‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 93 sur 403 · LES EUSéBIENS NE PRENNENT AUCUNE PART AU CONCILE · texte numérisé non relu

LES EUSéBIENS NE PRENNENT AUCUNE PART AU CONCILE

dîque de reprendre toute cette affaire depuis le commencement ^ ; en conséquence, il fallait négliger tout ce qui avait été décrété pour ou contre saint Athanase et ses amis ; le concile de Sardique devait regarder la sentence d'Antioche comme suspendue, et traiter saint Athanase et les siens comme de simples inculpés. 3® Si, à Sardique, on traitait saint Athanase et ses amis comme un parti, il fallait aussi et à plus forte raison regarder comme un parti les eusébiens contre lesquels s^élevaient de si graves plaintes, et Texclusion des uns amenait nécessairement l'exclusion des autres. Enfin 4^ le nombre de juges, d'accusateurs et de témoins des premiers procès de saint Athanase restait plus qv\e suffisant pour qu'il fût possible d'asseoir un jugement ; les principaux d'entre eux se trouvaient dans les rangs des eusébiens, par exemple Ischyras et les commissaires envoyés dans la Maréotide par le concile. Un seul des six commissaires était

} mort, les autres étaient présents, ainsi que l'atteste la lettre synodale des eusébiens ^. Les volumineux p roc ès-ver baux de l'enquête faite dans la Maréotide contenaient les dépositions d'un grand nombre de témoins ; il était facile aux eusébiens de faire usage de ces documents, de même que des actes des conciles de Tyr et d'Antioche. Le seul concile de Rome de [340] avait entendu, au sujet de l'affaire d'Athanase, les dépositions de plus de quatre-vingts évêques. Les pièces à conviction ne manquaient donc pas et les eusébiens pouvaient y joindre toutes les preuves qu'ils croyaient avoir de la

[548] culpabilité de saint Athanase.

Pour cimenter plus solidement leur parti etempôcher la désertion de quelques-uns de leurs collègues, les eusébiens avaient décidé de loger tous à Sardique dans la même maison ^. Cette mesure n'empêcha pas deux des leurs, Astérius d'Arabie et Arius (appelé aussi Macaire) de Palestine, de se joindre aux évêques orthodoxes à qui ils racontèrent les intrigues ourdies pendant le voyage par les eusébiens. Ils affirmèrent que plusieurs évêques orthodoxes venus avec les eusébiens étaient très dispoéss à s'unir au concile, mais qu'ils étaient in-

1 Mansî, Conc, amplis s, coli,, t. m, col. 40.

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