‹ Histoire des CorsesChapitre 211 sur 408 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

plus confortable le foyer paternel. Mais à peine le jeune homme fut-il entré dans sa chambre et eut-il remarqué ce changement, qu'il brisa toutes les vitres avec sa canne, disant qu'il ne venait pas en grand seigneur dans la maison de son père, mais en simple enfant du pays. Comme alors, les fenêtres sont encore aujourd'hui sans carreaux. On y jouit du sublime panorama des montagnes du Niolo, et la vue s'étend jusqu'au Monte Rotondo qui se perd dans les nues.

Une jeune et modeste paysanne de la famille Tommasi, parente de Paoli, m'introduisit dans la maison. Tout y porto un cachet rustique : un escalier en planches, fort roide, conduit à un logement de mesquine apparence ; on y voit encore la table et les chaises en bois ordinaire qui ont appartenu à Paoli : j'étais heureux dans la petite chambre de Pasquale, plus heureux que dans celle où naquit Napoléon.

Je m'y représentai cette grave et noble iigure humaine, à côté des mâles physionomies de son père et de son frère. C'est ici qu'au mois d'avril 1724, le grand Pasquale a vu le jour. Sa mère Dionisia Valcntini, une vaillante femme, était née près de ce Pontenovo qui devait être si funeste à son fds. Son père Hyacinthe, nous le connaissons déjà. Il était médecin lorsqu'avec Ceccaldi et Giafferri il fut nommé général des Corses. Par les grandes vertus qu'il possédait lui-môme, il était bien digne de donner de tels enfants à sa patrie. Orateur distingué, il était aussi connu comme poète. Au milieu du bruit des armes, ces génies vigoureux avaient encore le loisir et la force de dégager leur âme de l'étreinte de la réalité, de dominer les événements avec leur poésie aux éclats métalliques, qui rappelle les vers de Tyrtée. Voici un sonnet, armé de toutes pièces, que Hyacinthe Paoli adressa en 1735 au brave Giafferri, sur la bataille de Borgo :

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