‹ Histoire des corporations de métiersChapitre 141 sur 214 · If4^mes statuts, nrt. 27. op. cit., p · texte numérisé non relu

If4^mes statuts, nrt. 27. op. cit., p

sur roue et façonnaient la grossière vaisselle en terre ; ils faisaient aussi des carreaux pour pavages et revêtements \

Les balanciers sont soumis à la juridiction de la Cour des monnaies. Chaque nouveau maître reçoit un poinçon composé de son initiale surmontée d'une couronne fleurdelisée. CettP communauté d'origine ancienne était peu nombreuse. En 1717, elle ne comprenait que dix maîtres. Les statuts des balanciers rédigés en 1325 avaient été confirmés par sentences du Châtelet en 1510 et en 1519.

Après ceux qu'ils devaient à Etienne Boileau, les statuts les plus anciens des serruriers dataient du 21 mars 1393 ; mais ces statuts avaient été revisés et complétés en mai 1543 el en octobre 1650. (Lamare, 7>. de la Police y t. IV, p. 97.! Les serruriers qui avaient autrefois été unis aux fèvres couteliers et autres ouvriers du fer faisaient encore des coffresforts à charnières fortes et bien soudées à une, deux, trois, quatre, cinq et six fermetures (art. 49, statuts de 1650)'.

Les/bn<^eii/*5 (statuts de 1572, Collbc. Roxdonneau, AD. XI, 18; Lespinasse, II, 418) façonnent toutes sortes d'ouvrages de cuivre, laiton, airain et fonte depuis les plus petits, tels que les encensoirs, les calices et les compas, jusqu'aux plus gros, tels que les canons et les obusiers. Les flambeaux, les appliques, les menus ouvrages en fer forgé des styles Louis XI Y et Louis XV que se disputent aujourd'hui les collectionneurs sont l'œuvre de la communauté des fondeurs'. Les faiseurs d'instruments de mathématiques étaient unis aux fondeurs.

La communauté des crieurs de vieux fer (satuts de 1681;

1. Guide du corps des marchands^ 1766, v* Balanciers. Cet annuaire est trvs intéressant pour l'étude dos métiers dont il résume les statuts. L'exemplaire conservé à la Bibliothèque Nationale est coté V. 25836.

2. Statuts, ordonnances et privilèges des syndics. Jurés, bacheliers et maîtres serruriers de la ville, fauxbourgs... de Paris, 1707, in-12, p. 48. Cf. Lbspinaisi, t. II, p. 469.

3. Cf. le Recueil des statuts, ordonnances et privilèges de la communauté des mattres fondeurs, mouleurs en terre et sable, ravhevcurSy sonnctiers, bossetirrs, enjoliveurs, ingénieurs et fabricateurs d'itistrumeuts de mathématiques, 1774, in-12, €>t sur le poêle do la confrérie des fondeurs un nrticlo de M. Gi;i':r»:v, publié dans lu Bulletin de la Société d'histoire de Paris y 1875, p. 87.

Lkspinassk, t. II, p. 587) est une communauté pauvre et sans grande importance. Ces artisans auxquels on donne aussi le nom de ferrailleurs s'intitulent fièrement « seuls dépcceurs de carrosses de la ville de Paris' ». Mentionnons encore les cloutiers (Statuts nouveaux du 24 décembre 167Gi».

Métaux précieux et Pierres précieuses

Orfèvres. — Cette communauté faisait partie des Six Corps. Le nombre des orfèvres avait étélimitéà 300 par l'art. 3 de l'édit de 1554, mais ce chiffre ne comprend pas les orfèvres surnuméraires, c'est-à-dire tous ceux qui avaient été reçus par privilège ou lettres de maîtrise. Les statuts des orfèvres déjà mentionnés dans le Livre des Métiers avaient été à de très nombreuses reprises revisés ou confirmés : notamment en 1322, en 1355, en 1379, en 1420, le 22 novembre 1506, le 26 avril 1564, le 1*"^ septembre 1572; enfin de nouveaux statuts leur avaient été accordés le 30 décembre 1679 (Lkspinasse, t. Il, p. 43i. Au XV* siècle, une révolution s'était opérée dans l'art de l'orfèvrerie ; on s'était affranchi des traditions bvzantines. « On cisèle plus, on émaille moins; on fait usage d'émaux translucides qui semblent faire corps avec le travail général*. » Au XVI* siècle, des artistes grecs introduisent en France la taille des pierres dures ; on recherche les pierres précieuses non plus seulement pour les enchâsser, mais pour leur donner des formes plus harmonieuses ; on invente la peinture sur émail qui rend inutile le concours du ciseleur pour

1. statuts, orthiiinauces cl règlements de la conuMunautè des maîtres fcrrail" leurSf seuls dépeveurs des carrosses de la ville de Paris, 1750, in-8.

3. Statuts, ordonnances et règlements de la communauté des maitrcs marchands clouticrs, iormierSf ctatneurs et ferronniers... 1743, in-12.

3. Histoire de l'orfèvrerie-joaillerie, par Pnul Lacroix et F- Skrk, 18ô(», iii-8*. — Siip ci'llr corj>on»lion, cf. oncopc 1« Traite sommaire de l'institutwn des corps et conuiutnautè des marchands orfèvres sous le règne de Philippe de Valois, ouvrage dédié à la Iloynic, 1662, et les Statuts et privilèges du corps des marchands orfèvres joailliers de la ville de Paris, par Pierre LiinoY, ancien garde de l'orfèvrerie. Paris, ChcnaiiU, 1749, in-4». L'exemplaire do ce dernier recueil que possède la Bibliothèque yationale est eolé F. 13100.

382 HISTOIKE DES CORPOKATIONS DE MÉTIEHS

arrêter les contours du dessin, on couvre d'émail le métal que Foa trahe dès lors comme la toile. Au XVII* siècle, l'orfèvrerie change encore une fois de style : les formes deviennent plus lourdes, c'est l'époque oii les orfèvres Labarre et Delaunay exécutent leurs ouvrages d'^aprè» les^ dessins de Lebrun.

Pour garantir la pureté du titre* et poitr assurer la loyauté de la fabrication, tout ouvrage d'orfèvrerie éevak être marqué en premier lieu du poinçon du maître*. Tous les peinçons des maîtres, qui figurent tantôt un cœur, tantôt une flamae^ tantôt une étoile, etc., sont insculptés sur une table au greffe de la Cour des monnaies et au bureau des orfèvres . Il est défendu aux maîtres de prêter leurs poinçons'; après la mort de chaque maître, son poinçon est détruit ; lorsqu'il s'absente, il doit le remettre au bureau. Les ouvrages sont marqués encore de deux poinçons : celui de la maison commune de» orfèvres, institué en 1275 et celui du fermier. Le premier de ces deux poinçons garantit la pureté du titre : le poinçonnage est différent selon qu'il s'agit de gros ouvrages d'or et d'argent, de menus ouvrages d'argent, de petits ouvrages d'or ou enfin de très menus ouvrages d'or qui ne sont essayés qu'à la touche. Le poinçon du fermier est destiné à assurer le recouvrement du dii)it de trois sols par chaque once d'orfèvrerie créé par l'édit d'octobre 1631*. Toute pièce non marquée par le fermier était confisquée. Les falsificateurs étaient très sévèrement

1. Co titru HVHtt ctc Axé par Françoin I*' à 23 carats sans romodc (tolérsDce) pour Tor ot à 11 deniers 13 grains sans romédc pour l'argent (1540). L'or fin était à 23 carats 3/4.

a. Ces détails et la plupart do ceux qui suivent sont extraits del'ouvmgc intitule Code de l'orfèvrerie^ ou recueil et abrégé chronologique des principaux règleniouts concernant les droits do marque et de contrôle sur les ouvrages d'or et d'argent, par Poullin db Vikvillk. Paris, Knapen;et fils, 1785, in-4* (Bibliographie de Bi.ANc, n« 107).

3. Cet abus éUiit fréquenti Des maitrits qui s'y prêtent par« des pactions tonjour» illirttes avec des compagnons ne méritent guère de conserver un poinçon qu'ils prostituent, ni un état dont ils ne gardent pour eux que le nom ■. Statuts et pri^ vilhgcs... op, vit., p. 734

%. Co drt/it supprimé en 1633 fut rétabli en 1673 et fixé à 30 sols par once pour les objets en or, et à 20 sols par once pour les ol>jets en argent : la quotit4'' ea fut doublée en 167i.

punis. Un arrêt du Parlement du 13 mai 1602 < confirme l'ordonnance de la Cour des monnaies par laquelle le sieur Pierre Boulonnât, marchand de draps de soie, avait été condamné à faire amende honorable et à être livré au capitaine des galères pour avoir forgé un poinçon particulier d'orfèvre et contrefait la marque publique.

Les orfèvres étaient soumis à de nombreuses prescriptions réglementaires, telles que la prohibition de s'associer ave*; tous les autres maîtres que ceux du coi'ps et notamment avec les changeurs, ou d'acheter les matières d'or et d'argent plus cher que le prix ûxé pour le change des monnaies*. Les institutions charitables de cette communauté sont célèbres et ont déjà été décrites.

Les lapidaires partagent avec les orfèvres le droit de faire le commerce des pierreries, mais ils ne peuvent vendre de pierreries montées en œuvre : leurs plus récents statuts sont de novembre 1584'. 11 était interdit aux marchands du dehors, sauf en temps de foire, d'apporter en France aucune pierrerie et diamant taillés et façonnés, à peine de l,0001ivres d'amende, mais ils pouvaient y apporter des pierres brutes*.

Les horlogers ont d'anciens statuts de 1483, revisés en 1544, en 1600, en 1645 et en 1707 ; le nombre des maîtres est limité à 60. Ils vendent non seulement des horloges, mais des montres dont l'invention est toute récente.

Citons encore les afpneurs d'or et d'argent '^y supprimés ou

1. Traité tommaire de VinstUtUion des corps, etc., ouvrago dvjà cité, p. 34.

t. Un arrêt do 1595 avait soumis les orfèvres aux risitos des ofBciers de la Cour dos monnaies et leur avait enjoint de tenir registre des noms de ceux â qni ils vendaient. L'arrtH les accusait d'acheter les objets d'or et d'argent pins cher que la monnaie, pour les refondre et lui faire concurrence . Dans un mémoire en date de t596 et qui a pour titre : Remontrances faites au roi par les gardes et mattres orfèvres, ils U'nlent do se disculper de ce reproche.

3. .Statuts et règlements du corps et de la communauté des mattres mai'chands lapidaircS'diamantaireSf 1737, in-i*, veuve Knapen.

4. .Vrrêt du 4 mai 1613 reproduit à la suite des sUtuts précités.

5. On trouvoni les prtnri])iiux titres rtfhitifs à cette communauté et à la Hiiivanle dans le recueil digà cité el intitulé : Code de l'orfèvrerie, 1785, in-4«, p. 27, 63, 483, 490. Un édit d'août 1757 tixu lu droit que peuvvui réclamer les «ni-

plutôt remplacés par des officiers publics en 1692, en 1719, en 1733 et toujours rétablis; les batteurs d'or et d'argent qui tirent ces métaux en livrets de 25 feuilles. Les statuts des batteurs d*or qui remontent à Etienne Boileau avaient été complétés par sentence du prévôt en 1519 (Lespinasse, t. H, p. 62). Mentionnons enfin les ciseleurs doreurs \^ les tireurs d'or et d'argent *.

Industries du cuir

l^es industries du cuir étaient représentées par les communautés suivantes : les tanneurs', les peaussiers ^^ les corroyeurs^f les fuégissiers^y les bourreliers'' . Les statuts de ces

nvur» à 8 livres par marc d'or. Les lingots d'or aflinés par eux dcvnient être « 23 carats 26/33; ceux d'argoot à 11 deniers 18 grains d'argent fin.

1 . StalHtSy ordomtanccs et rcglcmvntjt de ta lommunaittc du corps des matins marchands cûeleiirs, darcurs, argcnUurs, damastiqncurs et enjoliveurs sur fer. fonte, cuivre et laiton. Parts, 1774, in-12. Les nouveaux statuts datent de 1073. Ils ont été reproduits par M.deLKsPix.vssK, Les Métiers et Corporations de Paris, t. 11, p. 133.

2. Cette communauté avait reçu des statuts en septentbrt; lâôl {Recueil da anciennes lois françaises, de M. Ihamrkrt, t. XIII, p. 222); ces statuts furent renouvelés en septembre 1557, et confirmés en octobre 1594, en janvier 1625, en mars 1654. V. le recueil intitulé : Statuts et règlements des maîtres tireurs, ccacheurs, fileurs d'or et d'argent de la villv de Paris, 1720, in-4«. Ces maîtres ne devaient vendre leurs marchandises d'or ou d'argent trait filé ou non filé qu'au poids le roi qui élait de 8 onces au marc : défense do vendre au pciids « subtil * (st. de 1551, a. 2).

3. Renouvellement des statuts et règlements de la communauté des matins marchands tanneurs-hongroyeurs de Paris, 1742, in-4*.

4. Statuts, ordonnances, lettres et arrêts des maîtres peaussiers, teinturiers tn cuir, caleponniers de la ville de Paris. Paris, 1760, in-4».

Un autre exemplaire de ces statuts, renouvelés eu 1666, se trouve relié à la )>agc 78 du Recueil de pièces fugitives concernant la police. Bibliothèque nationale. Imprimés, F. 21025.

5. Ordonnances, statuts et règlements donnés par Philippe VI de Valois aui maîtres tanneurs, corroyeurs, baudroycurs, cordonniers et sueurs, du 6 w*'^ i3't5. Paris, 1754, in-4".

6. .Statuts pour les maîtres marchands mègissie'rs de ta ville et faubourg de Paris, in-4», 1743. L'exemplaire de la Bibliothèque yationale est ooté F. 13091.

7. Statuts, ordonnances et règlements des maîtres bourreliers, bastiers et AongroYenrs de la ville de l*aris, 1741, ln-12.

communautés ne présentent pas un grand intérêt. Les tanneurs préparent les premiers les peaux et les transforment en cuirs; ces cuirs sont à leur tour (à l'exception des cuirs forts qui sont employés tels quels à certains usages), travaillés par les corroyeurs^ qui les assouplissent et les lustrent. Les mégis^ siers * préparent les cuirs en blanc pour le service des gantiers, des bourreliers et des parcheminiers. On peut noter dans les statuts de cette communauté (1696) la disposition de Tart. 20, qui atteste une certaine solidarité entre les maîtres : « Aucun maître qui aura trois valets ne pourra refuser à un autre des maîtres d'icelui métier après qu'il aura besogne hâtive et nécessaire à faire, l'un desdits trois valets pour lui aider, en payant toutefois iceluy valet. »

Les bourreliers bâticrs (statuts du 20 février 1403 et du 2 août 1578 renouvelés par lettres patentes le 11 décembre 1665) font les harnais, traits de chevaux (en cuir de bœuf hongroyé), les couvertures de chevaux, colliers, bâts qu'ils peuvent enjoliver de velours, peluches, maroquins, damas, etc.

Les doreurs sur cuir, qu'il ne faut pas confondre avec les ciseleurs doreurs dont il a déjà été parlé, étaient les maro* quîniers. Tandis que les gainiers ne font que des étuis et des gaines en cuir, les doreurs sur cuir ornent et enjolivent ces objets par la dorure; ils ornent et dorent également les garnitures de miroirs, boites à horloges, boîtes à mettre pain à chanter ou poudre, étuis à balances, trébuchets et poids ; mais ils ne peuvent façonner ces divers objets. Les doreurs sur cuir ont des statuts de janvier 1559 (Lespinassk, t. Il, p. 123). En 1680, les doreurs sur cuir s'étaient unis aux miroitiers. (Gollect. Lamoignon,XVL f* 1033; Lkspinasse, t. II, p. 128.)

1. Guide du corps des marchands de 1166^ in-8«, p. 336. Le» statuts de cotto Communiiuto remontaient à 1345, mais avaient été confirmôs plusieurs fuis on i407, le 1*' juillet 1507, le 17 mars 1517, on décembre 1594. Les nouveaux statuts étaient du 13 avril 1696.

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