Statuts pour les maîtres marchands mègissiers, p
Industries du bâtiment
Les maçons sont placés sous la juridiction du maître des œuvres de maçonnerie, bâtiments et édifices royaux, qui, aux termes d'une ordonnance du 17 mai 1595, enregistrée le 22 juin de la même année, a le droit déjuger toutes les contraventions aux statuts avec pouvoir d'infliger une amende de cinq écus et de recevoir les compagnons au degré de maîtrise. Ce maître général des œuvres de maçonnerie connaît seul, en première instance, de toutes les contestations relatives à l'apprentissage, aux fournitures de pierres de taille, moellons, etc., et des procès que les maîtres peuvent avoir entre eux. Les maçons se divisaient en jurés experts du roi, véritables officiers publics à la désignation du roi, qui seuls pouvaient être. chargés des expertises, rapports, estimations, toisés et en tnaitres ordinaires^. Cette communauté des maçons ne parait pas avoir eu de statuts autres que ceux d'Etienne Boileau [cf. Lespinasse, t. II, p. 597).
De même que les maçons, les charpentiers sont divisés en maîtres ordinaires et en Jurés du roi. Aux termes des statuts de 1649, qui remplacent d'anciens statuts de 1454, la corporation est gouvernée par un syndic pris parmi les jurés du roi. Ce syndic [art. 5 à 9) est élu tous les deux ans ; il veille à la défense des intérêts corporatifs, il est le receveur des deniers communs et rend compte en sortant de charge à un conseil composé du doyen, des jurés et de deux anciens maîtres. Une clause qui mérite d'être signalée, parce qu'elle reflète bien l'esprit consciencieux des anciens métiers, est celle qui interdit d'entreprendre des bâtiments et maisons pour rendre la clef à la main (à forfait), « à cause que par ce moyen, divers
1. Ordonnancett statuts, règlements et cwrêts concernant le métier de maiUts maçons, tailUurs de pierre, plâtriers, 1721, in-4*. L'oxompUire de ce» statuts conncrvv à la Bibliothèque Xationale est cote* F 13023. Sous U mémo couvcrtare et sous la cote F 13023 se trouvent relies divers arrêts, Icttros patentes H délibérations intitulés : Recueil de pièces contenant divers objets de rè^mei^ pour l'administration de la communauté des maîtres maçons* Pari», DIdot, 1761i in-i».
accidents surviennent par le défaut de façon des ouvrages (statuts de 1649, art. 50)' ».
Les menuisiers, étaient régis par des statuts de septembre 1382, revisés et complétés à plusieurs reprises notamment en 1580 et en 1645*. Ils faisaient les châssis à portes et à fenêtres, les portes et fenêtres pleines, les lambris, les stalles d'église, pupitres, tables d'autel, etc.
Les couvreurs obéissaient à des statuts de 1328, renouvelés en 1566*. Signalons seulement dans les statuts de juillet 1566 la clause qui porte que toutes amendes qui, à cause des mesprensures (contraventions), seront adjugées aux jurés et confréries seront appliquées « pour sustenter et subvenir aux pauvres ouvriers dudit métier qui tombent ordinairement (sic) de dessus les maisons et aux pauvres nécessiteux dudit métier ».
Industries de l'ameublement
Tapissiers, — Les tapissiers qui formaient au XIII*' siècle six communautés différentes, n'en forment plus que deux au début du XVII® siècle : a celle des tapissiers hautelissiers unie dès 1302 à celle des tapissiers sarrazinicrs (fabricants de tapis façon du Levant); b celle des courtcpointiers (faiseurs de meubles en tapisserie, lits, pavillons), unis en 1548 aux contrepointiers (faiseurs de meubles de coutil), et aux tapissiers nôtrez (fabricants de serges et couvertures de soie) dont la fusion remonte à 1491, enfin en 1568, diuxcouiiers (fabricants de coutil). En 1636, les deux communautés des hautelissiers et des courtcpointiers fusionnèrent, et il ne subsista plus trace de Tancienne division que dans la disposition des statuts qui
1. statuts, articles, ordonnances drs jurés du roi des œuvres de charpenteric de Paris, 1701, in-4», p. 16. — Cf. Lk8PI.\aî*s»k, t. II, p. 597.
3. Statuts, articles, ordonnances et privilèges des principal, jurez» anciens, bacheliers et maîtres huchers, tntnuisiers de la ville de Paris^ 1730, in>ia. Cf. LKSPI?iAS»K, t. II, p. 637.