‹ Histoire des CorsesChapitre 217 sur 408 · CLÉMENT PAOLI · texte numérisé non relu

CLÉMENT PAOLI

Béni soit le Seigneur mon Dieu, qui apprend à nnes mains à combattre, et à mes doigts à faire la guerre.

{Psaume 143).

Le couvent de Morosaglia est peut-être le monument le plus vénérable de l'histoire de la Corse. Il s'élève noir et morne avec un sombre campanile à son côté : on dirait une légende de pierre. A toutes les époques, cet ancien couvent de Franciscains a été un siège de parlements. Pasquale y avait sa chambre et ses bureaux, et l'été on le voyait souvent au milieu des moines, qui, au besoin, prenant en main le crucifix, marchaient à la tète des combattants. Son frère Clément aimait aussi à y venir, et c'est dans l'une de ces cellules qu'il mourut en 1793.

Clément Paoli est un caractère fort remarquable. Fils aîné d'Hyacinthe, il se distingua comme soldat au service de Naples, puis devint général des Corses. Mais la politique ne convenait guère à son esprit fanatique. Lorsque son frère fut proclamé chef du pays, Clément rentra dans la vie privée : il endossa l'habit des Frères du Tiers-Ordre, et se plongea tout entier dans ses pieuses méditations. Pareil à Josué, il tombait en extase devant le Seigneur, puis il se relevait pour

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