‹ Histoire des corporations de métiersChapitre 146 sur 214 · SUtnts de 1718 (art. 43). Ibid., p · texte numérisé non relu

SUtnts de 1718 (art. 43). Ibid., p

5. Ce mémoire, en date do 1778, a été imprimé dans le tome I des Causes amusantes et connues. Cf. la Bibliographie de M. Blanc, n* 416.

et si la chevelure de Bérénice à été mise au rang des astres, qui nous dira que pour parvenir à ce haut degré de gloire elle n'ait pas eu besoin de notre secours?

» L*accommodage se varie à raison des situations différentes ; la coiffure de l'entrevue n'est pas celle du mariage ; et celle du mariage n'est pas celle du lendemain. L'art de coiffer la prude et de laisser percer ses prétentions sans les annoncer, celui d'afficher la coquette et de faire de la mère la sœur atnée de sa fille, d'assortir le genre aux affections de l'âme qu'il faut quelquefois deviner, au désir de plaire qui se manifeste, à la vivacité qui ne veut pas qu'on lui résiste, de seconder le caprice et de le maîtriser quelquefois, tout cela demande une intelligence qui n'est pas commune et un tact pour lequel il faut en quelque sorte Hre né. »

A Rouen, il existait une communauté de coiffeuses qui s'occupaient spécialement de la coiffure féminine^. Ces coiffeuses avaient reçu dès 1478, des statuts renouvelés en 1709 avecdroit exclusif de coiffer les femmes et de faire concurremment avec les perruquiers tous les ouvrages en cheveux pour la coiffure féminine*. Dans presque toutes les autres villes du

1. «Cetto villo (Rouen), dit un mémoire en faveur des coiffeuses que cite M. Ed* FouR.MBR, est peut-être la seule où la coiffure des femmes et ceUe des hommM aient été confiées à des mains différentes... • C'était là une erreur et ainsi qu'on vient de le voir, les coiffeurs de dames existaient également à Parts.

a. Variétés historiques d'Edouard B'ouRNiKR.t. IX, p. 215. Le même auteur cite les vers suivants consacrt^s par un poète du XV^III* siècle à l'éloge des coiffeuses •'

Un élégant peigne en leurs mains Se change en charmant caducée.

Les cœurs féminins sont humains.

Une coiffeuse est si rusée.

— Eh bien! que ponsc-t-il de moi, Lindor dont tu parles sans cesse ?

— Madame, sa noble tendresse No peut vous inspirer d'effroi.

11 vous offre son pur hommage.

— Comment me trouve-t-il ? — Au mieux ! A miracle ! et, sans persiflage,

11 proteste que vos beaux yeux...

— Est-il riche? — *]1 donne équipage.

Maison montée et pour saison L'aimable petite maison...

— Achève ton accommodage!..

royaume, le monopole des perruquiers ne leur était disputé par aucune autre communauté ; mais les caméristes des dames de distinction leur faisaient à ce point de vue spécial une concurrence redoutable contre laquelle il leur était impossible de se défendre.

Libraires-imprimeurs, — Ils relèvent de l'Université dont ils sont les suppôts ; cette communauté était soumise à une surveillance toute particulière et réglementée par de nombreux édits. Des visites domiciliaires avaient lieu chez les libraires (1532). Chaque libraire-imprimeur devait apposer sa marque sur les livres sortis de ses presses (1547). Il fut défendu (28 août 1528) d'imprimer aucun livre sans Tautorisation du Parlement et de la Faculté de théologie dont les pouvoirs passèrent en 1537 à des censeurs royaux chargés d'examiner les ouvrages : un édit de 1561 édicté même la peine de mort contre les imprimeurs délinquants.

Huit jours avant l'impression de chaque ouvrage, l'imprimeur, pour obtenir le privilège ou autorisation, devait en déposer deux exemplaires à la Bibliothèque du roi et un chez le syndic (statuts de juin 1618, art. 15) \ Aux termes de l'art. 7 de ces statuts, pour être imprimeur, il faut avoir deux presses garnies, fournies de bonnes fontes, sans que plusieurs puissent s'associer en une seule imprimerie.

11 existait des libraires colporteurs en nombre limité. « Advenant le décès d'un colporteur, dit l'art. 27 des statuts, on préférera pour lui succéder un ancien compagnon ou mattre qui ne pourra plus travailler sans qu'aucun puisse colporter qu'il n'ait fait apprentissage.»

Les colporteurs ne pouvaient tenir apprentis, ni vendre des livres déplus de huit feuilles (statuts de 1618, art. 26); douze colporteurs privilégiés étaient installés à des places déterminées : deux au bout du pont Saint-Michel, deux au bout du

t. Recueil de statuts et règlements des marchands libraires ^ imprimeurs et re~ Ueurs de la ville de PariSf 16S0, ia-4*. L'exempUire de U Bibliothèque Nationale •flt coté F iaolf.

pont du Marché-Neuf, deux devant l'horloge du Palais, etc^

Les compagnons de cette communauté étaient fort turbulents. L art. 34 des statuts de 1618 leur interdit de faire aucunes assemblées, de porter aucunes armes offensives ou défensives, de faire aucun trie* dedans les imprimeries ni ailleurs, de faire aucuns serments entre eux ni d'exiger de l'argent pour faire bourse commune .

Aux libraires-imprimeurs avaient longtemps été unis les relieurs doreurs et les parcheminiers. Les premiers furent séparés des libraires par un édit de 1685. Les libraires pouvaient bien seuls plier les livres, les coudre, brocher et couvrir en papier ou en parchemin simple, mais non les recouvrir de carton. Les relieurs habitaient sur le pont Saint- Michel, dans les rues du Fouarre et de la Huchette, place Maubert et place de la Sorbonne. Comme les libraires, ils relevaient de l'Université et jouissaient à ce titre de certains privilèges'. Il était défendu aux relieurs de relier livres défendus ou contrefaits, ni aucuns libelles diffamatoires.

Les parcheminiers (statuts de mars 1545 confirmés en 1654) dépendent également de l'Université, dont lesjurés administrent cette communauté sans contrôle. Le corps des parcheminiers ne fut érigé en jurande que par lettres patentes du 13 mars 1728 enregistrées en 1731, malgré la très vive opposition du recteur et des doyens de l'Université. Les parcheminiers demeurèrent au surplus soumis au contrôle de l'Université et les jurés de la communauté ne purent traiter aucune affaire sans prendre l'avis de l'un des jurés de l'Université (art. 4)*.

Les chandeliers, huiliers, moutardiers, ont le monopole

Page 1