Prétendu symbole de Sardique
Nous savons que le concile de Sardique avait pour mission de donner sur la foi, devenue incertaine et vacillante, des explications précises et définitives. Quelques évêques, rapporte saint Athanase, engagèrent le concile à proclamer un autre symbole, sous prétexte que celui de Nicée était devenu insuffisant ; mais le concile s y refusa, parce qu'il regardait le symbole de Nicée, comme suffisant, plein dé piété et parfaitement orthodoxe ^. Malgré cette décision, on fit l J bientôt circuler un prétendu symbole du concile de Sardique, qu'Athanase et les évêques réunis avec lui à Alexandrie en 362 déclarèrent faux et dangereux. Eusèbe, évéque de Verceil, assista à ce concile d'Alexandrie dont il signa les actes, en s'expliquant contre la prétendue formule de Sardique^. Théodoret a donné "^ une copie de cette formule, à la fin de la synodale de Sardique; VHis" toria tripartita ^ en a aussi donné une tradition latine faite par Epiphane le scolastique. Le sens de ce symbole dirigé contre les ariens est orthodoxe, on y emploie cependant le mot uTuitrraaiç, au lieu du inot ouffia, et on n'attribue ainsi aux trois personnes de la Trinité
!• Mansi, Concil. ampliss. coli,, t. m, col. 66; Hardouin, Coll. conc, t. i, col. 667.
2. S, Athanase, Ad episc. j^gypii et Lihyse^ c. vu, P. G., t. xxv, col. 552.
3. S. Athanase, ApoL c. arian., c. xliii, i>. G,, t. xxv, coL 321.
4. Théodoret, ffist^ eccles., l II, c. xiii, P, (?., t. lxxxii, col. 1036.
5- S. Athanase, Tomas ad AntLchenos, c. v, i>. Ö., t. xxvi, col. 800. ^' S. Athanase, op, cit., c. x, éd. Patav., p. 619 ; éd. Paris, p. 776. '• 'théodoret, 1. II c. VI, P, G., t. lxxxii, col. 1013.
voyez sur ce point les notes de Biiiius dans Mausi, op. cit,, t. m, col. 83,
e es de Fuchs, Bibliothek der Kit chenvers, Noël Alexandre a traité ex pro-
ce point dans la 29^ dissertation de son Histor. écoles., s^c, iv, Vene-
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qu'une seule hypostase ; on y suppose à tort que Valens öl Ursàci étaient sabellietis.
Sozoraène mentionne ce symbole de Sardique^ resté un objet de controverse entre leb savants jusqu'à la découverte faite pat* Sfcipîbli Mafféi au xvUi* siècle dans la bibliothèque de Vérone, d'uiie aîicietia^ traduction latine de presque tous les actes de Sardique. Les Bdleri. ni et Mansi ont publié ce document qui a facilité la solution de \i controverse relative aux canons de Sardique. ^ On y trouve une courte lettre d'Osius et de Protogénès au pape Jules, lettre dont parle Sozomène ^. Elle s'exprime ainsi : « A Sardique, la formule Je Nicée fut acceptée, niais pour en finir avec les explications sophistiques des ariens, on a jugé apropos d'y faire quelques additions 2, et cette donnée s'accorde avec ce que dit SoKOmène. Cette lettre est suivie d'une traduction latine de la lettre synodale de BardiquCjei enfin, de la traduction de ce symbole de Sardique dont Osius etPte. togénès avaient parlé *. Le texte grec de Théodoret est ordinairement plus correct que la traduction latine ; on y trouve cependant reproduite la mention d'une seule hypostase et on y lit: urtam m substantiam^ quam ipai Grgeci Usiam appellant^ etc. ; cette traduction suppose aussi le sabellianisme de Valens et d'Ursacei
La découverte de Mailei fortifie l'hypothèse des Ballerini \ Om et Protogénès, disent-ils ^, avaient voulu que le coilcile de Sardiqiie donnât une explication détaillée du symbole de Nicée, Ile avaient dans ce but rédigé cette explicatiou, ainsi qu'une lettre au pape Jules, ßour la faire connaître j mais le toricile n'entra pà& dads \m projeti L'explication et la lettre trouvèrent place dans les actes et) peu de temps après la célébration du concile^ on les tenait déjà comme pièces synodales ) c'est ce que fit, en particulier, le IV* cdneile œcuménique de Chalcédoine dans son allocution k Tempereßr Marcien ^.
Le concile de SardiqUe avait rempli sa triple mission. Il s'étdtéî' pliqué sur la vraie foi, sur la déposition d'Athanase et de ses amis, ainsi que sut les brutalités dont ils avaient été les Victimes ; avant de se
1. ßaileHni dans S. Leonis, Opera ^ t. lu, p. 589 ; Maasi, Coneil, ßmpliss. coi, t. VI, col. 120-^.