel d'Ancyre préoccupait gravement les eusébiens ; ces deux évêques avaient été déclarés innocents à Rome, en [340], par le pape Jules, et les eusébiens pouvaient craindre que, sans égard pour les peines qu'ilj avaient fait décréter, le concile n'admit à la communion ces personnages jusqu'à preuve des accusations portées contre eux. En ce cas Athanase et ses compagnons pouvaient passer de la défensive à l'offensive, et à leur tour porter des plaintes graves contre les eusébiens. Pour parer à cette éventualité, les eusébiens décidèrent que, sous peine de manquer de respect aux conciles orientaux qui avaient condamné Athanase et les siens, on devait, dès le commencement du concile de Sardique, les regarder comme déposés et définitivement jugés 2. Ils ajoutaient que plusieurs des premiers juges, des accusateurs et des témoins qui avaient déposé contre Athanase étant morts, une nouvelle instruction de l'affaire lui serait par trop favorable ^.
Walch reconnaît que le bon droit était incontestablement du côté d'Athanase ; il regrette cependant que l'on n'ait pas, au début, pour faciliter la réconciliation, éloigné Athanase, Marcel et Asclépas '*. Mais il ne faut pas oublier 1^* que le concile romain de [340] avait proclamé leur innocence et que sa décision valait celle du concile d'Antioche de [339]. 2^ En outre les empereurs avaient ordonné au concile de Sa^
1. Sozomène, Hist. eccles,^ I, III, c. xi, P, Ö., t. lxvii, col. 1060.