Cf. Arckis'es Nationales, KK, 1341, p
2. Citons à titro de iipécimon de ce genre d'éloquence le eompliment fait à U rcinu Mario Lcczinska on 1725 par Rolin, premier garde de la draperie et orateur de In déptttation : « Madame, les six corps dos marchands du la capitale ont le bonheur de paraître devant Votre Majesté comme ses sujets les plus humbles et les plus respectueux. Le choix du roi, Madame, et raccompUssoment de votre auguste mariage ont mis le sceau à nos plus chers désirs. Cette époque éclatante assure le repos de la nation. La religion, la piété et les vertus d'une si grande reine en faisant notre admiration, augmenteront à jamais notro amour et nos plus profonds respects. » La reine répondit : * Messieurs, je suis très sensible à votre honnêteté et dans toutes les occasions je vous donnerai dos marques de ma bienveillance. • Arck. yat., KK, 1341, p. 515.
3. Témoin le transport d'enthousiasme avec lequel Paris accueillit la nouvcUi' de la guérison du roi lors de sa grave maladie on 1744. « Le courrier fut embrassa et presque étouffé par le peuple; on baisait son cheval; on le menait en triom-* phc. • (VoLTAiRK, Précis du règne de Louis XV, ch. xii.)
Section H. — Deuxième partie du règne de Louis XV (1740-1774). — Embarras financiers. — Contribution des corporations aux dépenses des guerres de la succession d'Autriche et de Sept Ans. — La milice (1745). — Création des inspecteurs-contrôleurs (1745). — Souscription de 1759 et offre d'un vaisseau de guerre. — Suppression (1757), puis rétablissement (1767) des lettres de maîtrise. — Continuation de la revision des comptes. — Edit relatif aux empnmts (1763).
L*année 1740 termina la période de paix qui avait aidé si puissamment à la reconstitution de la fortune publique. L'empereur Charles VI, dernier descendant direct de la maison d'Autriche-Habsbourg, étant mort le 20 octobre, deux compétiteurs se présentèrent aux suffrages des électeurs : Marie- Thérèse, sa fille, mariée au duc François de Lorraine, et le due de Pavière auquel un traité secret assurait l'appui de la France. Cette querelle ne pouvait être vidée que sur les champs de bataille et fut le point de départ d'une guerre qui devait durer huit années.
Pour soutenir cette guerre et faire face à l'entretien des armées, il fallait à la fois des hommes et de l'argent. Pour recruter des soldats, le roi décréta une levée générale des milices, qui depuis près d'un siècle n'avaient pas été convoquées (janvier 1743^). On fit appel aux communautés : tous les jeunes gens, fils de maître, compagnons ou apprentis tirèrent au sort. Toutefois, les plus riches marchands bénéficièrent comme toujours de certains privilèges. Ceux qui payaient cent livres d'impôt obtinrent l'exemption de leurs fils, d'un apprenti et de deux domestiques ; ceux qui payaient cinquante livres purent faire dispenser leurs fils et un apprenti.
i. IsAMBBRT, Recueil des ancienne* Lois françaises i XXII, 158i
Les communautés ne se soumirent pas à Timpôt du sang sans protester. Les Six Corps représentèrent que jusqu'alors on s'était borné à les faire financer a sans obliger leurs enfants, apprentis et garçons marchands à tirer au sort, non seulement avec les plus bas ouvriers, mais avec leurs propres domestiques, des portefaix, gagne-deniers et autres gens de cette trempe ^ . » Une centaine d'artisans des Six Corps étant tombés au sort, on alla trouver le roi en personne, et on finit par obtenir de pouvoir les faire remplacer. Mais Tannée suivante, les communautés de Paris durent encore fournir 300 hommes.
L'argent manquait tout autant que les hommes ; on dut bientôt recourrir au vieil expédient des créations d'offices. Un édit de février de 1745 • institua des offices d'inspecteurscontrôleurs des maîtres et gardes dont un arrêt d'avrîT de la même année autorisa le rachat. J
Ce rachat toutefois ne s'effectua pas sans difficulté. Les communautés, elles aussi, manquaient d'argent, mais encore plus de bonne volonté. En vain l'on s'efforça de trouver des prêteurs disposés à avancer les fonds nécessaires. Il fallut en 1752 réunir obligatoirement aux corps et communautés les offices de création nouvelle*.
De 1745 à 1756, l'histoire des communautés ne présente aucun fait remarquable. Avec toute la France, les gens de métier applaudissent à la glorieuse campagne de 1745 et saluent de leurs acclamations le retour des vainqueurs de Fontenoi. La nouvelle du traité d'Aix-la-Chapelle (1748) excita, plus encore peut-être que cette victoire, l'allégresse générale. On complimenta le roi et on frappa une médaille pour célébrer le rétablissement de la paix *.
Les démêlés des Six Corps avec les marchands qui vendaient