‹ Histoire des corporations de métiersChapitre 73 sur 214 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

HISTOIRE INTERIEURE DES CORPORATIONS. — CONDITION ECONO- MIQUE DE l'artisan. — COMPAGNONNAGE. — CHEF-D*ŒUVRE, — HIÉRARCHIE ENTRE LES CORPORATIONS.

La classe industrielle et ouvrière eut à traverser au XIV* siècle une grave crise. La peste de 1349 avait décimé la population et amené un renchérissement considérable de toutes les denrées: les salaires s'élevèrent, eux aussi, notablement et l'Ordonnance de février 1350, ainsi qu'on l'a vu, dut les limiter. D'après cette Ordonnance ^ les maçons ne gagnaient alors pas moins de 26 deniers par jour (t. xxxviii), les meilleurs ouvriers seyeurs de grains (t. xvii) deux sols six deniers, les vignerons (tailleurs ou foueurs de vignes), de 18 à 12 deniers l'hiver, de 2 sous 6 deniers à 2 sous l'été (t. xvi), et cependant l'ouvrier avait peine à vivre. Sous le règne déplorable de Charles VI, et pendant la première moitié du règne de Charles VII, la condition des classes laborieuses empira et la détresse fut grande. Le triomphe de la cause royale et le rétablissement de la paix mirent enfin un terme aux souffrances des humbles. Le prix des denrées d'alimentation s'abaissa et une ère relativement calme et prospère s'ouvrit pour le peuple. Quelques salaires d'ouvriers de métiers au XIV* et au XV* siècle*, et quelques prix des principales denrées nécessaires à la vie permettront au lecteur de se faire une idée de la condition économique de l'ouvrier à

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