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CHAPITRE VII

Le Conseil général, dont les membres sont choisis par les électeurs de chaque canton, se réunit tous les ans à Ajaccio pour traiter des affaires du département. Il a pour mission de répartir les contributions directes entre les arrondissements. Le Conseil général ne peut s'assembler que sur un décret du chef de l'État, qui fixe la durée de la session. Il y a un représentant par canton, en tout 61.

Chaque arrondissement réunit à son chef-lieu un Conseil d'arrondissement composé d'autant de membres qu'il y a de cantons. Les citoyens que la loi déclare électeurs pour cette assemblée le sont aussi pour le Corps législatif. Il y a en Corse environ 50,000 électeurs inscrits.

Des maires et des adjoints, nommés par le préfet, dirigent les affaires des communes. Le peuple a conservé le droit d'élire le conseil municipal, qui assiste le maire dans son administration.

Pour ce qui regarde la justice, le département dépend de la Cour d'appel de Bastia, composée de i premier président, 2 présidents de chambre, 17 conseillers, 1 conseiller auditeur, 1 procureur général, 2 avocats généraux, 1 substitut et 5 greffiers.

La Cour d'assises siège à Bastia, et se compose de S conseillers de la Cour d'appel, du procureur général et d'un greffier. Les sessions ont lieu ordinairement tous les trimestres.

Il y a un tribunal de première instance dans chaque chef-lieu d'arrondissement, et dans chaque canton une justice de paix et un tribunal de simple police. Ce dernier se compose du juge de paix et du commissaire de police, ou du maire, qui peut se faire remplacer par un adjoint.

Les affaires du culte ressortissent au diocèse d' Ajaccio, dont l'évoque, le seul de la Corse, est suffragant de l'archevêque d'Aix.

La Corse forme la 17e division militaire de la France. Le quartier général est à Bastia, résidence du général de division. La gendarmerie, d'une si grande importance pour ce département, forme la 17e légion dont le siège est également à Bastia. Elle se compose de 4 compagnies avec 4 capitaines, 16 lieutenants et 102 brigades.

J'ajoute quelques détails sur l'agriculture et l'industrie. L'agriculture, fond de toute richesse nationale, est en Corse fort négligée. Cela ressort de ce fait : les terres cultivées ne constituent encore qu'un peu plus des trois dixièmes de la superficie de l'Ile, évaluée à 874,741 hectares. Les progrès de l'agriculture sont retardés par le banditisme, les luttes intestines, la vaine pâture, le manque de routes, la grande distance des terres arables aux lieux habités, l'insalubrité de .l'air dans les plaines, et enfin la paresse des habitants.

Ainsi que l'agriculture, l'industrie est dans un état misérable. Elle ne s'occupe que des besoins immédiats, des objets nécessaires au travail manuel et à l'alimentation. Les femmes fabriquent presque partout le fanno corso, drap brun grossier appelé aussi panno lanio ; les bergers préparent le fromage et le broccio, fait avec du lait caillé. Il n'y a de salines que dans le golfe de Portovecchio. Sur plusieurs points de la côte on pêche des sardines, des thons, du corail ; mais la pêche n'y est pas fort active.

Le commerce est aussi peu important. On exporte surtout de l'huile, que la Corse produit en grande quantité (si le pays était plus industrieux, il pourrait à lui seul en livrer pour plus de 60 millions de francs), des citrons, du vin, des légumes, des châtaignes, du poisson frais et du poisson salé, des plantes tinctoriales, des peaux, du corail, du marbre, beaucoup de tabac manufacturé, surtout des cigares dont la feuille est importée dans l'île. Les principaux objets d'importation sont : les céréales, le riz, le sucre, le café, le bétail,

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