‹ Histoire des CorsesChapitre 179 sur 408 · UNE TRAVERSÉE FANTASTIQUE · texte numérisé non relu

UNE TRAVERSÉE FANTASTIQUE

Cependant le rivage conrimençait à s'animer. Les bateliers étaient déjà à leur poste ; je dis adieu à la charmante Benvenuta, et après lui avoir souhaité toutes sortes de prospérités, je sautai dans la barque, qui lit voile pour Bastia. Nous longions les côtes, fort près de la terre. L'embarcation entra à Porticciolo, petit port avec une douane, pour y faire enregistrer ses quatre passagers. Il y avait quelques navires à l'ancre. A la vue des figues mûres sur les arbres et des raisins des vergers, notre appétit se réveilla. Pour quelques sous on nous apporta quantité de ligues parfumées et de raisin muscat délicieux : c'était la moitié d'une vendange.

Le soir nous poursuivîmes notre navigation, et je jouis du beau spectacle de la mer éclairée par la lune et de ces côtes aux formes bizarres. On voyait un grand nombre de tours sur les rochers, et çà et là une ruine, une chapelle ou un couvent. Nous passâmes près de la vieille église de Sainte- Catherine de Sisco, qui se dresse fièrement sur une haute falaise. Le temps commençait à se gâter : nous étions menacés d'une tempête. Arrivé devant Sainte-Catherine, le vieux patron ôta son bonnet, et fit à haute voix cette prière : « Sainte-Marie, mère de Dieu, nous allons à Bastia ; accordez-nous d'arriver heureusement dans le port ! » Tous les autres marins se découvrirent avec respect en faisant le

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