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Il y a celte différence extrême entre la forme

architectonique d'un monument et la forme de la sculpture du style le plus élevé, que celle-ci se rapporte à la figure humaine, tandis que l'autre forme, considérée dans ce qu'elle présente de plus général, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur s'il s'agit d'un édifice, n'a nulle relation avec les formes de la nature animée, et que c'est essentiellement par des formes plus ou moins rég^ulières appartenant à la g^métrie qu'elle frappe d'abord la vue du spectateur par la g^randeur et surtout la proportion des parties.

23. Si de l'impression g'énérale que nous recevons de la vue d'un monument en vertu de sa g^randeur, de sa beauté, de son élégance, nous passons aux impressions des détails, nous voyons l'architecture recourir à des ornements accessoires, œuvres de la sculpture, parmi lesquels il en est beaucoup qui rappellent des formes de la nature vivante. Tels sont les feuilles d'acanthe du chapiteau corinthien, les rinceaux, ou les ornements qui, par le nombre, la forme et la symétrie de leurs parties, se rapportent à des feuilles, à des fleurs; enfin des figures d'animaux, des figures d'hommes soit en bas-relief, soit en ronde-bosse, viennent souvent concourir avec la forme architectonique proprement dite pour en compléter les effets.

24. Mais si la régularité, la symétrie, Vélégance des parties des formes végpétales ont la plus gprande analo^e avec les formes architectoniques par la facilité avec laquelle elles rentrent dans les formes géométriques^ il n'en est plus de même des formes empruntées aux êtres animés et en particulier à Thomme. En développant la condition à laquelle cette dernière est soumise dans l'œuvre architectonique, ce sera l'occasion de développer une différence essentielle entre l'architecture et la sculpture.

25. La forme architectonique agira sur nous par sa grandeur d'abord , ensuite par sa beauté et son élégance, enfin par la symétrie et les proportions harmonieuses de ses parties. Mais aucune de ses impressions ne se Uera à celle que nous recevons de la vue de la forme humaine reproduite par la statuaire. Si maintenant la forme architectonique présente des parties distinctes, comme des colonnes, des ornements, ces parties doivent être répétées et symétriquement placées ; et c'est surtout dans l'observation du principe de la répétition et du principe de la symétrie qu'on trouve la raison pour laquelle la figure humaine, employée en architecture, est tout à fait subordonnée, parce qu'en effet sa grandeur étant toujours minime relativement à l'œuvre architecte-

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nique, elle ne peut produire d'effet que parce qu elle sera répétée, symétriquement placée, en un mot qu'elle rentrera dans la condition des ornements en perdant le caractère de l'individualité de la forme, qui donne un si haut prix à l'œuvre du statuaire.

26. C'est conséquemment à ce principe que nous n'approuvons pas l'idée d'après laquelle, dans les hautes murailles de l'hôtel de ville de Paris, décorées de pilastres et de colonnes , on a pratiqué de petites niches pour y mettre des statues de personnag*es historiques. Si la petitesse de ces statues empêche que la différence des costumes et des poses ne nuise à l'harmonie de l'ensemble, n'est-ce pas là un résultat tout à fait contraire à celui qu'on a voulu produire en offrant à la vue de la cité la figpure des hommes qui, par leur influence sur le développement de sa prospérité, ont mérité sa reconnaissance? Si un homme est vraiment dig*ne que la postérité lui décerne une statue, c'est sur la place publique qu'elle devra s'élever, et dans un lieu où la mémoire de cet homme est vénérée.

27. L'impression de la forme architectonique avec toute la variété des détails qu'elle comporte, ne doit donc jamais, par sa grandeur, étouffer celle que la

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statuaire doit faire naître en reproduisant la forme humaine dans ce qu'elle a de plus ^and, de plus noble, de plus idéal. Si la fig'ure humaine peut concourir heureusement avec la forme architectonique, c'est lorsqu'un monument colossal offrira aux regards les figures d'une agglomération d'hommes accomplissant un grand acte national, un grand acte de la société humaine, dont l'objet est lié à une idée morale que la vue du monument doit perpétuer dans le temps.

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