‹ Histoire des corporations de métiersChapitre 182 sur 214 · tbid,, KK. 1343, p · texte numérisé non relu

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résolutions audacieuses comme il n'en avait plus été hasardé depuis la Fronde. Le 3 septembre 1787, les Six Corps osenl adresser au ministre (le cardinal de Brienne) des remonirances sur l'exil du Parlement à Troyes, et le 13 novembre de la même année ils adressaient à ce corps de publiques félicitations sur son retour'.

Il n'est pas surprenant qu'avec de pareils sentiments les communautés d'arts et métiers aient salué avec enthousiasme la chute de Brienne et le retour aux affaires de Necker. Le 23 septembre 1788, les Six Corps envoient une députation apporter leurs compliments et leurs hommages à Necker, nommé contrôleur général et ministre d'Etat. La harangue prononcée par l'orateur de cette députation est un modèle de lyrisme. « Monseigneur, y est-il dit, la nation plongée

dans la plus profonde détresse tournait ses yeux vers vous comme vers son unique appui. Votre nom était le seul qu'elle invoquait. Vous paraissez. La confiance se ranime, le crédit renaît et l'Etat semble déjà sauvé». »

On est à la veille de la convocation des Etats Généraux. Le 8 novembre 1788, les Six Corps chargent Desèze, avocat au Parlement, de rédiger une supplique tendante obtenir des députés élus pour les Six Corps*. Ce mémoire est présenté au roi le 10 décembre 1788 ; des démarches sont faites en même temps auprès du garde des sceaux et du ministre ViUedeuil. Mais on ne se contente pas d'un mémoire juridique, ou même de démarches auprès des conseillers du roi ; il faut agir sur l'opinion, plaider non seulement par des arguments de droit, mais par des arguments de fait la cause des communautés de métiers et obtenir pour elles une représentation spéciale aux Etats Généraux. On fait donc imprimer aux frais des Six Corps un nouveau factum dû à la plume d'un homme qui allait bientôt conquérir une notoriété d'un autre genre, l'inventeur

i. Archives Xationalcs, KK, 1343, p. 123 et 135. S. Ibid., p. 135.

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