‹ Histoire des corporations de métiersChapitre 184 sur 214 · AU · texte numérisé non relu

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ouvrage, vrai monumenl de gloire pour lui et les Six Gorps^ » Nous arrivons à la dernière année des Six Corps, car les registres des délibérations s'arrêtent au 14 décembre 1789, et il semble qu'à cette date, et avant même le décret de mars 1791, leurrcMe puisse être considéré comme virtuellement terminé.

Jusqu'en août 1789, les registres des Six Goi'ps ne présenteni qu'un intérêt secondaire. Le 14 février 1789, on assiste en corps à l'enterrement de M. d'Ormesson, premier président du Parlement, et on va complimenter son successeur; le l**" mai 1789, on rédige, pour demander le maintien des maîtrises et jurandes, un cahier appelé Vœu général dit commerce de Paris, destiné à être transmis à l'Assemblée, et suivi bientôt d'un second mémoire intitulé : Observations du commerce de la ville de Paris relatives aux corporations. Ces plaidoyei-s en faveur des communautés passèrent presque inaperçus au milieu des graves événements qui signalèrent les premières séances des Etats.

Le 4 août, les gardes vont féliciter l'Assemblée à Versailles ; de la Frenaye, premier garde, prononce une harangue à laquelle répond Chapelier, président de l'assemblée ; le 28 août, de nouveaux compliments sont adressés à La Fayette et à Bailly. L'orateur de la députation réclame en ces termes, et au nom des Six Corps, l'appui du maire de Paris : « Vous persuaderez l'Assemblée nationale de la nécessité absolue des corporations dans une grande ville. Vous la convaincrez qu'en vain votre génie vaillant veillerait sur toutes les parties de la police intérieure, si une discipline particulière né rassemblait sous vos yeux les différentes classes de citoyens et d'artisans qui peuplent cette immense cité •. » Bailly paraît avoir eu un moment, en effet, la tentation de prendre en mains U cause des communautés. Le 12 novembre, il se rendit enper-

î. Archives Nationales, Registres des Six Corps , KK 1343, p. 145. 3. Ibid,, KK, 1343, p. 159.

sonne dans les bureaux des Six Corps et fit espérer le maintien des communautés, promettant en tout cas d'appeler sur cette question la sérieuse attention de l'assemblée. En fait, rette bonne volonté demeura sans effet et l'attente des Six Corps fut vaine : se fier à l'énergie de Bailly, c'était bâtir sur du sable.

Dès le mois d'octobre 1789, au surplus, les événements se précipitent. Le roi est ramené de vive force à Paris par les hordes révolutionnaires ; les Six Corps s'honorent en restant les courtisans du malheur et en envoyant comme en des temps meilleurs, leurs gardes porter leurs félicitations au souverain. « Daignez, ô le plus chéri des rois, abaisser un regard de bonté sur le commerce et les arts. Que votre Cour retrouve dans la capitale sa splendeur et sa pompe et nos maux seront bientôt réparés. — L'indigent occupé à des travaux utiles s'éloignera des foyers de la séduction. Du travail et de l'activité, l'ordre public renaîtra. » Peu après, en novembre 1789, les Six Corps s'imposent une contribution patriotique ; mais l'heure n'est plus aux délibérations de la paix lorsque la société chancelle sur ses bases ; les Registres des Sue Corps, ce journal si riche en documents intéressants pour l'histoire des corporations de métiers, s'arrêtent au 14 décembre 1789; la dernière délibération qui y soit relatée est celle par laquelle on renonce à aller, selon l'usage traditionnel, féliciter en robes les ministres et faire les visites d'usage, « attendu les troubles actuels et les malheureuses circonstances où l'on se trouve^ ».

Nous sommes arrivés à la dernière page de l'histoire de la corporation et il ne nous reste plus qu'à raconter sa fin. Mais auparavant il paraît utile de rechercher quelles étaient sur cette grave question du maintien ou de l'abolition des maîtrises et jurandes, les tendances de l'opinion et de dresser un inventaire fidèle des vœux ou avis exprimés par les collèges

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