MADAME SOPHIE CHEVREUL
NÉE DAVALET.
À an cœur aimant et exquis elle allia le naturel de Tesprit , la pureté du goût et la distinction des manières.
Reconnaissance de 44 années de bonheur!
E. OHEVREIIL.
1, L'utilité de l'histoire d'une science n'est pas restreinte aux savants qui la cultivent particulièrement ; car, sans doute, elle s'étend à tous ceux qui veulent étudier l'esprit humain d'une manière positive. En effet, la source où l'on peut puiser pour cette étude les faits les plus précis comme les plus variés ne se trouve-t-elle pas dans la connaissance même des procédés spéciaux à l'aide desquels on a établi un nombre suffisant de principes propres à constituer les divers corps de doctrines auxquels on donne le
nom de sciences? N'est-il pas évident que des histoires bien faites de chaque branche des connaissances humaines composeraient le recueil le plus exact de ce dont l'entendement de l'homme est capable, lorsqu'il s'agit d'abord de découvrir des vérités, puis de les démontrer, avec l'intention de pouvoir par leur intermédiaire en trouver de nouvelles ?
2. L'importance de l'histoire d une science n'est pas toujours démontrée par la manière dont on a conçu et exécuté ce genre d'écrits : généralement c'est par une forme agréable, plutôt que par un fond sérieux de vérités coordonnées et fécondes en conséquences précises, que l'on s'est efforcé de captiver l'attention des lecteurs. Au lieu d'insister sur le caractère spécial de la science dont on écrivait l'histoire ou sur ses analogies avec les autres branches des connaissances humaines, au lieu de montrer la liaison mutuelle des faits dans leur simultanéité et leur succession en signalant les idées que cette science avait pro-
pagées aux diverses époques de son développement, on a préféré attirer Tattention des lecteurs par le relief donné à certains faits isolés à dessein d'autres faits qui, cependant, par leur connexité avec les, premiers, ne pouvaient en être séparés qu'au détriment de la vérité ; et quant aux détails, au lieu de choisir ceux qui, en se rattachant à des propositions générales, les éclaircissent et en font sentir toute l'importance, on en a présenté d'un intérêt secondaire parce qu'on les a jugés susceptibles de piquer la curiosité, et par là même d'être faciles à saisir, tandis que l'écrivain aurait dû ne les présenter que sur le second plan ou comme des accessoires propres à montrer l'importance des propositions générales, fond essentiel de l'histoire qu'il s'agit de développer.
3. La chimie, sous le rapport historique, est une science à part, soit que l'on considère l'ancienneté des matériaux et l'origine moderne de ses théories, soit surtout que l'on considère le grand notnbre de connaissances auxquelles il
faut avoir égard pour la bien connaître ; et notons qu'il en est parmi elles dont les rapports avec son histoire ne deviennent évidents qu'après de longues et mûres réflexions sur l'étendue de cette science ; car le domaine de la chimie comprend ce que nous appelons la matière en général, et les corps en particulier, lesquels sont bruts comme les pierres, le sable, la terre, ou ont fait partie d'un être organisé, comme le bois, l'amidon, le sucre, la farine, la corne, ou enfin constituent la matière même des êtres organisés vivants, plantes et animaux.
4. La chimie, telle qu'elle est en réalité, ne peut donc être appréciée dans toute son étendue qu'à la condition de considérer la spécialité qui la distingue de toute autre science, eu égard à ses principes et à leurs conséquences, et en outre de suivre l'application qu'on en fait à la connaissance de la matière qui constitue les êtres de la nature minérale d'une part et d'une autre part les végétaux et les animaux, ou en d'autres
PRÉFACE. ô
termes tout le monde inoi^nique et tout le monde vivant !
5. Que résulte-t-il de cet état de choses? Cest la nécessité de faire précéder Thistoire de la chimie, telle que j'ai dit l'avoir conçue, d'une introduction présentant les idées fondamentales de cette science coordonnées de manière que tout lecteur de l'histoire retrouvera, dès qu'il en sentira le besoin, la définition de ces idées avec toutes leurs relations. Il lui sera donc facile, au moyen d'un renvoi à l'introduction, lorsque le récit historique des découvertes lui signalera des faits importants , de voir la place où la science actuelle vient les ranger. C'est dans l'espoir d'atteindre ce but trop négligé des historiens, en général, que je vais présenter dans un ordre méthodique la manière dont j'envisage et la chimie comme science spéciale, et les rapports qui Tunissat avec les autres branches des connaissances humaines. Mais envisageant les sciences qui ne sotttpasles mathématiques pures autrement qu'on
faut avoir égard pour la bien connaître ; et no qu'il en est parmi elles dont les rapports avec histoire ne deviennent évidents qu'après df gués et mûres réflexions sur l'étendue de science ; car le domaine de la chimie con ce que nous appelons la matière en généra corps en particulier, lesquels sont bruts les pierres, le sable, la terre, ou ont fa d'un être organisé, comme le bois, l'an sucre, la farine, la corne, ou enfin cons matière même des êtres organisés vivant et animaux.
4. La chimie, telle qu'elle est en peut donc être appréciée dans toute s qu'à la condition de considérer la s] la distingue de toute autre science, ses principes et à leurs conséquence:
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DEUXIÈME LIVRE
Notions chimiques.
Aperçu de retendue du domaine de la chimie.
Notions essentielles à la chimie pure.
Des sciences où la chimie puise plusieurs de ses notions constitutives.
Intervention de la chimie dans Tétude de diverses sciences.
Etendue de la chimie ainsi appliquée.
Étendue de la chimie appliquée aux arts.
TROISIÈME LIVRE
Rapports de la chimie auec l*histoire des corps viuanis.
Différence entre Tespéce chimique et l'espèce vivante.
Histoire des individus appartenant à une même espèce de corps vivants.
Histoire des espèces considérées relativement à leur classification.
Méthode naturelle en général et particulièrement en botanique et en zoologie.
Déduire, de la différence de Tespèce dans les corps vivants d'avec Tespèce chimique, l'impossibilité d'appliquer les règles de la méthode naturelle à la classification des espèces chimiques.
QUATRIÈME LIVRE
Distribution des connaissances humaines du ressort de la philosophie naturelle, conformément à la manière dont Vesprit humain proàsde à la recherche de l'inconnu en allant du concret à l'abstrait et retfenant de l'abstrait au concret.
PIIÉFACE
CINQUIÈME LIVRE
Notions qui au premier aspect peuvent paraître indépendantes de la chimie.
Elles concernent :
Uhomme individu ; L'homme vivant en société ; L'homme doué d'intelligence ; Des signes de la pensée ; De grands phénomènes du monde visible.