‹ Histoire des connaissances chimiquesChapitre 87 sur 117 · ARTICLE 3. — DES TROIS TENDANCES AU POINT DE VUE DES SCIENCES · texte numérisé non relu

ARTICLE 3. — DES TROIS TENDANCES AU POINT DE VUE DES SCIENCES

406. J'étends la distinction des trois tendances de rintellig^nce aux hommes qu'on étudie, non plus au point de vue des doctrines relig^ieuses, mais à celui des théories scientifiques, des idées d'économie politique, de constitution des sociétés, en un mot au point de vue d'un système d'idées qui, étrangler à toute révélation divine, ne franchit pas les limites du domaine de la raison et devient susceptible d'ê^iB discuté librement dans toutes ses parties.

407. La disposition à croire, ou la crédibilité telle que je Tai définie, ne doit donc pas se restreindre à l'admission des choses révélées. Car elle se manifeste dans tous les cas, et ils sont nombreux, où noUs recevons des connaissances sans employer les moyens dont nous pouvons disposer pour en reconnaître l'exactitude, ou en apprécier lé* degré de probabilité, quand ces connaissances, appartenant au domaine de rhistoire, nous arrivent par la tradition orale ou écrite. La crédibilité se manifeste donc lorsque, nég^ligeant de soumettre des propositions g'énérales données pour des lois de la nature physique ou pour des lois de la nature humaine, nous les recevons telles, sans les soumettre à un examen propre à les contrôler, de sorte que, les admettant comme des principes démontrés, nous en dévelop- . pons les conséquences.

Je citerai quelques exemples ;

Il existe des gens qualifiés d'esprits forts, de libres penseurs, de philosophes, il en est même qui professent l'athéisme, le matérialisme, et dont la crédibilité est poussée au point d'admettre comme réelles des choses du domaine de la magie noire ou de la sorcellerie.

Il est des gens qui, alliant l'imagination à la crédibilité, sont de véritables mystiques, quoique n'admettant pas une religion révélée pour point de dâyirt.

L\DÉPENDA.NTES DUNE IIISTOIFIE DE LA CHIMIE. 365

La politique compte des fanatiques tout aussi bien qu'une religion. Ils obéissent à une foi aveug'le en de prétendus principes dont la réalité ne soutient pas le moindre exameix de la part de tous ceux qui ont étudié Fhomme sous les rapports de son org'anisation physique, de ses instincts, de ses penchants, de son intelligence et de la sociabilité que nous avons dit être inhérente à sa nature.

408. Descartes présente Texemple de Timagination la plus féconde alliée à une raison puissante. L'homme qui découvrit Tapplication de Talgèbre à la géométrie, l'auteur de travaux si remarquables sur l'optique, le philosophe qui traita de la méthode avec tant d'élévation, sembla mettre sa raison de côté, en s' abandonnant à la pure imagination lorsqu'il crut avoir résolu la plupart des questions du système du monde, en tenant compte, dans l'étude des corps, de leurs propriétés physiques seulement, et sans émettre le moindre soupçon qu'il pouvait en exister d'autres! Certes, on ne s'explique guère celte manière de procéder de l'esprit dans l'auteur de la méthode (173, 174)!

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