‹ Histoire des CorsesChapitre 165 sur 408 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

SENEGA BIRBONE

Magîii pectoris est inler sccunda moderalio. Sénèque.

Je passe maintenant à une autre lettre de consolation. Sénèque l'adressa, la deuxième ou la troisième année de son exil, à un affranchi de Claude, à Polybe, courtisan vulgaire, qui aidait de ses doctes conseils la pénible érudition de l'empereur, et se mettait lui-même l'esprit à la torture pour traduire Homère en latin et Virgile en grec. Polybe venait de perdre son frère, homme de beaucoup de mérite, et Sénèque prit occasion de cette mort pour lui envoyer sa lettre de consolation; il était persuadé que le courtisan la montrerait à l'empereur, dont il parviendrait peut-être à calmer la colère. Cette œuvre est un modèle de basse flatterie envers les princes et leurs valets influents. Il ne faut pas oublier, en la lisant, quels hommes étaient Claude et Polybe.

« 0 Fortune, s'écrie le flatteur, après avoir rôdé longtemps, tu as compris qu'il n'y avait que cette brèche ouverte à tes assauts ! Que pouvais-tu ravir à un tel homme ? — Les richesses ? — Il les a toujours méprisées. — La vie ? — Son génie le rend immortel. Lui-même a gagné de se survivre dans la meilleure partie de son être, et les belles œuvres de son éloquence l'ont affranchi de la mort. Tant qu'il restera quelque

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